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DANIEL LESUEUR

Publié dans : Les articles Histoire de Daniel Lesueur

Histoires de sectes : les Thugs et les Hashishins

Toutes les époques et toutes les civilisations ont été confrontées au problème de la violence. La criminalité en bande organisée ne date pas d'aujourd'hui

Toutes les époques et toutes les civilisations ont été confrontées au problème de la violence. Jusqu'à l'histoire contemporaine, le moyen utilisé pour la canaliser était le sacrifice (animal, certes, mais également humain : le "bouc émissaire" était souvent le premier fils). L'évolution de la société se chargea de transformer le visage du criminel... Parmi les premières"bandes organisées", on évoque fréquemment celles des Thugs et des Hashishins

Les Hashishins

Rappelons que le mot "assassin" est une déformation de celui d' hashishin ou hachchachin en arabe. En 1273, Marco Polo rencontra les Assassins, dont l'influence était sur le déclin. Ces Hashishin étaient les membres d'une secte musulmane déjà ancienne qui, croyait-on, tuaient sous l'emprise du hashish. Le mot "assassin" passa rapidement dans la langue courante ; Baudelaire raviva le nom original, visitant fréquemment l’Hôtel de Lauzun, à Paris, où se réunissait le Club des Hashishin. De nombreux crimes, aujourd'hui, sont la conséquence de la pénétration des drogues dures, cent fois plus dangereuses que le hashich, dans toutes les couches de la société. Certains sont commis sous l'emprise directe de la drogue, d'autres par des individus en état de manque qui, pour se payer leur dose, doivent voler, et, par extension, tuer ceux qui leur résistent.

Au vingtième siècle...

Il aura fallu attendre la tuerie de la horde de Charles Manson pour redécouvrir la signification originale du mot "assassin", puisque, de toute évidence, les meurtriers avaient consommé du hashich (drogue qui toutefois n'exacerbe pas la violence des individus). En 2002, d'ailleurs, la Grande-Bretagne, à l'exemple des Pays-Bas, se proposait, en la classant dans la catégorie des antidépresseurs, de légaliser l'usage de la cannabine, couramment appelée sous son nom latin cannabis qui signifie chanvre) avant de perpétrer leurs crimes. Mais les armes de la horde de Charles Manson étaient différentes : les premiers "Assassins", eux, étranglaient leurs victimes à l'aide d'une cordelette… tout comme le faisaient les Thugs.

Les Thugs

Le crime organisé, au fil des siècles, au sein de la secte indienne des Thugs présentait déjà tous les ingrédients du crime moderne : ses membres vivaient onze mois de l'année dans la plus parfaite respectabilité. Le douzième mois, en revanche, était consacré à l'accomplissement d'horribles actions perpétrées, pour éviter aux Thugs d'être reconnus, à des dizaines, voire à des centaines de kilomètres de chez eux. Ils amputaient et dépeçaient leurs victimes, à la fois pour accélérer leur décomposition et rendre plus difficile leur identification ; dans leur précipitation, pourtant, ils négligeaient souvent d'enterrer les restes humains.

Avec les siècles, leurs us et coutumes ont dégénéré

Les Thugs, à l'origine, mettaient un point d'honneur à se limiter strictement à la strangulation (Raison pour laquelle les Thugs sont également nommés Phansigars -thug signifie fourbe, tandis que phansi désigne le nœud coulant. A voir, avec néanmoins une certaine distance, "Les Etrangleurs de Bombay", film britannique de Terence Fisher (1959).) car, selon leur croyance, toute goutte de sang versée faisait renaître l'ennemi. Jamais non plus ils n'auraient sacrifié une femme, car leur divinité noire Kâli (ou Durgâ) était de sexe féminin.

À propos de l'auteur

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Daniel Lesueur est un auteur et journaliste français de la presse
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