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DANIEL LESUEUR

Publié dans : Les articles Culture de Daniel Lesueur

Freddie Mercury samedi soir sur Arte

Sous le titre sans équivoque "The Great Pretender", Arte insiste sur les dernières années de la vie de l'incomparable artiste

Il contractera le virus du Sida d’avoir trop « fait la fête ». Son entourage sera également frappé par le même mal, avant et après son décès : son manager Paul Prenter en mourra trois mois avant lui, et son ami Kenny Everett, le très célèbre animateur de radio qui fut le premier (et quasiment le seul !) à diffuser le premier disque de Queen, qui assista à ses derniers moments, ne lui survécut guère longtemps.

Il ne vivait que pour le sexe

Devenu méga star, le principal but dans la vie de Freddie, en effet, sera de ne jamais s'ennuyer. Dans ce sens, il ne cesse de donner des fêtes somptueuses, fort coûteuses (on annonce le chiffre de £ 50 000 pour une soirée)... et que l'homme de la rue, peu habitué aux excès du show-business, qualifierait de débauchées ; Mercury expliquera à Rick Sky, journaliste au Daily Mirror, qui lui consacra un ouvrage, qu'il est de nature changeante et agitée, et qu'il lui aurait été impossible d'être chef de famille, reconnaissant ne vivre que pour le sexe. Certains diront qu'il était obsédé, d'autres qu'il aimait être amoureux en permanence de gens différents. Nuance ?

Une fin de vie de reclus

Ces agapes dureront jusqu'au jour où on lui révélera qu'il a le Sida. Celui dont les frasques faisaient passer Mick Jagger et David Bowie pour des enfants de chœur, vivra dès lors (presque) en reclus, déclarant être devenu "plus sélectif", quant à ses relations. On peut, a priori, en déduire qu'il n'avait plus envie de faire la fête... en revanche, on sait qu'il manifestait toujours l'intention d'enregistrer. Ce repli n'est peut-être pas, alors, à porter totalement au compte de la dépression, mais plutôt au fait de cacher au monde une image de lui bien moins flamboyante que celle qu'on avait connue.

Outre les fêtes, Freddie aimait les vêtements, le shopping et les œuvres d'art. Il se ruinait chez Asprey, Sotheby's, Christie's, Harrods ou dans la boutique londonienne du bijoutier Cartier et se rendait fréquemment dans les grandes galeries du monde entier (au Japon notamment). C'est d'ailleurs de retour du Japon, en 1986, qu'il se prêta à l'examen sanguin qui lui révéla sa maladie ; Freddie ne put empêcher les premières rumeurs de courir. Rumeurs s'amplifiant chaque fois que l'artiste connaissait un problème de santé, comme notamment son extinction de voix à Barcelone en 1988, et son surprenant effacement, au profit de Brian May, lors d'une remise d'Awards en février 1990. En juillet 1991, d'ailleurs, le journaliste Rick Sky avait déjà rédigé un article nécrologique.

L'annonce de la maladie de Freddie surprit le monde entier...

Le monde entier… à l'exception de quelques proches qui, depuis longtemps, avaient deviné ce qu'il cacha le plus longtemps possible : son amie, l'actrice allemande Barbara Valentin, n'était pas dupe quant à l'origine des taches noires qui étaient apparues sur sa peau. Et l'équipe vidéo qui tourna le dernier clip du groupe, « I'm Going Slightly Mad », neuf mois avant la mort de son leader, comprit immédiatement qu'il était au plus mal : bien que le directeur artistique ait raconté que Freddie devait se ménager suite à un problème au genou, les techniciens ne trouvèrent pas là raison suffisante pour expliquer sa maigreur, son teint gris et les pustules qui le défiguraient.

Pour garder la face, Mercury portait une épaisse couche de fond de teint blanc

Sous sa veste, il portait un énorme gilet pour cacher la disparition des muscles qu'il avait si souvent exhibés du temps de sa splendeur, retrouvant, nettement aggravée, la maigreur qui était sienne lorsqu'il était étudiant ; un lit avait été installé dans sa loge, refuge indispensable pendant les trois jours de tournage. Néanmoins, le "silence radio" fut respecté jusqu'à la fin : bien que des rumeurs de Sida circulent depuis 1986, tous ceux qui étaient véritablement au courant (et ils furent peu nombreux) eurent consigne de ne rien divulguer. À tel point que ceux qui, professionnellement parlant, étaient les plus concernés, c'est-à-dire les trois autres membres du groupe, ne furent informés que très tardivement de la fin prochaine de la star.

La stupeur subsistera jusqu'à l'ouverture de son testament

Freddie légua plus de la moitié de son patrimoine, estimé à plus de huit milliards de nos centimes (le groupe avait vendu cent millions d'albums en moins de vingt ans), à la femme, discrète et fidèle, qui avait partagé sa vie avant qu'il ne devienne totalement gay. Viennent ensuite son père, sa mère et sa sœur... et tant pis pour tous ses ex-petits amis, qui se comptent par centaines : seul le dernier en date héritera 10 % de sa colossale fortune. Freddie Mercury découvrait la fidélité à la fin de sa vie…

À propos de l'auteur

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Daniel Lesueur est un auteur et journaliste français de la presse
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