Dorothée : le verre à moitié vide, le verre à moitié plein

La guerre fait rage entre les médias et le producteur de la célèbre ex-animatrice de télé.
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Dorothée s'est produite samedi dans un Bercy à moitié vide. Depuis, ceux qui affirment qu’il s’agit d’un bide s’affrontent à ceux qui parlent d’un triomphe. On se croirait au comptage d’un nombre de manifestants durant une manif’ antigouvernementale : un triomphe selon les estimations des organisateurs, un échec selon les forces de police. Blague à part, tentons de faire le point…

Premier round : Dorothée et Bercy. Histoire d’amour ?

Indiscutablement Dorothée remporte le premier round : plus fort encore que Johnny Halllyday («Une bête de scène», comme disent les médias depuis 50 ans), Dorothée avait rempli à 58 reprises le Palais Omnisports de Paris-Bercy entre 1990 et 1996.

«Personne n'a d'ailleurs réussi à égaler ou dépasser ce chiffre incroyable. Mais les temps changent !» commente le site chartsinfrance.net.

Deuxième round : le verre à moitié vide

La tournée 2010, officiellement reportée à 2011 mais officieusement purement et simplement annulée faute de réservations, ne proposait plus que deux concerts : le 17 décembre à Lille et le 18 décembre à Bercy. Or, quelques semaines auparavant, même Paris semblait bien donner des sueurs froides à Jean-Luc Azoulay, le producteur de la chanteuse. Selon ses déclarations sur LCI, relayées par le site d' Ozap , 40% seulement des places avaient trouvé acquéreurs.

«On a encore un mois. Il reste un peu de boulot ? C'est normal, c'est une période difficile, c'est le jour des départs en vacances», avait avoué Azoulay.

Vraiment vide… ou une impression de vide ?

La configuration d’une salle de concert, indépendamment du nombre de places vendues par rapport au nombre de place disponibles, joue beaucoup dans le sentiment, l’impression de vide, et ça s’explique :

«Je tiens à préciser que la configuration de Bercy adoptée (2000 spectateurs debout, 6000 assis) a été choisie dès le départ par Gilbert Coullier et moi-même puisque c'était celle que nous jugions la mieux adaptée pour ce concert. Jamais nous n'avons rapproché la scène ni changé cette configuration qui je le répète faisait partie intégrante de la conception de ce spectacle», se défend Azoulay.

Troisième round : le verre à moitié plein

Azoulay entre en guerre contre les médias qui ont dénoncé le manque de réservations :

"Dorothée a triomphé à Bercy ! Heureusement des centaines de milliers de téléspectateurs ont pu suivre ce concert en direct sur IDF1, sur le Net, sur YouTube et sur Dailymotion et constatèrent de visu que la salle était pleine et que l'ambiance était extraordinaire. N'en déplaise aux fâcheux, aux aigris, aux imbéciles, Bercy était plein malgré la neige, et l'ambiance était extraordinaire pendant les 3h30 du concert. Pourquoi certains médias ont-ils essayé de minimiser ce triomphe comme ils avaient tenté de le faire avant l'Olympia d'avril, je me le demande encore. Sans doute par bêtise, par rancoeur, par non professionnalisme".

Non professionnalisme

On peut comprendre la réaction du célèbre producteur qui semblait certain que des journalistes parmi les plus réputés ne feraient pas l’effort de venir au concert, allant jusqu’à les soupçonner de –quand même !- écrire un compte-rendu :

«Un certain Emmanuel Marolle du Parisien (qui n'a pas assisté au spectacle) titre sa chronique : « Dorothée ne me dira pas Bercy »? Quel humour ! Pour étayer son papier, il cite forcément «de mystérieux informateurs», bien entendu plus fiables pour lui que les producteurs ou mieux, que la constatation des faits (il n'a pas assisté au concert puisqu'il est bien évident qu'un vrai «journaliste» ne se déplace pas). Heureusement sa consoeur Marie Sauvion qui elle a assisté au spectacle remet les choses en place en faisant une excellente critique».

Dernier round : la réplique des médias…

Les médias, Le Parisien en l’occurrence, réplique, par la voix du principal accusé, Emmanuel Marolle :

"Dorothée fait toujours causer. C'est déjà ça. Rassurez-vous, on ne va pas faire tout le Réveillon là-dessus. Mais je tenais à préciser deux ou trois petites choses, après les déclarations de Jean-Luc Azoulay, aujourd'hui, qui me fait passer pour un menteur ou un journaliste incompétent. Je ne suis pas allé au concert de Dorothée à Bercy samedi. Ma camarade Marie Sauvion y était pour "Le Parisien" et a raconté le show. Cela n'empêche pas de dire préalablement que Bercy sera à moitié vide, ce qui a été le cas. Nous l'avons expliqué dans le journal de samedi. Jean-Luc Azoulay a oublié de dire que l'Agence France Presse a raconté exactement la même chose que moi et parlait même de 6000 spectateurs sur 18 000 potentiels. Il dit que je ne suis pas allé au concert puisque, bien sûr, les "vrais journalistes" ne vont pas au concert. Je ne vois pas ce qu'il veut dire. Ou plutôt si. Le producteur de Dorothée nous ressort le couplet habituel sur les vrais artistes populaires méprisés par des professionnels hautains".

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