«70 jours dans l'enfer de la mine», un livre-témoignage

Les 33 mineurs chiliens ont souffert, fin 2010... et leurs femmes aussi, comme l'explique dans son livre la journaliste chilienne Cristina L'Homme
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La journaliste chilienne Cristina L’Homme publie un livre, « 70 jours dans l’enfer de la mine », le témoignage au jour le jour de trois des compagnes de ces hommes ensevelis durant 70 jours. Trois femmes qui ont montré une "vraie dignité" tout au long de cette épreuve. En dehors du récit, une conclusion s’impose : enterré volontairement ou non, l’être humain n’est pas adapté à la vie dépourvue de la lumière du jour.

Le drame, vécu par les femmes des mineurs

Personne ne pourra oublier le drame vécu par les 33 Chiliens, prisonniers de leur mine pendant plus de deux mois, à 625 mètres de profondeur. Et si, une fois le sauvetage réussi, l’attention des médias s’est naturellement concentrée sur les miraculés, Cristina L’Homme, présente sur les lieux depuis le tout premier jour, a choisi, elle, de s’intéresser aux protagonistes féminins. Sur France-Info, interviewée par Célyne Bayt-Darcourt , Cristina L’Homme déclare :

“Il n’y a pas d’hystérie. Elles pleurent mais elles pleurent en silence. Elles parlent de leurs larmes et de ce qu’elles ressentent. On est dans une histoire très humaine et c’est ce qui m’a frappé...N’est pas femme de mineur qui veut... Mais les hommes étaient eux aussi exceptionnels...”

Pourtant eux et elles n’ont pas réussi à retrouver une vie normale

Un mineur, qui devait se marier, ne l’a pas fait… D’autres se sont séparés de leur femme. Et tous sont toujours suivis sur le plan psychologique.

Leur vie privée bouleversée

Dans son livre, Cristina L’Homme retrace les temps forts du long calvaire à travers les yeux des femmes, filles et mères des 33 mineurs. Elle en profite également pour dénoncer le sensationnalisme médiatique avec lequel a été traité l’événement. Dans les colonnes du quotidien « Métro », elle déclare notamment : « à la fin, la chaîne nationale avait 54 personnes sur place et des tas de camions. Les femmes étaient même suivies jusque dans les toilettes. »

Le drame, vu sous un autre angle

Alors que le drame puis le sauvetage des 33 mineurs chiliens a passionné les médias du monde entier, la journaliste chilienne Cristina L’Homme s’est placée du côté des protagonistes féminins de ce feuilleton. Elle vient de publier « 70 jours dans l’enfer de la mine » aux éditions Prisma Presse.

Trois femmes racontent...

Chili, désert d'Atacama, au soir du 5 août 2010. L'annonce de l'éboulement de la mine San José se propage dans les villages alentour comme une traînée de poudre. Maritza, Monica et Veronica se voient alors plongées dans le pire scénario que l'on puisse redouter lorsqu'on est fille, mère ou épouse de mineur dans ce pays où plus de 100 000 Chiliens vivent des mines d'or, de cuivre et d'argent. Celui de savoir enterré vivant ou mort l'homme, le fils ou le père tant aimé au tréfonds des entrailles de la mine. Au-delà de l'angoisse, de l'espoir, des prières à tous les saints, de l'attente souvent insoutenable et toujours suspendue aux avancées des machines dépêchées sur place, l'auteur relate avec une rare sensibilité la vie de ces mineurs, rude et âpre comme l'est le désert qui les entoure.

Un autre cas…

Le 17novembre, un groupe de 33 femmes chiliennes se retrancha dans une ancienne mine de charbon transformée en site touristique, et menaça d’entamer une grève de la faim. Par 500 mètres de profondeur, ces femmes réclamaient du travail pour les habitants des zones sinistrées par le séisme et le tsunami survenus en février.

En France, Véronique Le Guen, 110 jours sous terre

Etre enterré vivant comporte de graves effets secondaires. La Française Véronique Le Guen avait accepté l’expérience… et pouvait d’ailleurs l’interrompre à tout instant, quand elle le voulait. Elle passa près de 4 mois sous terre… mais se suicida un an plus tard.

En 1983, plongeuse reconnue, elle avait participé à une plongée souterraine dans un siphon géant profondément enfoui sous le désert de Nullarbor dans la grotte de Coclebiddy en Australie.

En 1989, elle avait publié le livre Seule au fond du Gouffre

Le 18 janvier 1990, quatorze mois après sa sortie du gouffre de Valat-Nègre en Aveyron près de Millau en France, elle succombait à une overdose de barbituriques. Elle a laissé à son époux un court message l'encourageant à "continuer" ses expéditions. Cette jeune spéléologue de trente-trois ans avait séjourné cent onze jours «hors du temps» à quatre-vingt deux mètres sous terre pour une expérience en chronobiologie dirigée par Michel Siffre avec le concours du CNES et d'autres organismes médicaux. Sa réclusion volontaire servait à l’étude des rythmes biologiques fondamentaux du corps humain en l’absence des stimuli du soleil et de la vie sociale

Son suicide mit en question la pertinence des expériences scientifiques qui ont pour premier but le développement du savoir sans tenir compte des risques pour la santé mentale de la personne qui accepte librement de servir de cobaye.

A lire : « 70 jours dans l’enfer de la mine » de Cristina L’Homme. Prisma Presse, 17 euros. Lire un extrait sur le site du magazine Femme actuelle .

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