Août, mois des brocantes : traquez le vinyl et les disques rares

Si vous avez le courage de vous lever tôt, c'est largement payant car Johnny Hallyday, Elvis Presley et les Beatles auront disparu avant 8 heures du matin !
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Chiner des disques de collection est une passion à prendre au sérieux

Ne riez pas, car ce sont eux qui ont raison, les chineurs qui arrivent à 4 heures du matin sur les "lieux du crime", à savoir un vide-greniers ou une petite brocante au fin fond de la campagne. Et ils font leur marché avec une lampe de poche ! Pour certains, cela semble un peu fou… mais ce sont ceux-là qui trouvent les disques rares.

Globalement tous les artistes des années 60 sont recherchés. Mais deux se détachent très nettement du lot.

Champions toutes catégories : Johnny Hallyday et les Beatles

D’ailleurs, il suffit de tendre l’oreille devant les stands : "Vous avez du Hallyday ou du Beatles ?" . Grâce à cette petite phrase magique, le sésame du collector, la réponse ouvre un portefeuille… ou fait passer son chemin au quidam qui, inlassablement, posera la même question à chaque stand visité.

Que faire si l’on répond "oui" ?

Même si vous les possédez déjà dans votre propre collection, si les prix proposés sont corrects vous avez quand même tout intérêt à stocker les disques vinyl de Johnny Hallyday et des Beatles : ces disques proposent énormément de variantes d’un pressage à l’autre, et les collectionneurs qui les recherchent sont innombrables. Il y a donc toujours preneur pour un Johnny ou un Beatles en bon état. Et…

Ayez l’œil !

Certains disques négligés il y a quarante ans sont très recherchés aujourd’hui. L’exemple le plus caractéristique est ce qu’on appelle la "collection granuleuse" : le super 45 tours, profondément ancré dans les habitudes des consommateurs français, resta présent chez les disquaires jusqu’en 1969, date à laquelle Philips décida de rééditer tous ceux de Johnny . Ces rééditions sous pochettes en papier granuleux, nettement moins attractives pour les collectionneurs, sont très faciles à distinguer des originaux aux pochettes cartonnées et glacées. Plus ou moins négligées à leur sortie, ces rééditions, au fil des ans, ont acquis une valeur qui mérite d’être aujourd’hui indiquée : 25€ jusqu’au Philips référence 437 431 ( Amour d’été ), 15€ pour les suivants. Paradoxalement, certaines de ces rééditions sont aujourd’hui plus cotées que l’édition originale !

1968 / 1969 marque une cassure dans la collection de disques de Johnny

En gros : il s’agit d’une tentative de simplification pour aider le collectionneur à gérer son budget, la majorité des disques du commerce parus avant 1968-1969 sont rares et chers ; à l’inverse, la majorité des disques du commerce parus après 1968-1969 sont courants et moins cotés.

A cette époque, face à un marché qui s’oriente de plus en plus vers l’album au détriment du single, la fréquence de parution ralentit fortement. Songez qu’à ses débuts, Johnny devait publier quatre nouvelles chansons pratiquement tous les deux mois! Il en va pareillement pour les “live”, dont le rythme, effréné au début (1961, 1962, 1964, deux en 1967, 1969) se calme brusquement (1971, 1976, 1979).

Du temps du vinyl, les disquaires rendaient aux représentants leurs invendus

En contrepartie leurs bacs se voyaient alimentés par les nouveautés que leur proposaient ces mêmes représentants. Les disques laissés pour compte étaient ensuite pilonnés. Ce qui justifie, aujourd'hui, leur cote élevée. Mais en dehors des salons du disque ou tout est vendu "à la cote", ne serait-ce que pour amortir le coût d’un stand, on arrive encore aujourd’hui à faire de bonnes affaires… le plus souvent à la lueur d’une lampe de poche au plus profond d’une campagne !

Ne rêvez pas, vous n’êtes pas seul à chercher

Pour un collectionneur pur et dur, payer 100€ pour entendre Bernard Tapy chanter en 1966 "Je ne crois plus les filles"... ou 300€ pour entendre Vanessa Paradis entonner un twist plusieurs années avant "Joe le taxi", ça n'a pas de prix ; mais pour un chineur, le but de la démarche est de le négocier au prix le plus bas dans le but de réaliser un investissement de qualité. Les chineurs sont nombreux !

L’erreur à ne pas commettre

Une fois que vous avez mis votre réveil à sonner à 3 heures du matin, ne croyez pas que "c’est gagné d’avance". Il y aura les fois où vous ne trouverez rien de génial. Ca arrive. Mais surtout ne commettez pas vous-même "LA" gaffe qui vous fera louper l’affaire de votre vie. Une bourde fréquente : vous arrivez très tôt… sans monnaie ! Vous trouvez "LE" disque rare de la journée, à 2 ou 3€… et vous n’avez qu’un billet de 50€. Même en demandant au vendeur de vous le réserver, vous avez toutes les chances - pardon, les malchances ! - de ne pas le retrouver le temps de faire la monnaie d’un grosse coupure à 4h du matin !

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