Courtney Love tire un trait sur son passé sulfureux

Son nom reste associé à celui de Kurt Cobain. Pourtant la blonde pulpeuse essaie d'imposer une nouvelle image qu'elle prête à Givenchy et à "Elle"
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"Courtney Love", révélation couture, titre le site Puretrend.com. Courtney a changé. D'ailleurs, il y a un an (avril 2010) ne déclarait-elle pas à l'hebdomadaire anglais New Musical Express : "Courtney Love est morte, appelez-moi désormais Courtney Michelle". A l'époque, on pouvait refuser d'y croire. Mais apprendre aujourd'hui qu'elle est mannequin pour Givenchy Couture et qu'elle parade sur le red carpet des Elle Style Awards, ça coupe la chique. Mais est-ce vraiment étonnant de la part de quelqu'un qui a toujours favorisé l'image? Une image provocante, indiscutablement. Qu'elle tente de faire aujourd'hui oublier en posant pour le magazine Elle (édition anglaise).

Courtney Love, figure de proue

Dans son édito, Rock’n’Folk (n°439) écrivait en avril 2004 :

« Les numéros avec Courtney n’ont jamais été des promenades dominicales. Il a fallu coincer la bête dans des circonstances de plus en plus rocambolesques (…) Passant devant une boîte de strip-tease où elle a fait ses débuts, Love arrête la voiture, sort insulter et boxer le propriétaire (…) En 2004 elle fait sa promo bloquée dans une clinique, en pleine cure de désintoxication ».

Une veuve pas toujours joyeuse

Actrice et chanteuse américaine née en 1954, à l’instar de Yoko Ono, l’histoire retiendra surtout de Courtney Love qu’elle est la veuve d’un rocker célèbre mort prématurément. N’empêche ! Rien que l’histoire des différents membres du groupe Hole est déjà une croustillante saga… Enfin, pour ceux qui aiment le noir, comme le fait remarquer Peter Doggett dans Record Collector (n°191) : « Hole, the most dramatic rock career of the 90's ».

Ca commença très fort, en 1991 précisément, lorsque Courtney déclara :

« J’ai un plan en cinq points pour détruire la musique rock… Vous les connaîtrez le moment voulu ». Vlan ! Celle qu’on n’allait pas tarder à surnommer « la vampire du rock » -même de Yoko, on n’avait pas osé le dire- mettait ses mignons petits pieds dans le plat. Hole n’a peut-être pas totalement détruit le rock, mais au moins quelques vies.

Un grand écran... tout petit, tout petit

Trois ans avant de fonder le groupe qui allait lui apporter la célébrité, Courtney fit ses débuts au cinéma, dans « Sid and Nancy » (1986), film en hommage à ce grand malade que fut le Sex Pistol Sid Vicious . Elle ne décroche qu’un petit rôle alors qu’elle ambitionnait le rôle titre, celui de Nancy Spungen. Pas grave, le vedettariat viendra quand même…

Elle a chopé toute jeune le virus du rock. Et bien avant la sortie de son premier disque, elle avait déjà construit sa légende. « Sa » en italiques car comment séparer le vrai du faux ? Enfant, était-elle si peu bavarde, si renfermée qu’on la croyait parfois autiste ? Ses parents lui avaient-ils vraiment filé du LSD lorsqu’elle avait quatre ans ? Figure-t-elle vraiment sur la pochette du disque « Aoxomoxoa » du Grateful Dead (c’est pas impossible, son père était pote avec le groupe) ? A-t-elle vraiment inspiré au groupe Teardrop Explodes la chanson « when I Dream » ?

Une ado' difficile à suivre

A la suite du troisième mariage de sa mère, Courtney la suit en Nouvelle-Zélande mais elle a du mal à rester en place : dans la première moitié des années 80, on la retrouve photographe en Irlande, serveuse de restaurant en Angleterre et strip-teaseuse au Japon comme aux Etats-Unis, dans les rares clubs qui prenaient le risque d’engager des mineures… Au bout du compte, en 1982, elle retourne dans sa Californie natale. Elle se fait enrôler dans Faith No More, groupe de metal de San Francisco… groupe dont elle est rapidement éjectée. D’abord parce qu’elle ne chante pas encore assez bien, et ensuite parce qu’elle tente de se poser en leader. Elle passe alors dans un groupe féminin, Sugar Baby Doll mené par Jennifer Precious Finchet et Janis Tanaka, futures stars du groupe L7. Elle fraye alors avec des filles peu ordinaires : Katherine "Kat" Bjelland, formant le quatuor Pagan Babies, puis Ursula Wehret et Robin Barbur avec qui elle fonde Sugar Babylon. A l’orée de 1989, elle se sent de taille à monter son groupe. Elle recrute Caroline Rue (batterie), Jill Emery (basse) et... un homme, Eric Erlandson, car, dit-elle, « il joue de la guitare comme une gonzesse ».

Hole était constitué

Après trois mois de répétitions, la formation était opérationnelle et donna ses premiers concerts en novembre 1989. Réfractaire au numérique, le groupe sort son premier disque, « Retard Girl », uniquement sur vinyl. Le premier album, « Pretty on the inside » (1991) sera produit par Kim Gordon, le bassiste de Sonic Youth.

Elle qui était restée quelques mois mariée avec "Falling" James Moreland, chanteur du groupe Leaving Trains, ne compte plus, désormais, ses « fiancés » du monde du rock : Billy Corgan des Smashing Pumpkies, Michael Stipe de R.E.M., etc. mais surtout elle rencontre Kurt Cobain avec qui, pourtant, elle ne sortira qu’au bout de deux ans (c’est lui qui repoussait ses avances ; à suivre ).

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