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DANIEL LESUEUR

Publié dans : Les articles Culture de Daniel Lesueur

Des enregistrements rares de David Bowie ont été retrouvés

A la fin du 20è siècle, il réenregistra ses premières chansons, période 1964-1966. Prévu pour 2001, l'album n'est jamais sorti... mais on peut l'écouter

"Liza Jane", "You’ve Got a Habit Of Leaving", "The London Boys", "I Dig Everything", etc. Toutes ces chansons (peu connues), Bowie les avait enregistrées une première fois vers le milieu des années 60. A chaque fois, les disques connaissaient l'échec. Pas un seul n'entra au hit-parade. Pourtant l'artiste leur gardait une certaine tendresse. Par goût pour elles ou par nostalgie de l'époque où il était inconnu, David les réenregistra à la fin des années 90, comptant les sortir, au milieu de vraies nouveautés, dans un album intitulé "Toy", et qui aurait dû sortir courant 2001. Hélas l'album jamais ne sortit. Les admirateurs du Thin White Duke se demandaient même si, finalement, les chansons avaient vraiment été enregistrées.

La réponse est oui!

Des collectionneurs se les sont procurées et on peut actuellement les écouter sur le net et donner son avis (cliquer ICI). L'occasion de découvrir ou redécouvrir les premières chansons jamais écrites par David Bowie il y a tout juste cinquante ans...

L'enfance

David Jones est né dans les faubourgs de Londres le 8 janvier 1947 d'un père cordonnier (ou, selon d'autres sources, employé dans un orphelinat) et d'une mère ouvreuse dans un cinéma de quartier. La famille est très pauvre ; David se rappelle de son cadeau de Noël habituel : une orange.En 1958, néanmoins, son père peut lui offrir un piano. L'année suivante, il aura un saxophone, son instrument chéri.

En 1962, à la suite d'une rivalité avec le musicien George Underwood autour d'une jeune fille, David est transporté à l'hôpital : la rixe a mal tourné, il a l'œil gauche en sang. L'opération, qui porte sur les deux yeux, dure plusieurs heures. C'est à la suite de cela que David a les yeux vairons.

L'étudiant se montre éclectique

David étudie à la fois les arts graphiques, le bouddhisme et le mime, ayant pour professeur le célèbre Marcel Marceau. Sans oublier de pratiquer la pop music. L'artiste se définit comme "créateur généraliste". Il essaie dès 1964 de se faire connaître sous son propre nom, Jones, et monte son premier groupe, David Jones And The Lower Third. Un peu long à mémoriser, la formation devient rapidement The Buzz (Le Bourdonnement), puis The Kon-Rads, The Manish Boys et enfin The Kingbees au sein desquels il se fait appeler Dave Jay ou Davie Jones. Hélas le succès n'est pas au rendez-vous.

Ces 45 tours, aujourd'hui payés à prix d'or par les collectionneurs bien que disponibles en permanence sur CD, n'obtiennent pas le moindre succès, mis à part "The Laughin' Gnome".

Un comportement outrancier

Bien avant d'être connu, David se comporte vis-à-vis des médias comme s'il était déjà une star. En 1965, sous le nom de Davy Jones, il a la possibilité de passer à la télévision britannique (BBC) avec son groupe les Manish Boys... à condition de se faire un peu raccourcir les cheveux. Sa réponse est qu'il ne les couperait même pas pour rencontrer le Premier ministre Harold Wilson !

Dépité, il abandonne provisoirement le rock en 1967 et 1968

Autre source de tracas : il existe déjà deux autres chanteurs du nom de Davy Jones, l'un, chanteur noir de rhythm'n'blues, l'autre, vedette du groupe américain The Monkees. Il s'appellera désormais Bowie, comme la marque de couteaux américains.

Space Oddity

Prendre du recul pendant deux ans était une excellente idée. A l'automne 1969, la presse britannique accueille bizarrement son nouveau 45 tours, le très respecté Melody Maker, dans son édition du 11 octobre, le considérant comme une "mixture de Dali, de 2001: l'Odyssée de l'espace et des Bee Gees". N'empêche ! c'est le public qui décide.

Après cinq années de galère, le succès surgit sous la forme d'un hit un peu opportuniste, puisque 1969 est l’année où l’homme mit le pied sur la Lune. Du coup, il était futé de chanter "Space Oddity", titre en hommage à la conquête de l’espace, référence à “2001, l’Odyssée de l’espace” de Kubrick. Dans la foulée, Bowie enregistre une version en italien, sous le titre "Ragazza sola, raggazzo solo".

Le look avant tout

Soucieux de son image, il sait pertinemment que c'est grâce à elle qu'il peut devenir une idole. Il deviendra le premier chanteur décadent, n'hésitant pas à couramment s'habiller en femme, se teindre les cheveux de la couleur qui lui sied et ce dès 1970. Dès lors, il lancera les modes et se retrouvera à la une de tous les journaux... pour de longues, longues années à venir.

À propos de l'auteur

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DANIEL LESUEUR

Daniel Lesueur est un auteur et journaliste français de la presse
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