Jeanne d'Arc, la femme, la croix.

La chef de guerre. Ses compagnons d'armes, sa stratégie, ses victoires et échecs. Comment est-elle perçue par les français, les anglais, ses officiers ?

Chronologie de l'épopée

Vers le 6 janvier 1412 : naissance à Domrémy. - 1420 : le traité de Troyes accorde les droits monarchiques à Henri V d'Angleterre. - 1425 : Les "voix", (visions, prémonitions ?). - Février 1429 : Jeanne rencontre Robert de Baudricourt capitaine de la place de Vaucouleurs. - Mars 1429 : Charles VII, examen de Poitiers. - Mai 1429 : libération d'Orléans. - 17 juillet 1429 : Charles VII couronné à Reims. - 23 mai 1430 : capturée à Compiègne, elle est vendue aux Anglais. - De février à mai 1431 : Procès à Rouen. - 30 mai 1431 : exécution sur la place du marché à Rouen. - 1455 : Procès en révision. - 1456 : Sentence en nullité du procès de 1431. - 1909 : Béatification. - 16 mai 1920 : Canonisation.

Introduction

Dans la multitude d'écrits, d'historiens, écrivains, croyants, athées, agnostiques, il est difficile de se faire une idée précise du personnage. Mythes, légendes, œuvres qui respectent la vérité, la vraisemblance, la cohérence avec l’histoire tout en gardant un esprit d’analyse impartial, on trouve vraiment de tout.

Imaginons :

La fille d’un fermier du Minnesota qui débarque au Pentagone pour rencontrer le général en chef des armées US. Elle lui annonce qu'elle a pour mission de mettre fin au conflit en Afghanistan et de rétablir la paix entre Israël et ses voisins. Le général l'envoie à la Maison Blanche, où elle rencontre le Président qui lui donne pleins pouvoirs, pour atteindre ses objectifs. Un an plus tard, les prédictions sont réalisées.

Impossible ... Et pourtant ; hormis, lieu, époque, circonstances, ce qu’aurait fait la fille du Minnesota, Jeanne l’a fait.

La génèse d'une héroïne

Robert de Baudricourt, capitaine de la place de Vaucouleurs (un des meilleurs soldats du Dauphin) reçoit Jeanne (qu'il renvoyée à deux reprises), elle arrive à le convaincre du bien fondé de sa mission. Examinée par le curé de Vaucouleurs, elle est déclarée bonne chrétienne et non possédée du démon.

Baudricourt, lui donne un cheval et une escorte pour se rendre à Chinon, se disant qu’il vaut mieux tenter n’importe quoi que ne rien faire, «Va, et advienne que pourra» .

Charles VII semble à son tour convaincu, mais préfère avant tout la faire examiner par des théologiens à Poitiers. Le verdict est identique à celui de Vaucouleurs. Elle part pour Orléans en armure avec l’épée (dite de Charles Martel), bannière au vent, avec 4000 soldats.

Ses officiers sont :

Le duc d'Alençon, Dunois (Bâtard d'Orléans), La Hire (l'un des meilleurs combattants du temps), Gilles de Rais (qui inspira Barbe Bleue), Richemont, (un des grands soldats de Charles VII). Elle galvanise ses soudards, passant outre des réticences des officiers. Dunois s’écriera «cette fille est folle», deux heures plus tard il voit fuir les Anglais.

Stratégie : droit devant, mieux vaut de suite que demain.

Touchée par un carreau d’arbalète, elle escalade les remparts, derrière ils suivent stigmatisés par son audace et sa réussite. Mai 1429 Orléans est libre.

Dieu est avec elle, l’armée et la France, chaque bataille est gagnée avant même de commencer. En face c’est une sorcière guidée par le démon, les hommes tremblent à la seule vue de sa bannière. Tout va vite, trop vite peut-être, elle traverse l’histoire comme un météore.

Ses victoires (entre autres) :

Et le vent tourne :

Assistée par Jean II, duc d’Alençon, Jeanne entreprend le siège de Paris début septembre 1429. Jeanne est blessée à la cuisse, les combats cessent, malgré les protestations de la Pucelle. Charles VII décide d’interdire la reprise des combats, soucieux de respecter la trêve signée avec les Bourguignons. Elle n’est plus qu’un «chef de bande» déjà, sournoisement le complot se met en place. Mai 1430 : elle est capturée à Compiègne.

Vendue aux anglais ses derniers "doivent" éliminer la sorcière, la "putain", le suppôt de Satan. Son procès sera un modèle du genre : procédure en inquisition (sans intervention de l'inquisiteur), le piège de l'abjuration à Saint Ouen qui conduira la bonne Lorraine au bûcher.

Le 30 mai 1431, vers midi, le bûcher s'éteint la foule silencieuse quitte la place du marché.

Les anglais font jeter les cendres dans la Seine. "Les reliques sont pour les martyrs, pas pour les sorcières".

La Pucelle d'Orléans a sorti la France d’une interminable guerre pour en faire la première puissance de l’Ancien Monde qui entrera dans les Temps Modernes en fille de l’église et du royaume béni de Dieu.

"Jeanne sans sépulcre et sans portrait, toi qui savais que le tombeau des héros est le cœur des vivants …"

Discours d'André Malraux 31 mai 1964, à Orléans.

Références :

Jeanne d'Arc, vérités et légendes - Colette Beaune (Editions Perrin).

Les mensonges de l'Histoire - Pierre Miquel (Livre de poche).

A lire sur le même propos :

De Célestine Salliot : Qui était Jeanne d'Arc: sainte, guerrière,paysanne, usurpatrice?

De Julien Poncelet : Jeanne d'Arc, la Pucelle d'Orléans

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