Claude François : comment naquit "Belles belles belles" ?

Claude François était le roi de l'adaptation réussie. Il le prouva avec son premier hit
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"Belles belles belles" n'est pas une chanson d'origine française. Sans l'insistance de Claude François, on ne l'aurait peut-être jamais connue en France.

Qui connaît la version originale ?

"Girls Girls Girls (Made To Love)", composé par Phil Everly des Everly Brothers, fut un tube en 1962 aux U.S.A. par Eddie Hodges. A l'origine, la chanson, en France, était destinée à Lucky Blondo, qui avait déjà connu le succès avec d'autres adaptations ("Multiplication", "Sheila", "J'ai un secret à te dire"). Mais cette fois Blondo ne "ressent" pas le titre, au moins sous sa forme provisoire: le refrain fait: "Rien, rien, rien, que notre amour".

Blondo n'aime pas la traduction...

Il abandonne la chanson au profit d'un véritable inconnu : Claude François. Ce dernier a juste sorti, sous le pseudonyme de "KôKô", un vinyl qui ne s'est absolument pas vendu : "Le Nabout twist" (une composition arabisante du sympathique Bob Azzam) accompagné de sa propre version du"Clair de lune à Maubeuge" de Pierre Perrin. Mais l'histoire n'est pas finie, car, bien qu'inconnu, CloClo lui-même demande si l'on peut retravailler le texte. Et "Rien, rien, rien que notre amour" devient "Belles, belles, belles..." grâce au génie de Vline Buggy, célèbre parolière de l'époque, épouse de l'arrangeur Christian Chevallier.

C'est pour Claude François, le titre leader du premier vinyl publié sous son nom... et le début d'une collaboration tout-à-fait extraordinaire.

150 chansons sortiront de la plume de Vline strictement à l'intention de Clo-Clo

Bel hommage de sa parolière qui se rappelle de leur rencontre et déclare: "Claude François, encore inconnu, était déjà une star dans l'âme" (pour la petite histoire, signalons que, devant le succès de "Belles belles belles", qui allait désormais l'obliger à se montrer en public, sur scène et à la télévision, Claude François prit la décision de se faire refaire le nez une première fois!)

La course au succès

Par la suite, les "spécialistes de l'adaptation" se livreront à une concurrence effrénée dans le cadre de la "course au tube"... C'est la bousculade dans les bureaux des éditeurs musicaux pour décrocher le titre étranger qui fera tilt dans le coeur des Français. Pour garder une longueur d'avance, Claude François avait trouvé un moyen finalement fort simple: il avait fait l'acquisition d'un poste de radio à ondes courtes, muni d'une excellente antenne, et se mettait à l'écoute des stations étrangères pour écouter ce qui "marchait" ailleurs. Cela lui permit de rester dans le peloton de tête, aux côtés de Johnny Hallyday et Richard Anthony, et de garder sa place lorsque le public français se fit plus exigeant.

La carrière de "Belles belles belles" n'était pas terminée: trente ans plus tard, le duo Début de Soirée remettait le titre au goût du jour des discothèques (à suivre en cliquant ici ).

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