Au cinéma, Eddy Mitchell est "Populaire"

Monsieur Eddy revient sur grand écran le mercredi 14 novembre, à l'occasion de la sortie au cinéma de "Populaire". Une vieille histoire d'amour !

La passion d'Eddy Mitchell pour le cinéma remonte à sa plus tendre enfance.

Issu d'une famille plutôt modeste, Claude Moine (c'est son véritable patronyme : voir nos articles précédents en cliquant ICI ) naît à Paris le 3 juillet 1942 à 14 heures. Sa mère travaille à la banque, son père à la RATP ; ce père dynamique, qui aime la vie, communique rapidement sa passion du cinéma au fiston.

La révélation a lieu en 1953

Il a onze ans. Le père Moine ne fera rien pour encourager cet engouement. Mais rien non plus pour s'y opposer. En fait, il s'en fiche, car la musique l'ennuie. Le soir, fréquemment, le père d'Eddy se rend à un match de boxe ou de catch. Mais, surtout, il va deux fois au cinéma chaque après-midi. Et inévitablement, dès que son gamin sort de l'école, il l'amène avec lui. "Papa Mitchell" commence son travail très tôt chaque matin, mais, comme il n'a pas besoin de beaucoup de sommeil, il est libre chaque jour à quatorze heures et profite pleinement de l’après-midi. C'est ainsi que, très tôt, Eddy s'éveille aux deux arts qui vont justifier son existence : le cinéma et le rock'n'roll.

1981

Eddy, qui a touché au cinéma depuis déjà belle lurette, obtient cette année ses galons de véritable acteur, avec "Coup de torchon", de Bertrand Tavernier (durant le tournage, il contractera le paludisme, ce qui lui vaudra, l’année suivante, de quitter une salle de concert entre les mains du SAMU). Modeste, il insiste pour souligner que, dans ce film, tous les acteurs sont formidables. Mais, indiscutablement, le cinéma le démange (il n'a rien tourné entre 1964 et 1980), lui fait les yeux doux... Au fil des ans, citons "A mort l'arbitre" de Jean-Pierre Mocky, "I Love You" avec Christophe Lambert, "Ronde de nuit" avec Gérard Lanvin, "Autour de minuit", "Attention une femme peut en cacher une autre", "Le Bonheur est dans le pré", "La Galette du roi" jusqu'à "Cuisine américaine" en 1998... D'autres, certes moins marquants ("Girls", "Je vais craquer", "Jusqu'au bout du monde", "Promotion canapé", "Frankestein 90" avec Jean Rochefort, "Un père et passe", "La Totale", "Ville à vendre"). Au total, une vingtaine de films.

1982

L'un des gros coups dans la carrière d'Eddy : il devient présentateur de l'émission de Gérard Jourd'Hui, La Dernière Séance , ce qui donne l'opportunité de rééditer le vieux tube de 1977. Fin 1998, Eddy mettra fin à ses soirées cinématographiques, après seize ans de bons et loyaux services. Nul n’a oublié cette fameuse soirée où Eddy s’était mis en tête de nous projeter un film en relief, La Créature du Lac Noir : cinq millions de paires de lunettes bicolores fut distribuées dans toute la France... le lendemain, autant de citoyens lambda s’éveillaient avec une conjonctivite !

Le titre de l'émission est, bien évidemment, lié au titre de la chanson "La Dernière Séance " , publié cinq ans auparavant, mais également au titre d’un film de Peter Bogdanovitch, The last picture show . Le cadre de l'émission est celui d’un vieux cinéma des années quarante ou cinquante ; et il ne s’agit pas d’un décor, mais d’un véritable cinéma de quartier, le “Trianon” à Romainville, et non pas le "Ciné Majestic", titre d'une chanson d'Eddy. Au menu de la soirée, toujours deux films (fort rares, pour la majorité des 320 diffusés depuis 1982), agrémentés des actualités, des publicités de l’époque... et des savoureux commentaires (fort érudits, soit dit en passant) de “Monsieur Eddy” (ce surnom lui vient d’un membre de l’équipe de tournage qui ne parvenait pas, par respect et par timidité, à simplement l’appeler “Eddy”).

2003

Désormais Lovely Rita n'est plus seulement le titre d'une chanson des Beatles, mais également celui d'un film dans lequel Eddy s'illustre aux côtés de Christian Clavier, Arielle Dombasle et la fort prometteuse Julie Gayet (Sainte Rita, rappelons-le, est la patronne des cas désespérés). Une actualité cinématographique qui se poursuivra avec "Le Fils de Boucle d'Or" (avec Bernadette Laffont). Bref, Eddy ne semble pas désireux de négliger le grand écran… (à suivre en cliquant ICI ).

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