Elvis Presley : les années Parker

Le livre ROCK DEGLINGUE (édition CAMION BLANC) passe en revue les vies torturées des rockers dézingués
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Elvis Presley était totalement sous la coupe de son manager, Tom Parker, soi-disant Colonel. Peut-être Elvis eut-il un sursaut, sur la fin de sa carrière, mais rien n'est moins sûr. Si la carrière du King s'est finalement ressaisie, après de trop longues années artistiquement contestables sinon franchement inintéressantes, ce crédit est plus probablement à porter au compte du Colonel Parker en personne : il venait certainement de réaliser qu'en continuant à laisser son poulain glisser sur la mauvaise pente, il verrait fondre, comme gomina au soleil, les revenus du King... dont il empocha le quart de 1956 à 1966, puis la moitié de 1967 à 1977.

Parker était-il détenteur d'un secret gênant ?

Certains ont suggéré que le Colonel connaissait un secret concernant Elvis que celui-ci tenait par-dessus tout à dissimuler. Le fait que Tom Parker soit resté vingt ans son manager apparaîtrait alors comme un marchandage, le prix de son silence.

Du chantage,  quoi !

Dans le même ordre d'idées, on raconte qu'une clause du contrat qui liait les deux hommes prévoyait un dédommagement de cinq millions de dollars dans le cas où Elvis se séparerait de son manager. Une troisième interprétation, pas plus prouvée, mais pas plus fantaisiste que les précédentes, suggère que Parker détenait un "dossier sensible" concernant le père d'Elvis qui avait eu, à une époque, des démêlés avec la justice. Vernon Presley avait été incarcéré de juin 1938 à janvier 1941. Elvis, qui était gamin, pouvait fort bien pu avoir été traumatisé de savoir son père derrière les barreaux et en garder une irrépressible terreur qu'exploita Parker. L'absence du père, d'ailleurs, se prolongea encore cinq ans : il travailla dans une usine d'armement à 150 kilomètres du domicile familial de Tupelo. Sans être orphelin, de l'âge de trois ans et demi à celui de onze ans, Elvis n'a pas connu son père. L'absence du père et le décès à sa naissance de son frère jumeau expliquent pourquoi Elvis reporta tout son amour, un amour presque excessif, sur sa mère.

La mort de sa mère adorée

C'est durant son service à Fribourg, en Allemagne de l'Ouest (un 14 août, alors qu'Elvis mourra, lui, un 16 août) que survient le décès de sa mère Gladys, à l'âge de 42 ans, l'âge auquel mourra Elvis. C'est du moins ce que retiendra la légende. Car en réalité les papiers d'identité de Gladys, comme ceux de son mari Vernon, étaient falsifiés ; elle avait 46 ans. Et elle n'est pas morte d'une crise cardiaque, comme il fut dit à l'époque, mais d'une cirrhose du foie qui provoqua, effectivement, une défaillance cardiaque (le Livre d'or du rock'n'roll oublie d'indiquer qu'elle était alcoolique notoire, ça fait mauvais genre). Elvis et Gladys s'adoraient ; elle n'a pas supporté leur séparation. Elvis n'était pas auprès d'elle au moment du drame. Prostré, il restera neuf jours enfermé dans sa chambre.

Parker, une forte personnalité ?

La personnalité du Colonel Parker était-elle plus forte que celle d'Elvis, au point de représenter pour lui une sorte d'autorité parentale dont il avait un besoin vital ? C'est notamment Parker qui choisit la date du mariage entre Elvis et Priscilla ; les tourtereaux s'étaient rencontrés en 1959, mais mariés seulement en 1967 (leur ménage commença à chavirer dès l'année suivante). Leur fille, Lisa « Marie », doit son deuxième prénom au Colonel, dont l'épouse se nommait Marie Mott Ross. Ceux qui connaissaient l'amour que portait Elvis à sa mère, se seraient plutôt attendus à ce qu'il prénomme sa fille Lisa « Gladys ». En un mot comme en cent, Elvis était sous influence. Sous l’influence du Colonel Parker (à suivre en cliquant ic i).

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