Bisphénol : "La Grande Invasion"

Le bisphénol est omniprésent : cosmétiques, canettes, ordinateurs, électro-ménager... Stéphane Horel alerte les téléspectateurs

Ce samedi 2 juillet, France 5 diffusait "La Grande Invasion", une émission tirée du livre de Stéphane Horel portant le même titre et paru en 2007 aux éditions du Moment.

Cette invasion, cette intrusion dans notre quotidien, c'est celle du bisphénol, un composé chimique servant à diluer la résine de polyester pour la rendre liquide et faciliter son laminage.

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Qu'est-ce que le bisphénol ?

Il s'agit d'un perturbateur endocrinien présent dans (presque) tous les objets de la vie courante.

On a récemment beaucoup parlé du bisphénol A (BPA), un produit chimique soupçonné de perturber le système hormonal. On le savait présent dans les plastiques d'emballage et de biberon. On a appris qu’il peut pénétrer l'organisme humain par simple contact avec la peau. C’est du moins ce qu’affirme l'Institut national de la recherche agronomique (INRA) de Toulouse. L'étude est parue dans la revue spécialisée Chemosphere .

On se souvient que, récemment, des biberons en contenant avaient été retirés de la vente. Beaucoup plus présent dans notre vie quotidienne, on a appris que le bisphénol A imprègne les tickets de caisse, aussi bien dans les grandes surfaces qu’aux guichets automatiques de toutes les banques. S’il s’agit d’un moindre mal pour le consommateur, il n’en va pas de même pour les caissières de supermarchés qui les manipulent, par centaines, à longueur de journée durant toute leur vie. Or, jusqu’ici, on estimait que la voie alimentaire était la principale forme d’exposition des êtres humains au bisphénol.

Une ONG américaine, Environmental Working Group (EWG), a précisé il y a quelques mois que le BPA est présent dans 40% des reçus et tickets de caisse imprimés par les supermarchés, distributeurs de billets et autres commerces.

Le trouve-t-on encore ailleurs ?

Il est présent dans un grand nombre de récipients alimentaires et de boissons, dans certaines montures de lunettes, dans les cartes bancaires, dans les bouilloires, ainsi que dans les résines de scellement dentaire.

La peau, une simple enveloppe qui ne protège pas du BPA

Lors de leurs travaux, les chercheurs de l'INRA ont ainsi observé "qu'environ deux tiers du BPA déposé à la surface de la peau traversaient la barrière cutanée, quelle que soit la dose déposée. On retrouve le bisphénol dans les urines, le sang et le liquide amniotique d’une grande majorité de la population européenne".

Les dangers du BPA

Le bisphénol est accusé d’accroître le risque de dysfonctionnement sexuel masculin et de réduire nettement la concentration et la qualité du sperme, selon une étude menée durant cinq ans. Mais le principal risque est pour les fœtus et les nouveau-nés. En ayant les mêmes effets que l’œstradiol, une hormone féminine naturelle absente à ce stade de la vie, le bisphénol A peut entraîner un mauvais développement de la prostate chez les garçons et des glandes mammaires chez les filles.

La prévention

De nombreux parents ont d'ores et déjà banni certains biberons de leurs placards de cuisine, craignant des perturbations dans le développement cérébral de leur enfant. En juin 2010, la secrétaire d’État à l’Environnement, Valérie Létard, estimait qu’aller au-delà de l’interdiction dans les biberons "n’était pas justifié à ce stade [en l’absence] d’expertises robustes". Cette étude pourrait changer la donne. Mais dans l’attente de nouvelles dispositions, les scientifiques invitent les femmes enceintes et les jeunes mères à se laver régulièrement les mains.

Conclusion d'un site désabusé...

"Si tout le monde est au courant que le bisphénol A a colonisé les biberons de nos bambins, écrit le site Les mots ont un sens , peu savent que la molécule s'invite sur les tickets de caisse de nos magasins préférés, à des concentrations plusieurs millions de fois supérieures et dans une forme bien plus volatile. À prendre avec des gants..."

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