Le symbolisme religieux des celtes

Bois, pierre, épée, pour nos ancêtres le quotidien est tout en signes et références au divin
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Le symbolisme des nombres

Le 5 représente les éléments de la nature : Kalas la terre, Gwyar l'eau, Fun le vent, Uvel la lumière, Nwyvre la vie et l'activité sous toutes ses formes.

La lune et le soleil sont respectivement figurés par 2 et 3, le 5 étant l'expression des deux cultes réunis, le 3 liant aussi la lune le soleil et la terre.

Soleil et lune, lumière et nuit, sont les axes conducteurs du calendrier qui fait commencer l'année par une saison sombre et la termine par une claire.

Rappel des fêtes qui rythment la vie des hommes :

Samain, le 1 novembre est le début de la période du repos de la nature, neige et glace préparent la fécondité à venir.

Imbolc, le 1 février est le milieu de la saison stérile, elle préfigure la renaissance de la nature.

Beltaine, le 1 mai célèbre l'éveil de la nature après le repos de la saison sombre.

Lugsanad, le 1 août est le milieu de la période féconde.

Les dualités opposées comme, jour et nuit, chaleur et froid se complètent, pour certains éléments, par une "trilogie" incluant une frontière (un entre deux) : le rivage entre terre et mer, la montagne entre la terre et le ciel.

La plupart des endroits et lieux sacrés vont d'ailleurs se retrouver à la jonction entre deux opposés.

Lieux sacrés

La foret domaine des fées, magiciens et enchanteurs, est le temple des mystères et de toutes les magies. Les Carnutes (1) et Brocéliande (2).

Vitale, l'eau de la fontaine s'identifie à la lune et la grande déesse Morigenna (née de la mer), la "dame" (ou fée) de la fontaine dispense la connaissance spirituelle et initiatique, au même titre que sources et cascades intimement liées aux muses et nymphes.

Les champs de pierres dressées (dolmens, menhirs et cromlechs), érigés par des civilisations préceltiques, seront récupérés par les celtes qui vont les utiliser comme telles, voire les reconstruire ou des modifier, en raison de situations géographiques dotées de particularités astronomiques (Stonehenge), bien qu'ils en ont construits lors de leur arrivée en Armorique et les îles Britanniques, principalement sous forme de cairns et stèles initiatiques.

Les objets et choses de la vie

Le monde animal est omniprésent dans la symbolique celte, un chapitre particulièrement vaste pour lequel lecteur pourra les consulter les ouvrages en référence.

Le bois est symbole de sagesse, l'arbre est l'axe primordial reliant le ciel à la terre via l'eau venant de la mer par le ciel, certains arbres sont liés à des divinités ou possèdent des propriétés spécifiques : le chêne est associé au druide (3), le pommier donne la sagesse par son fruit.

La pierre matériau sacré, symbole de puissance et d'éternité, gardien de la mémoire, des magies et légendes, Excalibur (voir épée) est fiché dans un rocher (certains textes parlent parfois d'un enclume).

Le chaudron est caractéristique, outre son utilisation comme ustensile de la vie quotidienne il est l' attribut de Dagda avec trois fonctions : la science la vie et la magie, forme sous laquelle il serait à même de redonner la vie aux guerriers morts au combat.

Le char utilisé par les nobles, pour le voyage et au combat atteste de la croyance en la résurrection, souvent relié au chaudron magique, les deux accompagnent souvent le défunt dans la tombe (avec ses armes, bouclier et bijoux), donnant à penser que le voyage d'un monde à l'autre n'était pas de tout repos.

L'épée est symbole de force et lumière, elle guide le chevalier dans sa quête de la sagesse et doit se mériter par la bravoure et le courage au combat : lire à ce propos la légende du roi Arthur.

Le pont (comme le gué) est un passage entre deux mondes, symbole du lien entre les dieux et les hommes, l'arc-en-ciel est passerelle de lumière que seuls les dieux et les héros peuvent franchir.

La harpe, emblème de l'Irlande et instrument divin symbolisant l'esprit éternel, est utilisée par les bardes et les dieux.

La croix celtique

Sans aucun lien avec le christianisme, dont la figuration originelle est le poisson elle est présente dans les grottes du paléolithique, comme à Lascaux.

Au néolithique on la retrouve associée au cercle dans lequel elle s'inscrira au début de l'âge du bronze, les plus anciennes remontent aux Coptes (4) sous forme de stèles plates ornées de bas-reliefs.

Les premières insulaires sont datées du VII siècle, le cercle massif entourant le cœur apparait au XII siècle.

Elle représente les quatre points cardinaux, le cercle qui symbolise la limite magique infranchissable figure les saisons.

Les plus majestueuses sont à Clonmacnoise (monastère daté de 545) au centre géographique et spirituel de la la verte Erin.

Les stèles

Postérieures aux pierres dressées de l'âge du bronze elles datent de l'époque des premières croix principalement en Armorique et Irlande, certaines furent déplacées d'autres christianisées, leur interprétation reste du domaine des hypothèses même si on en trouve dans des nécropoles, ce qui pourrait les associer à des rites funéraires, elles sont sans doute une forme de la pensée celtique archaïque et restent pour nous des énigmes, comme il y en a bien d'autres.

Les tumulus

Tertres de terre dont le diamètre va de quelques mètres à plusieurs dizaines, ils sont qualifiés de sépultures "princières", recouvrant une fosse rectangulaire contenant un cercueil en bois ou le défunt est accompagné d'objets qui indiquent son rang social. Pour un guerrier on y trouve ses armes, l'harnachement de son cheval et un vase évoquant le banquet d'éternité.

Ces tombes sont considérées comme des montagnes cosmiques érigées en des lieux particuliers sur le plan astronomique.

Le plus majestueux de Newgrange (5) est à visiter au solstice d'hiver quand le soleil pénètre au fond la chambre centrale pendant quelques minutes , on ressent alors toute la magie et les mystères du druidisme.

(1) Foret du peuple des Carnutes, centre religieux de la Gaule, selon César il s'y tenait chaque année des réunions de druides.

(2) Foret située en Bretagne, antre des fées des gnomes et de Merlin l'enchanteur.

(3) Cérémonie du gui, plante magique aux propriétés médicinales.

(4) L'Irlande est considérée comme le berceau du monachisme ce qui conduit à admettre des moines arrivés d'Orient.

(5) Situé dans la vallée de la Boyne, daté de 3000 ans avant notre ère, avec un diamètre de 85m, une hauteur centrale de 11 et sa température interne constante de 8 à 10°C, il devint tout naturellement pour les druides une demeure des dieux.

Références :

Dictionnaire historique des celtes - P. Norma - Maxi-Livres

Dictionnaire de mythologie celte - J.-P. Persigout - Editions du Rocher

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