Décès de Chris Stamp, manager des Who et frère de Terence Stamp

En France, on connaît davantage son frère, l'acteur Terence Stamp. En Angleterre et aux Etats-Unis, Chris Stamp est réputé pour son management des Who
19

L'Anglais Chris Stamp né en 1942 est mort le 24 novembre 2012. Il avait été le manager des Who et avait fondé le label Track sur lequel Jimi Hendrix publia ses premiers albums en pressage britannique.

Chris Stamp avait passé son enfance en bas de l’échelle sociale

Son père, Thomas Stamp, qui travaillait sur un remorqueur, avait disparu en mer, laissant sa femme Ethel élever seule leurs six enfants.

Retour sur une carrière...

Au début des années soixante, Chris Stamp est un jeune gars qui marche sur les traces de son frère aîné, le célèbre acteur Terence Stamp. Mais Chris, lui, est de l’autre côté de la caméra. Il a rencontré Kit Lambert sur le tournage de « The L-Shaped Room » (film de 1962 avec Leslie Caron sorti en France sous le titre « La Chambre indiscrète »). Avec tous deux l’intention de devenir producteurs indépendants, ils s’associent, partagent un appartement sur Ivor Court, près de Baker Street et s’interrogent...

Pour leur premier film, quel sujet porteur peuvent-ils choisir ?

La réponse vient d’elle-même : à Londres, à l’époque, rien ne bouge plus que la pop music. Les groupes poussent comme des champignons, il suffit de trouver le plus prometteur. A la réception du télégramme qui lui indique que son associé a trouvé l’oiseau rare, Stamp s’envole immédiatement pour Londres afin de s’en rendre compte personnellement et sans plus attendre. Et le samedi de la même semaine, Stamp vit les High Numbers au Trade Union Hall de Watford où ils jouaient chaque fin de semaine et où, d’ailleurs, ils étaient annoncés sous le nom de Who. Il retourna les voir jouer le lendemain dans une école de Holland Park, ce que ne put faire Lambert qui gérait désastreusement son carnet de rendez-vous ! Tout comme son associé, Stamp fut époustouflé par l’énergie du groupe.

Visionnaires, Stamp et Lambert l'étaient totalement

Ils avaient réalisé que les Who représentaient davantage qu’un simple groupe autour duquel ils avaient l’intention de réaliser un film à la mode (des années plus tard, Chris Stamp est cité comme producteur exécutif au générique du film « Tommy »). Les Who, indiscutablement, avaient toutes les chances de devenir les chefs de file du mouvement mod . Plus encore, ils se dirent qu’en électrifiant davantage leurs prestations scéniques, en les poussant à leur paroxysme, les Who pourraient sans grand effort rivaliser en popularité avec les Rolling Stones. Ajoutant à cela l’égo exacerbé d’au moins trois d’entre eux, il y avait de quoi, en permanence, régaler les médias et alimenter les gazettes. Ils ressentirent également que, bien exploité, Townshend pourrait pousser le groupe à sans cesse aller de l’avant. Lambert résume son point de vue après les avoir vus juste une fois : « J’étais certain qu’ils pouvaient devenir des vedettes planétaires ».

Lui et Stamp décidèrent alors de devenir leurs managers

C’est durant cette période faste que Lambert et Stamp réalisèrent le documentaire sur le mouvement mod dont ils parlaient depuis des mois. Simplement intitulé « High Numbers », il s’agirait d’un moment de cinéma réalité, réalisé, hélas, avec des petits moyens : une caméra portative et un éclairage minimum. Ce court-métrage de six minutes en noir et blanc capturé live un mardi soir au Railway fait autant la part belle au public qu’au groupe lui-même, qui interprète deux titres, « Oo poo pah doo » et « I gotta dance to keep from crying ». Il était temps, munis de cette carte de visite éloquente, de passer à autre chose.

On peut spéculer indéfiniment sur le rôle, positif et / ou négatif de Chris Stamp (et de Kit Lambert : sans eux, les Who auraient-ils obtenu autant de succès ? Kit Lambert et Chris Stamp s’étaient fait jeter par toutes les maisons de disques qu’ils avaient contactées... maisons de disques dont la mission, en théorie, est de détecter les jeunes talents avant quiconque.

Stamp et Lambert poussèrent les Who à être eux-mêmes, à être vrais, à être authentiques.

Sur le même sujet