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DANIEL LESUEUR

Publié dans : Les articles Culture de Daniel Lesueur

Les concerts de légende: Queen à Boston le 30 janvier 1976

Freddie Mercury au sommet de sa splendeur quelques jours après la sortie de "Night At The Opera" et "Bohemian Rhapsody" devant ses fans américains en délire

On regrette le vinyle... N'empêche que, grâce au CD, à l'internet et au DVD, des collectionneurs ont pu faire ressurgir des documents que l'on croyait perdus à jamais. Des centaines d'enregistrements (audio et vidéo) que l'on croyait à jamais perdus car on pensait, à tort, qu'ils n'avaient été conservés par personne...

Des archives du rock miraculeusement retrouvées

Parmi ces documents, l'un des plus passionnants est celui qui tournait dans le milieu des collectionneurs sous le titre "Queen invite you to a Night at the Opera, Boston Music Hall, 30 January 1976" : un concert qu'on peut aujourd'hui réentendre en cliquant ICI.

30 janvier 1976

Le moment, en effet, était judicieux pour voir le groupe en concert : il venait de publier l'album "Night At The Opera" et le 45 tours "Bohemian Rhapsody". Déjà, Mercury se détachait du groupe.

Au magazine américain RollingStone, John Deacon confia que l'image souvent vulgaire de Freddie énervait les autres membres du groupe qui, cependant, ne parvenaient pas à le détester. La vulgarité est, en effet, un problème qui revient trop souvent dans l'œuvre de Queen ; même si May, Deacon et Taylor ont tendance à en rejeter la responsabilité sur Mercury, il faut souligner qu'ils avaient leur mot à dire, ne serait-ce que dans l'élaboration d'un clip vidéo : dans celui de « I Want To Break Free »,Freddie est, certes, en jupe de cuir, une grosse poitrine moulée sous un pull rosé... mais ses acolytes sont eux aussi travestis. Quant au clip de « Body Language », tourné aux bains turcs, il fut carrément interdit de diffusion. Encore heureux qu'on n'ait pas jasé lorsque, pour le clip de « The Miracle », on grima quatre jeunes garçons évoquant physiquement les idoles.

Vulgaire?

Rapidement, le jeu de scène de Freddie puisa son inspiration, non plus uniquement dans le rock, mais dans la comédie, au sens premier du terme : la comédie désigne la "chanson de fête", le mot tirant ses racines du latin comoedia et du grec kômôidia : ôdê est une ode, et kômos le banquet. Devenant un "entertainer" (un "amuseur public"), Freddie convie son public à partager sa quête de la fête permanente. S'inspirant de la comédie antique, Freddie adopte alors des costumes et un jeu de scène parfois très éloignés du rock (rappelons qu'il chanta de l'opéra) et que le morceau de bravoure du groupe, « Bohemian Rhapsody », fait référence, entre autres, à Scaramouche, célèbre personnage de l'ancien théâtre italien.

Bo Rap

Cette démarche est, certes, très audacieuse, dans son outrance, mais elle ne fut rendue possible que parce qu'elle s'inscrivait dans un courant d'évolution du rock qui, de plus en plus, devient visuel et grandiloquent : au même moment, d'autres artistes ont fait la preuve de l'efficacité d'une telle entreprise. Notamment Peter Gabriel (qui ne va guère tarder à quitter Genesis) et Pink Floyd, dont les prestations scéniques sont accompagnées d'une mise en scène extraordinaire (un avion s'écrase derrière les musiciens, et, plus tard, un véritable mur est construit tandis que le groupe interprète « The Wall »). On a souvent dit que Mercury s'inspirait de la commedia dell'arte (sans doute par référence à la citation de « Bohemian Rhapsody »), mais cette affirmation est erronée : la commedia del arte (qui a popularisé Arlequin, Pantalone, Pierrot et Colombine), en effet, laissait une vaste place à l'improvisation, ce qui n'est guère le cas du spectacle de Queen, au contraire.

En 1975, c'est la gloire

C'est la consécration internationale, le triomphe planétaire qui jamais ne se démentira, grâce au complexe « Bohemian Rhapsody » considéré par tous les rock critics comme l'un des cinq meilleurs 45 tours du siècle. Le groupe ne cesse de s'activer, enregistrant des tubes à la limite du supportable (mais n'est-ce pas là aussi une forme de génie, que de pouvoir composer des titres aussi commerciaux que « We Are The Champions » ou « We Will Rock You » ?). A suivre en cliquant ICI.

À propos de l'auteur

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Daniel Lesueur est un auteur et journaliste français de la presse
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