Jérôme Bosch, peintre du réalisme médiéval.

Le symbolisme exprimé par le perfectionnisme gothique d'un anticonformiste. Sa vie, son œuvre, ses convictions.Le précurseur du surréalisme.
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Hieronymus Van Haken dit Jérôme Bosch (1453 - 1516)

Son père Anthonis est peintre (comme son grand-père), sa famille, de condition modeste, est originaire d'Aix-la-Chapelle et s'installe à s 'Hertogenbosch (Bois-le-Duc, en néerlandais) aux Pays Bas quelques années avant sa naissance.

Nous ne possédons que peu d'informations sur la première partie de sa vie.

Enfant il manifeste son intérêt pour la peinture, c'est vraisemblablement dans l'atelier paternel qu'il a fait son apprentissage.

Anthonis est conseiller artistique de la "Confrérie de Notre Dame", il réalise pour elle des travaux de dorure et des tableaux sur bois.

Hieronymus prend le nom de Jérôme Bosch, et devient membre de la Confrérie, qui est liée aux "Frères du Libre Esprit".

Ce choix va affirmer son anticonformisme philosophique, en effet les Frères et sœurs du Libre Esprit, sont un courant hérétique qui s’est propagé le long de la vallée du Rhin jusqu'aux Pays-Bas. Ils se réfèrent aux sectes alexandrines et adamites et furent réprimés par l'Inquisition donnant suite à des procès et condamnations au bûcher.

Pour certains historiens la peinture de Bosch serait une représentation des mystères de la secte.

Sur le plan pictural il subira néanmoins l'Influence des "classiques" qu'il rencontre lors de ses multiples déplacements.

Ces rencontres lui permettent d’étudier des techniques qu'il utilisera pour s'en diversifier, et son originalité va d’emblée le différencier des écoles néerlandaises de l'époque.

Les tons éthérés, la finesse du trait et des drapés montrent une certaine influence des artistes de l'école de Delft.

En 1478, il épouse Aleyt Goyarts Van den Meervenne, une aristocrate, son aînée de 20 ans, qui lui ouvrira les portes de la bourgeoisie flamande, par le biais d'une situation financière plutôt confortable.

Aleyt adopte ses convictions et entre avec lui dans le cercle fermé de la "Confrérie de Notre Dame".

Ils n'eurent vraisemblablement pas d'enfants.

Son cheminement artistique

Au commencement de sa carrière Bosch travaille pour la Confrérie et les grandes familles, assez rapidement sa renommée va rayonner au-delà de la communauté locale. Philippe le Beau, duc de Bourgogne lui commande un "Jugement Dernier", Marguerite d’Autriche un "Saint Antoine", le cardinal vénitien Grimani, aurait acquis 3 œuvres du peintre.

Son expression illustre la dualité du bien et du mal

Il représente les interrogations métaphysiques des penseurs de son temps, typiques du monde médiéval et de ses inquiétudes.

Le paradis, le mal, le vice, la souffrance, la mort, l'enfer, la fin des temps, bestiaires et mécaniques fantastiques fourmillent dans ses univers à la rencontre des saints, démons et humains confrontés aux tentations et péchés qui sont le quotidien l'homme.

Bosch est inspiré par l’Ancien et Nouveau Testament (iconographies, textes), respectant à la lettre les écrits bibliques. Ses œuvres orthodoxes, nimbées de symbolisme et d’ésotérisme ont souvent un sens moralisateur

Une œuvre difficile à situer dans le temps

Pendant plusieurs années on note l'absence de Bosch aux Pays-Bas, sans doute au gré de ses voyages notamment à Milan et Venise.

Ses tableaux ne sont pas datés, et beaucoup furent détruits, après sa mort, probablement eu égard à son appartenance au courant réfractaire aux dogmes de l'église.

Quelques œuvres représentatives

La crucifixion – Musée Royaux des Beaux Arts, Bruxelles.

Ecce Homo – Kunstintitut, Francfort.

Le chariot de foin, le jardin des délices & La tentation de Saint Antoine – Musée du Prado, Madrid.

Et ce qui est considéré par beaucoup d'historiens comme son chef d’œuvre,

Le Portement de Croix avec Sainte Véronique – Musée des beaux Arts, Gand.

Le peintre du réalisme de son époque

Bosch meurt en 1516 à s 'Hertogenbosch, il aura amorcé le renouveau dans la manière de voir et de figurer le spirituel et le divin.

Au XVIII son œuvre sera décriée pour être redécouverte au XXe avec les surréalistes.

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Jérôme Bosch, le peintre des démons / roman historique

Auteur : Alexandra Strauss

Éditeur : Télémaque éditions

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