1967: qui envoya deux Rolling Stones en prison?

Qui était David Schneidermann, personnage pivot dans une sombre machination qui visait Mick Jagger et Keith Richards?
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Pour un pétard et 4 cachets d’amphétamines, Mick Jagger et Keith Richards se retrouvèrent en prison durant l'été 1967. Une petite sauterie qui s’était bien mal terminée. Encore heureux que les flics n’aient pas su qu’avant la perquisition, les convives avaient carburé au LSD !

Tout semble indiquer qu'il s'agissait d'un coup monté

Dans cette ténébreuse affaire, il sera indispensable de déterminer le rôle qu’a tenu un certain David Schneidermann, surnommé le Roi de l’Acide (hormis Acid King , il se fit parfois appeler Donald Britton et David Jove - Jove est le nom anglais de Jupiter).

L'Affaire remonte aujourd’hui à quarante-cinq ans

Quarante-cinq années durant lesquelles on n’a cessé de tenter de démontrer que Schneidermann avait été l’agent provocateur de la descente de police à Redlands, la maison de campagne de Keith Richards. Sans l’assistance de certains de ses contacts, grâce à des photos, à des documents longtemps gardés secrets, on n’aurait jamais pu brosser le portrait de ce personnage longtemps insaisissable.

David Schneiderman, un Canadien de 24 ans qui avait posé ses valises à Greenwich Village

Né le 24 décembre 1942, David Schneidermann frayait avec la plupart de ceux qui faisaient vivre et s’épanouir la scène underground new-yorkaise. On appréciait sa compagnie réputée pour être agréable par ceux qui avaient croisé son chemin. Lorsqu’il était enfant, il avait été acteur, interprétant Shakespeare, mais rapidement il s’était senti davantage attiré par toutes les formes d’art qui tiraient leur inspiration de certaines substances hallucinogènes.

Art et drogue, une dangereuse alliance…

Selon son ami Ed Ochs, la vie et la façon de vivre de David Schneidermann changèrent du tout au tout du jour où il découvrit le LSD :

- Sa musique, ses idées, sa vision du monde, tout reflétait l’expérience du LSD. Son cerveau lui-même puait la drogue. Ayant très certainement eu accès aux toutes premières doses très pures de LSD élaborées dans les laboratoires Sandoz, David en avait tiré l’intime conviction d’être investi d’une mission : élargir l’esprit et ouvrir les yeux des artistes du monde entier en leur faisant découvrir le miraculeux produit. Ni plus ni moins ! David a véritablement stimulé toute une génération de génies du monde de la musique. Et je ne parle pas des cinéastes, des scientifiques, des intellectuels et des rêveurs. Cela constitua sa réussite et en même temps le conduisit sa perte. Je suis bien sûr qu’il n’en a jamais tiré un seul centime : il ne vendait pas, il donnait.

Toutefois le bon samaritain avait son côté sombre

Il avait été obligé de fuir le Canada, sous le coup de divers chefs d’inculpation dont le moindre n’était pas d’avoir, à Toronto, versé des doses de LSD dans un château d’eau alimentant la grande ville. Il avait pu rejoindre New York muni de faux papiers et d’un faux passeport. Sous diverses fausses identités, en se fondant dans la foule cosmopolite et bigarrée de Greenwich Village, il était parvenu à glisser entre les mailles des services d’immigration. Son stock de LSD lui ouvrait d’innombrables portes : lorsque les Beatles se rendirent à New York en août 1966, Schneidermann leur rendit visite, leur faisant parvenir des sucres imbibés de LSD protégés de papier argenté. Puis ce fut au tour de Keith Richards à qui il fournit les petits morceaux de sucre magiques. Charmé par l’habile boniment du gaillard qui n’avait pas son pareil pour parler de l’usage des narcotiques de manière encyclopédique, Keith Richard l’invita même à reprendre contact avec lui si, d’aventure, il se rendait un jour à Londres. Il le regretterait toute sa vie… Pour en savoir plus, cliquer ICI.

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