A Abidjan, commémoration de la mort de Bob Marley

Le ''Gnam Dem'', village rasta, organise une série de concerts, du 11 au 13 mai, véritable brassage culturel entre Afrique et Antilles
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"Bob Marley est un esprit, vu que malgré sa mort sa musique et lui ont traversé le temps et drainé des millions de personnes dans le monde. C’est aussi une âme, une philosophie, un symbole de liberté et d’unité, qui a réussi à réunir deux hommes politiques en Jamaïque", proclame Sael, l'un des participants au festival (consulter le site abidjan.net ).

Marley, disparu prématurément le 11 mai 1981

Sans un stupide match de football, Bob Marley aurait peut-être vécu beaucoup plus vieux. Certes pas autant que Churchill, mais quand même…

Au début des années 70, dans son île natale, à Trench Town, (banlieue de Kingston) Bob avait eu un orteil salement amoché au cours d’un match de football.

La blessure se rouvre en mai 1977

Bob était en tournée en Europe. L'accident se produit à Paris, au cours d’une rencontre « amicale » entre artistes, journalistes rock et employés de la maison de disques de Marley :

- Mon pied a commencé à me faire mal et je me demandais pourquoi la douleur se faisait ressentir si longtemps. J’ai mis le but et j’ai quitté le terrain en sautillant. Lorsque j’ai enlevé ma chaussure, l’ongle de l’orteil était complètement arraché ( Bob Marley , Stephen Davis, éditions Point Virgule).

Un toubib le soigna sommairement. Que pouvait-il faire d’autre ?

Il avait conseillé à Bob de rester allongé le temps nécessaire, mais lui, en tournée mondiale, devait parcourir la planète et se donner en spectacle chaque soir ou presque. L’album « Exodus » venait juste de sortir, ce n’était pas le moment de flancher. Passant outre les recommandations du médecin, Bob, le pied bandé et chaussé de sandales, continuera toujours autant de se démener sur scène… malgré la douleur persistante. Il lui arrivait même de jouer au football durant ses moments de liberté. Pendant ce temps, l’infection se propageait….

Un jour, la douleur fut si vive que Bob se trouva dans l’incapacité de marcher.

Problème : si la tournée européenne était achevée, la tournée américaine n’avait pas commencé. S’il voulait pouvoir l’assurer, Bob devait se rétablir très rapidement. La sagesse saurait-elle imposer sa loi ? Celle du fric l’emporterait-elle ? Tant d’argent était en jeu…

Au moins cette fois s’en alla-t-il consulter un spécialiste. Le verdict, c’est le moins qu’on puisse dire, ne fut pas rassurant : les analyses avaient détecté la présence de cellules cancéreuses. A partir de ce constat, deux possibilités étaient envisageables. La moins risquée, selon ce spécialiste, était l’amputation du gros orteil. Sinon, il se proposait d’ôter une petite partie du doigt de pied, nettoyer l’infection et tenter d’empêcher la propagation du mal grâce à une thérapie appropriée.

- Si on lui coupait l’orteil, il guérirait rapidement et la tournée américaine pourrait avoir lieu avec un Marley affaibli mais bien présent… Dans l’autre cas, il resterait couché six mois et la tournée serait annulée ( Bob Marley , Stephen Davis, éditions Point Virgule).

Plusieurs avis valant mieux qu’un seul, Bob alla consulter deux autres médecins .

La médecine s'opposait à la religion rastafari qui interdit toute amputation. Hélas Bob était atteint d’une forme très rare de cancer, un mélanome malin, très probablement dû à de trop longues expositions au soleil.

Refusant l'amputation, Bob fut « rafistolé » à l’hôpital Cedars of Lebanon (« Cêdres du Liban ») à Miami. Pour pouvoir se remettre rapidement, Bob devait renoncer à son régime dit « I-taliste » (végétalien). Jusqu’alors, la base de son alimentation était constituée de soupe de haricots, de riz aux pois, de porridge de maïs ou d’avoine, le tout arrosé d’ Irish moss , breuvage composé d’algues, de lait et de graines de lin. Désormais Bob avait besoin de beaucoup de protéines et il était tenu de manger de la viande.

Au bout de deux mois, de l’avis même de ses médecins, Bob Marley était guéri .

A preuve, encore deux mois plus tard, il retrouvait sa seconde passion (après le reggae) et retournait jouer au football. Bref, il se croyait tiré d’affaire. Hélas ce n’était pas le cas…

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