Deux inventions délirantes, le Sound Wagon et le Tournidol

Un camion qui roule sur un disque de vinyl et qui permet de l'écouter, ça marche. Et un centreur de vinyl à l'effigie de votre idole, ça existe aussi...
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Les Japonais sont les rois incontestés de la miniaturisation. Et depuis les années 50 ils n'ont jamais cessé de tout miniaturiser, et particulièrement tout ce qui touche à l’image et au son : téléviseur, radio à transistor, mini-cassette (quelqu’un sait-il encore de quoi il s’agit ?)… jusqu’au CD, support sonore le plus pratique qui ait jamais existé et qui ne sera jamais égalé puisqu’après lui le son n’a plus besoin de support physique. Les Japonais, dès le début des années 70, se sont attelés à une tâche pour le moins originale : remettre au goût du jour (enfin, essayer de remettre au goût du jour) un idée farfelue qui datait de près d’un demi-siècle, le camion qui tourne sur un disque et qui permet de l’écouter.

Carte de visite du Sound Wagon

Il se présente comme le plus petit tourne-disque du monde… et c’est vrai puisque ses dimensions sont les mêmes que celles d’un walkman. Et en plus il est rigolo. Deux seuls défauts, et pas des moindres : le son restitué est ignoble et, de plus, le Sound Wagon bousille les disques, au point que le Sound Wagon est surnommé « Vinyl Killer » ! Bref, il s’agit d’un gadget idéal pour faire sourire les amis, mais à ne surtout pas utiliser pour véritablement écouter des disques. Il faudrait être à la fois fou et maso pour le faire, d’ailleurs !

Une notice totalement prétentieuse

Nos amis japonais ont fait très fort, en matière de communication. Démêlons le vrai du faux…

- le plus petit tourne-disque du monde… Vrai, nous venons de le prouver

- « a must for every DJ or music lover »… Faux, nous venons aussi de le prouver : un DJ ou un amoureux du disque ne laissera jamais personne labourer ses pièces de collection. Et le terme « labourer » est loin d’être exagéré. Songez: rien que les piles pèsent déjà 200 grammes. Avec le camion, on arrive allègrement à 300 ou 350 grammes. Quand on sait qu’une tête de lecture bien équilibrée ne doit pas peser plus de 4 ou 5 grammes!

- C’est une pièce de collection… Vrai, car les premiers Sound Wagons, fabriqués aux Etats-Unis, étaient introuvables depuis les années 30. Mais eux ils étaient en carton, pas en métal. Donc le risque d’abîmer les disques était moindre

Mais les Japonais n’étaient pas les seuls à ressusciter des procédés anciens

Comme on dira plus tard, en France, on n’a pas de pétrole mais on a des idées. Et tant pis si ces idées présentées comme originales n’étaient que la réactualisation d’idées beaucoup plus anciennes qu’on avait oubliées depuis belle lurette.

Le Tournidol, une invention française

En 1966 le magazine "Salut les Copains" et Banania mettent en commun sur le marché le Tournidol, un centreur pour 45 tours constitué d'une statuette en couleurs d'une des idoles de l’époque ; d’où son nom, Tourne, Idole. La série est inaugurée avec Sheila, Claude François, Hugues Aufray, Petula Clark et Hervé Vilard, tandis qu'une société concurrente, "Productions V", propose les micro-bustes, toujours, comme on disait à l’époque selon la formule consacrée, de vos idoles préférées (Sheila, Claude François, Lucky Blondo et Eddy Mitchell). Or ce genre de petits objets destinés à tourner en même temps que le disque et jouant simultanément le rôle de centreur existait depuis 1915 ; à l'époque, en règle générale, il s'agissait de petites figurines… mais on vit même un sapin de Noël rotatif !

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