C'est enfin parti pour la radio numérique en France

Dix ans qu'on l'attend ; elle devrait véritablement être lancée à grande échelle à mi-avril
18

Ca bloquait sérieusement depuis mai 2009 : "le Conseil supérieur de l'audiovisuel (CSA) avait alors sélectionné plusieurs radios qui souhaitaient obtenir une fréquence pour émettre en RNT sur les zones de Paris, Marseille et Nice. Mais le dossier avait été gelé et les autorisations d'émettre n'avaient jamais été délivrées aux stations" écrit le site des Echos dans un article signé Fabienne Schmitt. Toujours selon Les Echos, le Conseil d'Etat a rejeté un recours déposé par le Sirti (radios commerciales indépendantes et radios associatives) concernant la RNT ; c'était le dernier point qui bloquait.

On a longtemps évoqué le choix du système...

La question du choix du système (DAB, DRM ou même DVB) n'est pas si cruciale : le groupe RTL, à la tête de sa cinquantaine de radios et de télés émettant dans huit pays différents, déclare avoir investi cinq millions d'euros dans le but de construire des récepteurs tri-standards de conception simple et logique : l'auditeur aura simplement à indiquer le poste souhaité, et l'appareil sélectionnera de lui-même le système adéquat.

NRJ déjà sur les rangs

Jean Paul Baudecroux, le patron d'NRJ, dans un entretien accordé à Edition Multimédi@ (à paraître demain), affirme qu'il sera certainement présent sur la Radio Numérique Terrestre payante en bande L. Pas sûr qu'ils seront nombreux, ceux à vouloir payer, pour écouter la radio numérique, avec un choix aussi considérable de stations gratuites sur internet (15 000 environ).

Surtout ne pas confondre RNT et webradio

"Il existe une grande confusion entre la radio numérique et la radio par Internet. La radio numérique est à la radio ce que la TNT est à la télévision. Le mode de consommation ne change pas : un récepteur passif et un choix de canaux. La radio par Internet, en revanche, est un autre monde : l'auditeur-récepteur est actif, voire émetteur lui-même" (Pierre Bellanger, Télérama n°3002 du 28 juillet 2007). La plupart des webradios, en effet, pour des questions de moyens techniques donc financiers, même si elles peuvent avoir des auditeurs dans le monde entier grâce à l'Internet, ne peuvent avoir plus de quelques centaines, voire de dizaines d'auditeurs simultanés... ce qui est tout à fait le contraire de la RNT qui n'est aucunement limitée dans son nombre d'auditeurs simultanés.

Garder encore quelques temps les vieilles habitudes...

Pour ne pas risquer de déstabiliser l'auditeur encore habitué à la radio traditionnelle, les nouveaux récepteurs permettent toujours de capter les bandes AM et FM en plus du DAB ou du DRM ; quant aux stations, elles peuvent pratiquer le simulcast , c'est-à-dire à la fois l'émission en numérique et en analogique. Pourtant, au moment où nous rédigeons ces lignes, la France reste un des derniers pays où il est difficile d'acquérir un récepteur nouvelle norme, quel que soit le système retenu. Chez nos voisins les plus proches, en revanche, l'offre est remarquable. En Suisse, où les trois quarts de la population peuvent recevoir les stations numériques, près de 200 modèles de récepteurs sont disponibles dans les magasins spécialisés à prix abordable, c'est-à-dire à partir de 200 francs suisses, soit 130 €. Les autres pays de l'union européenne, nous venons de le voir, suivent le mouvement. Dans le reste du monde, la mutation est en route. La radio traditionnelle a déjà quasiment disparu au Japon et en Corée. La Chine, dont la majorité des habitants n'a jamais disposé d'un récepteur à transistor, s'apprête à passer directement au numérique. En attendant, en France, la situation en matière de récepteurs ressemble fort à celle connue vingt ans plus tôt, lorsque le public apprenait l'existence du CD mais ne parvenait pas à s'en procurer !

Chaque génération choisira le récepteur qui convient le mieux à ses aspirations

Et chaque génération incite son aînée à se mettre au goût du jour : le poste à galène dans les années vingt... la T.S.F. de 1930 à la fin des années cinquante... le transistor ondes longues / ondes moyennes de 1955 à 1980... le transistor FM depuis 1981... La jeune génération actuelle, qui écoute déjà les webradios, semble si passionnée par l'utilisation du téléphone portable, si "accro" qu'elle va peut-être s'en servir pour suivre ses programmes préférés tandis que ses aînés vont plus probablement faire l'acquisition de récepteurs de radio numérique (dès qu'ils pourront en trouver) dont l'aspect et l'usage sont plus proches du bon vieux transistor aujourd'hui quinquagénaire. En réponse à l'article "Qui veut la mort du transistor ?" ( Télérama n°2983 du 14 mars 2007), Pierre Bellanger affirme que "la FM restera très probablement le mode dominant de réception de la radio jusqu'en 2020". N'empêche que le récepteur numérique est peut-être le prochain Nodec* (Nodec : Nouvel objet de désir et de convoitise). L'appareil de rêve semble aujourd'hui être le Pure Sensia qui combine RNT, webradio et radio traditionnelle... mais il coûte tout de même 300 € .

Sur le même sujet