A la télé ce soir: "L'ombre d'un doute" consacré à Raspoutine

France 3, à 23h10, propose une émission consacrée aux mystérieuses circonstances de la mort du mage fantasque

On colporte énormément d'informations, parfois contradictoires, sur la vie de Raspoutine, notamment que ses organes génitaux auraient été soustraits à son incinération et, depuis,conservés.

Bien qu'il n'y ait nul besoin de remonter le temps excessivement (il est né, selon les sources, en 1864, 1865 ou en 1869), on sait finalement peu de choses avec certitude sur son compte.

Son nom, d’abord

« Raspoutine » signifiant « débauché », on peut songer à un pseudonyme. Pourtant, dans son village natal, sept familles portaient véritablement ce nom qui, d’ailleurs, possède une autre signification : « le carrefour ».

EN 1894, Raspoutine aurait eu une vision mystique. Il quitte alors femme et enfants pour deux ans. Considéré comme guérisseur, il est invité à la cour des tzars en 1904. On le croit envoyé par les dieux, ce qui lui permet de jouir d’une formidable emprise sur la famille impériale. En revanche, le clergé, les militaires et les politiciens lui porteront une hostilité de plus en plus vive. Et même les simples quidams : en 1914, il est poignardé par une mendiante.

Le complot

En décembre 1916, des conjurés tentent de l’empoisonner... mais la substance prétendue fatale ne lui fait aucun effet. Il reçoit alors trois balles de revolver ; on assure que la première lui fut fatale. Son cadavre fut ensuite noyé. Or l’autopsie révéla qu’à cet instant il était encore vivant puisque l’on retrouva de l’eau dans ses poumons. Exhumé, ses cendres auraient été dispersées... mais l'on prétend aussi que seul le cercueil brûla, pas son corps.

Le pénis errant

A nouveau, quelle part de crédibilité accorder à cette information que nous livrons au conditionnel... La légende a pu être inventée de toute pièce dans la mesure où Raspoutine était un orgiaque. Il aurait été castré et ses organes génitaux conservés. Conservés par qui ? Depuis près de cent ans, les prétendus possesseurs de ces objets de culte se sont multipliés. L'autopsie officielle n'évoque pas d'amputation, mais ce n'est pas une preuve. Hélas pas plus que les allégations de ceux qui y croient mordicus. Légende ou réalité ? Résumons l'histoire...

Le culte de la relique

Une servante du moine prétendit avoir découvert son sexe tranché sur les lieux du crime. Elle l'aurait recueilli pour le confier à un groupe de femmes russes qui partaient pour Paris. Conservée dans un coffret en bois, la relique était considérée comme un charme de fertilité. La chose n'ayant pu rester secrète, Marie Raspoutine exigea de rentrer en possession de ce qu'il restait de son père. Ce qui fut accepté par les adoratrices. Marie aurait donc conservé le coffret jusqu'à la fin de sa vie en 1977. Après son décès, ses biens furent dispersés.

Un certain Michael Augustine se porta acquéreur de plusieurs "objets" ayant appartenu à Raspoutine, non plus pour vénérer le défunt, mais pour réaliser un confortable profit en les vendant aux enchères. Les commissaires priseurs de la célèbre galerie Bonham's s'accordèrent cependant à déclarer qu'ils n'étaient pas en présence d'un pénis, mais d'un concombre de mer ou holothurie que l'on nomme également trépang ou biche de mer. La question se pose de savoir si Augustine avait réellement remis en circulation l'objet conservé depuis 1916 ou s'il l'avait substitué dans l'intention d'escroquer l'hôtel des ventes.

Dernier épisode ?

En 2004, le directeur du Centre de recherches sur la prostate de l'Académie des Sciences naturelles de Russie annonça l'ouverture imminente, à Saint-Petersbourg, du musée de l'Erotisme présentant, entre autres, le sexe de Grigori Raspoutine ainsi que différentes lettres manuscrites de la main du mage. Vrai ou faux ? On retient surtout la taille annoncée du pénis : 29 cm , taille assez remarquable qui toutefois ne relève pas véritablement du domaine de l'anomalie.

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