Chanteuses de la new wave (1977-1982) : les a-t-on oubliées ?

Durant cinq ans, les stars féminines du micro et de la scène défilèrent. Aujourd'hui, beaucoup sont tombées dans l'oubli
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De la fin des années 70, nous avons retenu les noms de Kate Bush, de Nina Hagen, des Runaways, de Blondie, de Patti Smith et d'une poignée d'autres. Mais sur les dizaines de jeunes filles qui, entre 1977 et 1982, ont accédé à la gloire via la scène et le disque, beaucoup ne méritaient ni tant d'honneur à l'époque, ni un tel oubli aujourd'hui...

Pat Benatar

Plus les filles étaient jolies, plus on leur trouvait du talent. Patricia Mae Andrzejewski dite Pat Benatar en est la parfaite illustration. Cette Américaine née en 1953 d’un père polonais et d’une mère irlandaise n’avait, au départ, aucune attirance pour le rock. Elle chantait du Judy Garland et personne ne faisait attention à elle. Et puis un soir, le soir d’Halloween 1977, elle sortit le grand jeu, se fit sexy, se déguisa en Cat Woman. Avec les mêmes chansons interprétées de la même manière, ce soir-là elle fit un tabac. Elle venait de comprendre que son image était plus importante que son répertoire. Néanmoins, elle n’était toujours pas très rock’n’roll, elle gagnait médiocrement sa vie en chantant des jingles publicitaires pour Pepsi Cola. Même pas Coca… Pepsi !

Pour sortir du marasme, elle aurait chanté n’importe quoi

Ce qu’elle fit, diront les mauvaises langues… Faut-il préciser qu’elle n’a écrit que quelques paroles et aucune musique de ses hits. Son premier album, « In the heat of the night », aurait pu être interprété par n’importe quelle autre belle nana, du moment qu’elle ait un bon producteur, l’Australien Mike Chapman en l’occurrence, déjà responsable du succès des stars du glitter que furent Sweet et Suzi Quatro. Enregistré en juin et juillet 1979, le 33-tours contenait plusieurs tubes en puissance : « Heartbreaker » et « We live for love ». Le reste de l’album était signé Alan Parsons, John Mellencamp, Mike Chapman et Nicky Chinn. A Pat Benatar s’appliquèrent les formules « presser le citron », « battre le fer tant qu’il est chaud », « on ne change pas une équipe qui gagne », etc. car en moins de deux ans on lui avait fait enregistrer deux autres albums : « Crimes of passions » (août 1980) vendu à cinq millions d’exemplaires, et « Precious Time » (juillet 1981). Le succès persista jusqu’à son huitième album, « Wide awake in Dreamland », publié en 1988. Elle aurait dû continuer à ce rythme car, hélas, le public oublie vite. Il s’écoula trois ans sans nouveau disque. Le neuvième, « True Love » (1991) se vendit dix à quinze fois moins que les précédents. Et les suivants encore moins…“ A pretty face may last a year or two ” chantait John Lennon (“How Do You Sleep ?”).

Kim Wilde

Hormis le fait que Laurent Voulzy l’a chantée (« Les Nuits sans Kim Wilde », 1986) que retiendrons-nous de cette gueule d’amour un peu boudeuse qui réjouissait les écrans cathodiques au début des années 80 ? Ses disques n’étaient déjà pas très bons à l’époque. Pas sûr qu’on aurait très envie de réécouter ce qui, pourtant, obtint énormément de succès à l’époque : en 1981, « Kids in America » (n°2 en Angleterre), "Chequered Love" (n°5 en Angleterre) et « Cambodia » (n°1 en France)… en 1986, sa reprise du « You keep me hangin’ on » des Supremes, n°1 aux Etats-Unis et n°2 en Grande-Bretagne.

Une famille d'artistes

Kim, née dans une famille d’artistes de seconde zone, avait sa place réservée auprès des siens. Son père, Reginald Leonard Smith dit Marty Wilde, a publié une vingtaine de 45-tours entre 1957 et 1968. Vous seriez bien en peine d’en citer un seul. Dommage, car « It’s been nice » (face B de « Bad Boy », 1959) est l’exemple parfait, en moins de deux minutes, du rock’n’roll à l’anglaise. Il faut également le voir dans « Stardust » (1974), film dans lequel, très classe, il incarne une rock star finissante. La mère de Kim, Joyce Baker, fit partie des Vernon Girls, groupe féminin qui ne publia que quatre 45-tours, sans grand intérêt, d’ailleurs. Le frère de Kim, Ricky Wilde, qui a publié quelques 45-tours dans les années 70, est encore nettement moins connu que son père, sa mère ou sa sœur… mais quand même plus que la cadette, Roxanne Wilde, née en 1979, dont le prénom est dû au hit de Police, « Roxanne », 1978. Elle, il semble qu’elle s’est arrêtée au stade de choriste.

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