La licorne, entre légendes et hypothèses

Que savons nous de cette créature, mythique, présente dans l'imaginaire de plusieurs civilisations et sur les armoiries depuis le moyen âge
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Préambule

Une légende affirme que découragées par la méchanceté des hommes, elles ont disparu mais reviendront le jour où la paix et l'amour règneront sur terre.

Monokéros chez les grecs, Re'em en hébreux, Unicornis pour les auteurs latins, Qilin dans la mythologie chinoise (1) l’animal est généralement mentionnée dans les textes comme un symbole de la pureté.

http://www.britannica.com/EBchecked/topic/614490/unicorn

http://fr.wikipedia.org/wiki/Licorne_(héraldique)

On trouve sa représentation dans les peintures rupestres, dans l'art d'Inde du Nord, en Perse dans les scènes de chasse, sur des bijoux celtiques.

Récemment au Vietnam la licorne d’Asie, le Pseudoryx (2), l’un des animaux les plus rares de la planète s’est vu accordé le droit d’être protégé dans une réserve à Quang Nam.

Comment est né le mythe

Il est probable que la "découverte" provient d’éléments isolés d’ossements d’animaux trouvés en divers endroits de la planète, comme un rostre (l'os maxillaire et la mandibule allongée d’un dauphin, celui d’un requin scie, ou d’un narval) sur une plage. On peut aussi imaginer une partie du crâne d’un cerf ne portant plus qu’un seul bois, ce qui rappelle le Qilin chinois dont la corne est ramifiée comme le bois d’un cerf (voir photos).

Il existe encore de nos jours des antilopes et des chèvres dont les cornes sont rapprochées au point de les confondre comme n’étant qu’une seule.

Finalement le quadrupède ressemblant à une biche, dont la taille est proche de celle du cheval, portant une corne au milieu du front, parfois dotée d’une queue de lion, finira facilement dans les bestiaires et les légendes, ouon le représente plus généralement comme un cheval cornu.

La licorne est mentionnée pour la première fois sous la plume de l'historien grec Ctesias, vers 398 avant J.-C., sur la base de récits de voyageurs elle est décrite comme unechèvre ou un cheval et fait penser à un mélange du rhinocéros indien, de l’antilope de l'Himalaya, et de l’âne sauvage.

On peut également imaginer une certaine confusion avec le narval, la licorne des mers, dont le mâle possède une corne torsadée, issue d’une incisive supérieure qui peut mesurer jusqu'à trois mètres de long.

Jusque vers le début du XVIIIe siècle, on pensait que les exemplaires connus de cette corne appartenaient à la légendaire licorne terrestre. La rareté du narval et son habitat réduit ont contribué à la persistance de cette légende.

Le Procamptoceras (The Licorne of Lascaux), est vraisemblablement l’ancêtre de la licorne des légendes médiévales au même titre que celui du "Encontrado Unicornio", qui aurait été vu en Toscane en 2008 (voir photos).

Que disent les légendes

Admirée et crainte sa couleur varie avec une préférence qui va à la licorne blanche, c'est surtout pour des vertus médicinales (*) que ses cornes ont fait de ce splendide animal un trophée de roi auprès des chasseurs, bien que ceux qui l’on rencontrée se comptent sur les doigts d’une main.

Sa corne était symbole de sainteté, de courage et de la chasteté. de nombreux chevaliers et seigneurs du Moyen-âge l’avaient sur leurs armoiries. Peut on dire que le noble animal n'a jamais existé, n'est-il pas fréquent que dans toute légende se trouve une part de vérité.

A l’origine, elle ne ressemblait pas au cheval mais à une de grosse chèvre aux sabots fendus, elle deviendra au fil du temps un majestueux destrier d'une blancheur immaculée, comme tout ce qui était magnifique et vénéré elle se devait d’être d’une beauté impeccable.

(*) La corne de licorne se voit gratifiée de nombreuses propriétés comme la purification des eaux souillées dans la nature, son usage est préconisé contre la fièvre , les moines la font tremper dans l'eau avant de donner la boisson aux lépreux, en poudre elle est réputée faciliter la guérison des blessures, permet de neutraliser les venins et son pouvoir aphrodisiaque est cité depuis l’Antiquité.

Ses fonctions prophylactiques et magiques connus depuis des siècles, donneront naissance à un commerce de substances diverses dont l’origine reste sujette à caution.

la médecine et les thérapeutes ne disposent que de sources très contestables comme des "objets" trouvés ça et là qu’ils certifient comme étant de la corne de l’animal.

De nombreux ouvrages sont consacrés à l'explication et à la défense des propriétés médicinales de la fameuse corne, parmi lesquels " Le Traité de la licorne, de ses admirables propriétés et de son usage" d’Andrea Bacci (1573) et " Histoire de la nature, chasse, vertus, propriétés et usage de la licorne" par Laurent Catelan, en 1624. Bacci a probablement rédigé son ouvrage à la demande de patients, qui sont de gros investisseurs dans le commerce des cornes de licorne.

Quoi qu’il en soit cet extraordinaire engouement laisse à penser, comme dit plus haut, que dans la plupart des légendes coriaces il y a toujours une part, même minime de vérité, mais à quel niveau?

Symbolisme de la licorne

Dans la Chine médiévale, elle était comme le dragon vénérée et liée à la royauté, au début de l’ère chrétienne, sa corne symbolise l'épée de Dieu.

"Les alchimistes voyaient en elle une image de l’hermaphrodisme, la coexistence des deux sexes chez le même individu, puisque la licorne est de nature femelle, comment concevoir que celle-ci puisse féconder, autrement, sans acte sexuel.

Dans les mythologies scandinaves, certains écrits prétendent qu’Odin chevauchait un cheval blanc, ailé avec une corne frontale, symbole de la grandeur et de l’intégrité des dieux dont il était le roi.

Quelques licornes des bestiaires populaires

La sylvestre : paisible qui vit en harmonie avec la nature.

la pyrocorne : Au pelage rouge sombre, yeux d'un rouge scintillant, crinière ressemblant à une rangée de flammes, une espèce maléfique capable de cracher une flamme brûlant les chairs, elle vit sous terre dans des galeries ou des cavernes.

La licorne noire : La plus maléfique, aux sabots incandescents, carnivore et nocturne, elle ne supporte pas la lumière du jour.

La rouanicorne : vivait dans les déserts arides, son pelage était brun pâle, comme sa crinière et ces yeux.

la licorne de féérie : dont on ne sait pratiquement rien sinon qu’elle possède la faculté de se fondre dans la nature grâce à son pelage vert. Elle protège son territoire tout comme la licorne sylvestre et était inoffensive.

La licorne de mer : possède la tête, le poitrail et les membres inférieurs d'une licorne, une queue de dauphin et un corps écailleux. Elle vit en solitaire sur les fonds marins. Il est dit qu’elles auraient prises l'apparence des hippocampes.

L’ unisus : ailée, semblable à la sylvestre elle serait issue de l’union avec un pégase.

Conclusion

Ou est la vérité, peut-être derrière le miroir de nos rêves secrets?

Espérons simplement qu’un jour nous pourrons suivre "le" Max, d’Hervé Cristiani, pour qu’il nous emmène "au delà des labours chevaucher des licornes à la tombée du jour".

(1) Animal "composite" fabuleux possédant plusieurs apparences, il tient généralement du cerf ou du cheval possède une paire de cornes, ou une unique, il est le roi des animaux à pelage ne réside que dans les endroits paisibles ou au voisinage d’un sage, en découvrir un est toujours un bon présage.

(2) http://www.paperblog.fr/4394319/la-licorne-asiatique-obtient-des-reserves-au-vietnam/

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