Evènement sur A2, mardi 16 : "La Fin du monde" d'Abel Gance

Idéaliste, utopique, naïf, voire même raté: on a tout dit sur ce film. Et surtout qu'il ne faut pas manquer sa diffusion en tant que curiosité
Advertisement

C'est déjà l'occasion de voir Abel Gance en tant que comédien, d'après le livre de Camille Flammarion, dans son premier film parlant. Un privilège rare! Mais c'est également l'opportunité de voir un film rarissime à la télévision (on peut en revanche le trouver en DVD). C'est le mardi 16 octobre sur A2. Cette pépite tournée en 1930 sortit sur les écrans parisiens en janvier 1931.Une version édulcorée du film fut présentée aux Etats-Unis en 1934 mais durait moins d'une heure.

Les personnages et les acteurs

Jean Novalic (Abel Gance) et Geneviève de Murcie (Colette Darfeuil) sont amoureux. Le père de Geneviève (Jean d'Yd) n'obtient pas le prix Nobel, on lui préfère Martial Novalic (Victor Francen), grand frère de Jean. Schomburg (Samson Fainsilber), qui désire Geneviève plus que tout, profite de la fureur de Mr de Murcie pour demander Geneviève en mariage. C'est en cette période de troubles que Martial, éminent astronome, découvre qu'une comète va s'abattre sur la Terre dans une centaine de jours.

La Fin du monde : L'histoire

La fin du monde est proche et la population prend peur. Dans l'affolement général, l'astronome parvient à instaurer une République universelle... Mais la comète ne fera qu'effleurer le globe terrestre…

L'utopie

Les deux frères Novalic symbolisent l'un le Rêve, l'autre l'Action. Jean Novalic, véritable prophète, voudrait sauver l'humanité, mais la foule se moque de lui. Son frère Martial, astronome réaliste et actif s'oppose à deux puissants financiers, Schomburg et Werster. Des femmes aimantes, jalouses, pantelantes, passent des uns aux autres. Or Martial découvre qu'une comète se précipite à la rencontre de la Terre. Le risque de la catastrophe révélé bouleverse la vie des hommes. Les uns s'adonnent aux plaisirs et à la débauche; les autres tentent de se ressaisir, pensent échapper à la destruction et lancent l'idée d'une République groupant toutes les nations et bannissant les guerres. Dans la panique générale, les conflits sentimentaux s'exaspèrent. Mais la comète qui vient d'effleurer la Terre s'éloigne. Avec une allégresse profonde, les hommes vont pouvoir se consacrer à leur bonheur et à la prospérité dans une fraternité générale.

L'avis d'un spécialiste très déçu, Roland Emmerich

Le cinéma parlant a fait beaucoup de mal à Abel Gance qui n'a jamais vraiment su y faire face. Si on ajoute les nombreux problèmes financiers et de montage du film, on comprend mieux l'origine de cette pagaille à l'écran. Il faut dire les choses comme elles sont : "La fin du monde" est mauvais. Un son exécrable, une profondeur de champ qui change sans prévenir, des personnages qui se retrouvent soudain flous, un cadrage plus que douteux et un scénario qui s'égare sans cesse sans jamais vraiment choisir une direction.

Va-t-on suivre les péripéties liées à ce trio amoureux ou allons-nous lui préférer cette histoire de comète christique ? Comble du comble, Abel Gance, qui s'est octroyé le rôle du poète la tête dans les étoiles, incapable d'aimer, n'est pas crédible une seconde et devient rapidement exaspérant à réciter son texte comme un élève devant son maître d'école, les yeux au plafond. Un film à oublier dans la filmographie d'Abel Gance (qui a dit un de plus ?).

Pire encore : l'avis du réalisateur

En 1964, Abel Gance déclara :

"C'est un désastre. Je trouve tout le film exécrable. Le jeu des acteurs, moi y compris, est ridicule. Et le sujet est invraisemblable".

Advertisement
1

Culture