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DANIEL LESUEUR

Publié dans : Les articles Culture de Daniel Lesueur

Petula Clark: un nouveau CD et un concert à Paris début 2013

Le printemps sera chaud pour les admirateurs de Petula (80 ans) avec un nouveau disque et une venue à l'Olympia de Paris

Petula Clark, un cas à part. Plus question de parler de chanteuse anglaise, mais d'une véritable artiste internationale : outre le français et l'anglais, elle a enregistré en espagnol, en allemand, en italien.

Elle approche de 80 ans... mais elle se produit toujours sur les scènes les plus prestigieuses du monde entier. Et... un détail : elle a vendu 75 millions de disques !

La retraite ? Connaît pas !

Elle sera à l'Olympia le 14 mars 2013 (concert unique avec des places entre 65 et 125€) au moment même où son nouveau disque aura envahi les rayons des disquaires du monde entier : "Lost In You", son nouvel opus, sortira le 25 février. Il proposera une reprise de "Imagine" (John Lennon), "Love Me Tender" (Elvis Presley) et... une nouvelle mouture de "Dowtown"

"Downtown", la rupture

Dans le temps (Downtown) survint à un tournant crucial de la carrière de Petula, qui envisageait, à l’époque (1964), d’abandonner la chanson qu’elle pratiquait depuis trop longtemps à son goût. Son ami Richard Anthony se souvient fort bien de son tourment : elle était allée le trouver pour lui demander ce qu’il pensait de cette chanson. Richard, honnêtement, reconnut que c’était “pas mal”. De là à imaginer que ce serait le plus gros succès de toute la carrière de Petula ! Au fil des ans, le titre sera régulièrement réédité, réenregistré en disco un quart de siècle plus tard et encore une fois sur ce CD de 2013.

Une artiste géniale un peu sous-estimée

Voilà une fille qui a enregistré, sans peut-être même en avoir conscience, la quintessence de la culture rock de base. Elle est née à Epsom en 1932. Son nom de baptême est Petula Sally Olwen Clark. Son père a créé le prénom Petula en fusionnant deux prénoms, Pet et Ulla.

A sept ans, elle était déjà montée sur les planches. A neuf ans, elle participait à des émissions de radio. A onze ans, elle faisait du théâtre. Pendant la guerre, elle se produisit 500 fois, que ce soit à la radio ou dans des camps militaires. En 1954, elle obtint beaucoup de succès avec sa version d'un titre français de Francis Lemarque popularisée par Annie Cordy, Le Petit Cordonnier (Shoe shine boy). La chanson fut classée n°2 des ventes de "petits formats" en 1954. Même l'Armée du Salut l'interprétait dans les rues !

Une rockeuse qui s'ignore

Elle a enregistré le meilleur de la pop et de la rock music... mais comme elle a, sans complexe, touché à tous les styles, y compris la variété, les puristes la snobent.

Qui pense jamais à citer Petula dans les rockeuses ?

Pourtant elle fut la première à chanter un titre des Beatles en français (« Tu perds ton temps », version française de « Please please me », leur premier 45 tours à succès) et « Ya ya twist » que ces mêmes Beatles jouaient sur scène à Hambourg. A l'instar de France Gall, elle a chanté Gainsbourg (« O ô shérif », « La Gadoue » et plusieurs autres), mais Boris Vian également, qui a écrit spécialement pour elle en 1959 « Java pour Petula » alors que, fraîchement débarquée à Paris, elle ne comprenait rien au français : c'est la femme d'Henri Salvador, un grand ami de Vian, qui lui écrivit le texte en phonétique !

Des standards du rock

Parmi ses premiers succès en France, dès 1961 : « Cœur blessé », c’est « Torture » de John Loudermilk… « Je me sens bien », c’est « Dance on » des Shadows… "Garde-moi la dernière danse", c'est "Save the last dance for me" de Doc Pomus et Mort Shuman, les auteurs-compositeurs d'Elvis Presley.

Tour de force

Sur un même 45 tours de 1963, elle propose « Entre nous il est fou » et « La Nuit n’en finit plus » (ou « La Nuit ne finit pas », selon les pochettes) , versions françaises respectives de « She’s a fool » et de « Needles and pins »… Quant à« Prends mon cœur », ce n’est autre que « A Fool such as I » interprété par Elvis et Bob Dylan. Bonnes adresses, tout de même ! Artistiquement parlant, sa grande époque se situe au tournant 1966-1968 avec de purs bijoux pop : « Don’t sleep in the subway », « The Other Man’s grass » , "Colour my world" et « I couldn’t live without your love ».

À propos de l'auteur

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Daniel Lesueur est un auteur et journaliste français de la presse
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