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DANIEL LESUEUR

Publié dans : Les articles Culture de Daniel Lesueur

Les mystérieuses séances d'enregistrement de Jimmy Page

Avant de fonder Led Zeppelin, le guitariste avait joué sur des dizaines voire des centaines de vinyls dont certains sont rarissimes

Avant de fonder Led Zeppelin, Jimmy Page fut un musicien de studio fort prisé. Tout a commencé en 1962 avec Neil Christian and The Crusaders et « Road To Love ». A partir de cette date, le Guitar Hero a prêté main forte à de nombreux groupes ou chanteurs et chanteuses, connus ou obscurs, afin de se faire la main et évoluer (et de quelle manière !) pour plus tard atteindre les sommets. Il y a fort à parier que certaines chansons seraient restées dans les oubliettes du Rock sans la présence et le talent de cet as de l’harmonica et surtout de la six-cordes. Donovan, Them, Pretty Things, Screamin’ Lord Sutch et bien sûr Yardbirds lui doivent énormément, sans parler de nos frenchies, Eddy Mitchell, Johny Hallyday, Michel Polnareff, Dick Rivers, etc.

Un livre à paraître cet été ("Jimmy Page avant l'envol", édition Camion Blanc) recense les centaines de chansons sur lesquelles Page a posé sa guitare ou son harmonica. Ce livre fera l'effet d'une bombe dans le milieu des collectionneurs car certaines séances n'ont encore jamais été révélées.

The Frizzy One

Il s’agit d’un super 45 tours sorti uniquement en France début 1966 (EP Barclay 70 906) dans le cadre du boulot que Bobby Graham effectuait pour Barclay. Le Frisé, c’est William Halsey, qui en est ainsi à son quatrième pseudonyme : en 1962, il avait publié « It Matters Not » sous le nom de Mark Douglas, mais il s’était d’abord fait appeler Billy Gray lorsqu’il était accompagné par the Stormers (dont Robert Neate, dit Bobby Graham, était le batteur en 1960) et dont certains membres deviendront les Outlaws, le groupe de Mike Berry. Encore avant, il avait chanté dans des clubs de vacances sous le nom de Billy Dean. Sur le disque qui nous intéresse, le chanteur est accompagné par Carter-Lewis et Page. Les notes de pochette sont hautement fantaisistes : « Sur ce disque, the Frizzy One fait preuve d’un talent d’auteur-compositeur-interprète ».Or il n’a composé aucun des quatre titres !

In-Betweens

Comme dans le cas précédent (d’ailleurs c’est la référence suivante) il s’agit d’un super 45 tours sorti uniquement en France début 1966 (EP Barclay 70 907) dans le cadre de la mision que Barclay avait confiée à Bobby Graham. Le groupe est inconnu mais porte en son sein Dave Hill, futur membre fondateur de Slade. Sur les quatre titres, un est signé conjointement Bobby Graham, Jimmy Page et Phil May (le chanteur des Pretty Tnings), il s‘agit de « You Don’t Believe Me ».

Hairy Ones

Les quatre titres ("Gloria", "It's My Life", “Get Off My Cloud" et "Ring Dang Do") sont interprétés par Bobby Graham, Jimmy Page (lead), John McLaughlin (rythmique), Alan Weighel, basse et Kenny Salmon, orgue sur un disque sorti en 1965 uniquement à l’intention du marché français (EP Barclay 70 898). Le chanteur Ray Merill venait du Joe Loss Band, une formation guindée habituée à travailler pour la BBC. C’est dire qu’il eut du mal à adapter son chant au rock 'n' roll et, de l’avis de Bobby, son imitation d’Eric Burdon sur "It's My Life" mérite d’être écoutée !

Majority

Ils avaient commencé en 1965 sous le nom de Barry Graham and the Mustangs. Le 45 tours « Pretty Little Girl », une composition de Carter-Lewis couplée avec « I Don’t Wanna Be Hurt No More », qui concrétise leur rencontre avec Jimmy Page (Decca F 12 186) est l’un des huit vinyls qu’ils ont sortis, sans succès, entre 1965 et 1968. Pour le deuxième, ils avaient eu la chance de se voir confier un titre inédit des Kinks, "A Little Bit of Sunlight". On croit à tort que ce sont de parfaits inconnus, or les Majority ont fait carrière. En 1968 ils accompagnent Barry Ryan sur son premier album (« Eloise »). La tournée passe par la France, et ils s’y installent. Ensuite, sous le nom de Majority One, sorte de Bee Gees psychédéliques, ils grimpent au hit-parade avec le tube « Because I Love » et publient leur unique album en 1971. Quelques mois plus tard, ils prennent le nom de Rocky Cabbage puis se séparent.

Antoinette

Marie Antoinette Daly qui publie en 1964 "Jenny Let Him Go" (45 tours Decca F 11 820) n’a que 13 ans. Son producteur est Charles Blackwell, l’ingénieur du son est Terry Johnson. Bobby Graham joue des castagnettes et Page de la guitar twangy (du clinquant, dans le style de l’Américain Duane Eddy).

Nicky Scott

Le blondinet avait déjà publié sur Columbia trois singles en duo avec la jolie black native des Caraïbes Diane Ferraz, future chanteuse intérimaire du groupe Ten Wheel Drive, sous le nom « Diane and Nicky ». Malgré son interprétation en avant-première d’un titre des Stones en face A de son 45 tours “Backstreet Girl” / “Chain Reaction”, le succès n’est pas au rendez-vous. Nicky travaillera ensuite brièvement avec Elton John et Graham Nash avant de définitivement raccrocher. A suivre en cliquant ICI.

À propos de l'auteur

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Daniel Lesueur est un auteur et journaliste français de la presse
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