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DANIEL LESUEUR

Publié dans : Les articles Culture de Daniel Lesueur

Concerts de légende: Nirvana à Melbourne le 1er février 1992

On a retrouvé l'enregistrement du concert donné par Kurt Cobain et sa bande il y a 21 ans, au moment où le groupe était en pleine ascension

On regrette le vinyle... N'empêche que, grâce au CD, à l'internet et au DVD, des collectionneurs ont pu faire ressurgir des documents que l'on croyait perdus à jamais. Des centaines d'enregistrements (audio et vidéo) que l'on croyait, à tort, qu'ils n'avaient été conservés par personne...

Des archives du rock miraculeusement retrouvées

Parmi ces documents, l'un des plus passionnants est celui qui concerne le concert donné par Kurt Cobain et sa bande il y a 21 ans, au moment où le groupe était en pleine ascension. C'était en Australie le 1er février 1992. Un concert que l'on peut désormais écouter tout en lisant cet article. Il suffit de CLIQUER ICI.

Kurt Cobain

Il est la véritable dernière idole pop-rock, ne serait-ce qu’en raison de son départ précipité. Sa fin n’a pas pris le monde du rock par surprise. Sa forme, un peu plus. Une overdose aurait certes semblé plus logique mais un suicide n’est pas véritablement surprenant de la part d’un type qui voulait intituler son album « I Hate Myself And I Want To Die » (« Je me déteste et je veux mourir »). Finalement le titre en fut « In utero », non pas pour des raisons de convenance ou de bon goût mais pour des considérations d’ordre strictement commercial voire juridique : “Avec un titre pareil, il suffit qu’un seul gosse se donne la mort et nous nous serions retrouvés au tribunal”, expliqua Cobain. En 1990, en effet, les parents de deux adolescents américains qui s'étaient suicidés avaient poursuivi en justice le groupe Judas Priest : en passant à l'envers la chanson « Better by you, Better than me », on pouvait, selon eux, entendre Do it! ce qui aurait poussé les gamins à passer à l'acte. Finalement, ce ne furent pas les fans de Nirvana qui se suicidèrent mais le leader de leur groupe préféré.

Après coup, on peut bien sûr pratiquer une relecture des évènements qui ont précédé l’instant tragique

On relit sa dernière interview, qui fait état de la dégradation de ses relations avec Courtney Love et au sein du trio musical Nirvana. Mais ça n’explique pas tout, même si l’on y ajoute les relations soi-disant médiocres avec sa maison de disque Geffen Records, une multinationale qui n’a évidemment pas le temps de materner ses artistes. Elliott Smith, nous venons de le voir, menacera bien sa maison de disques de suicider si elle ne déchirait pas son contrat. Alors pourquoi pas le même schéma pour Kurt ? Or, au contraire, il semblait plutôt satisfait : “Chez Geffen, on a rencontré de vrais connaisseurs, avait-il déclaré à Rock & Folk en 1992, incontestablement c’était la major la plus underground possible”. Personne, d’ailleurs, ne l’avait obligé à tirer un trait sur ses débuts sur la petite firme Sub Pop. Il était simplement à côté de la plaque. Kurt Cobain semblait en effet traverser la vie sans être vraiment concerné, ni par lui-même, ni par ce qui l’entourait, ni par ceux à qui il devait la renommée : lorsqu’il en eut marre de jouer « Smells Like Teen Spirit » sur scène, il ne s’y obligea pas, sans le moindre égard pour ceux qui avaient payé pour l’entendre.

Ennui et lassitude étaient son lot quotidien

« Le comble de l’ennui, c’est le divertissement », écrivait Pascal. “Entertain us » (“amusez-nous”) répond Cobain dans « Smells…» extrait de l’album intitulé « Nevermind », que l’on pourrait traduire par “peu importe” (à suivre en CLIQUANT ICI).

À propos de l'auteur

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Daniel Lesueur est un auteur et journaliste français de la presse
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