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DANIEL LESUEUR

Publié dans : Les articles Culture de Daniel Lesueur

Concerts de légende: les Who, Fête de l'Huma, 9 septembre 1972

Roger Daltrey, Keith Moon, Pete Townshend, John Entwistle s'étaient vus fort peu depuis le début de l'année, mais la complicité ne s'oublie pas

Ce fut une année bizarre pour les Who car ils travaillèrent peu ensemble. Mais se retrouver sur la scène de la Fête de l'Huma les conduisit à délivrer un chouette concert, que l'on peut encore écouter et commenter en CLIQUANT ICI.

Retour sur une année cahotique

En 1972, il n’y eut pas de séance d’enregistrement avant le mois de mai. En conséquence, les Who ne se virent pratiquement jamais pendant cinq mois ; Keith Moon n’était pas habitué à d’aussi longues périodes d’inactivité. Toute sa vie depuis qu’il était adulte, il l’avait passée sur une scène, que ce soit en concert, en répétition ou en studio d’enregistrement, à la télé ou à la radio. Frustré par l’inaction, fatigué par… le manque de fatigue, il commença un cycle bizarre, alternant périodes de délire avec périodes de repos total… trop total : après une sérieuse biture, il rechargeait ses batteries à Tara dans le silence le plus complet : aucune visite, aucune fête, aucune activité. Il restait cloîtré dans sa chambre à coucher.

Fin mai 1972, les Who reprirent le chemin des studios d’enregistrement.

Ils étaient bien décidés à frapper fort

Trois chansons leur semblaient particulièrement destinées à conquérir le hit-parade : « Join together », « Relay » et « Long live rock ». La première s’inscrivait fort bien dans l’esprit des sixties, avec sa phrase « you don’t need to pay, you can borrow or steal the way » (« pas besoin de payer quand on peut emprunter ou voler »). « Relay », très enjoué, faisait rimer « revolution » avec… « no solution ». Les deux titres usaient force de synthétiseur, très à la mode depuis la réussite de l’album « Who’s next ». Un usage peut-être même trop intensif dans la mesure où leur producteur Glyn Johns s’autorisa par moment à remplacer la batterie de Keith par une boîte à rythmes électronique. Du coup ça ne ressemblait plus beaucoup à du Who traditionnel cuvée sixties.

Le troisième titre, enfin...

Là, basta le synthé et retour aux bonnes vieilles recettes. « Long live rock », c’était leur profession de foi, et dans les paroles de la chanson appuyées par un bon vieux piano comme dans les années 50, le groupe rappelait qu’il avait été « le premier à vomir au bar et à trouver long le chemin qui mène à la scène » (« We were the first band to vomit in the bar / And find the distance to the stage too far »). Tout heureux de retrouver ses toms et ses cymbales, Keith fut magistral. La chanson, hélas, ne sortirait pas immédiatement, et seulement sur une compil’, « Odds and sods » (1974).

Communisme, mais en France…

Les Who se produisirent sur la grande scène de la Fête de l’Huma devant un public estimé à 400 000 personnes. Après le show, le groupe se retira à l’hôtel George V. La tournée touchait à sa fin. Le bilan était plus que satisfaisant : même si le groupe avait disparu du circuit plus d’un semestre et pas sorti de nouvel album depuis un an, les fans ne leur en tenaient pas rigueur. Par centaines de milliers, ils avaient rempli en masse les salles de concert. Tout cela était était bel et bon, pas besoin de speeder pour enregistrer un nouveau disque. Mais cette absence d’urgence signifiait clairement que les Who n’entreraient pas en studio et ne remonteraient pas sur scène avant des mois (à suivre en CLIQUANT ICI).

À propos de l'auteur

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Daniel Lesueur est un auteur et journaliste français de la presse
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