Grande soirée Abba sur France 3 le 29 août

Le groupe, séparé depuis près de 30 ans, passionne encore. Rétrospective "à la française" ce soir à la télé
16

A moins que vous ayez furieusement envie d'entendre Annie Cordy ou Arielle Dombasle reprendre des titres du grand groupe suédois, prenez le temps, plutôt, de réécouter les versions originales...

1974 - 1982 : les années Abba

En 1974, participer à l'Eurovision, pour des Suédois, s'impose pour toucher l'Amérique et l'Angleterre qui, sans cela ne prêtent quasiment jamais l'oreille à ce qui vient du continent européen. Les quatre Abba avaient été « recalés » en 1973 ; il leur fallait proposer une meilleure chanson l’année suivante

Le choix de la chanson se restreint…

Ce sera "Hasta Manana" ou "Waterloo". Le premier est typiquement dans le moule de ce que l'on présente ordinairement à l'Eurovision, mais, justement, présente le risque d'être noyé dans la masse. Décision est prise de prendre le risque de l'autre titre, moins conventionnel, mais également beaucoup plus jouissif à interpréter.

Un bon choix, finalement !

Le groupe remporte la victoire haut la main, le succès mondial est immédiat (1974). "Waterloo" a été enregistrée en anglais, suédois, français et allemand. Un deuxième album (« Waterloo ») voit très rapidement le jour ; le troisième, qui sort en 1975 et s’intitule simplement « Abba » coïncide avec une vaste tournée européenne, suivie en 1977 par une tournée dite « mondiale » (au Royal Albert Hall de Londres, la demande de tickets fut si massive qu’on calcula qu’Abba aurait dû y donner 625 concerts pour satisfaire la demande !).

Une tournée mondiale qui exclut les U.S.A.

La visite du continent nord-américain sera beaucoup plus tardive : parvenu au « top », le groupe considère que séduire les Etats-Unis via les tournées serait trop épuisant. Ce n’est qu’en conquérants, après y avoir vendu énormément de disques, que les quatre jeunes gens se rendront aux States pour s’y produire en public (1979). Leur plus gros succès là-bas est très certainement « The Visitors », titre qui touche directement les Américains puisqu’il traite du problème des dissidents soviétiques ; mais revenons en 1975, année qui marque le début d’une série de singles implacables, de très grande qualité, qui les conduira à devenir l’année suivante le groupe le plus populaire de la planète : « I Do, I Do, I Do, I Do, I Do », « S.O.S. », « Mamma Mia », « Fernando », « Money Money Money », « Dancing Queen », « Chiquitita ». Au total, du temps de leur existence en tant que groupe, c’est une vingtaine de singles que les quatre Scandinaves inscriront dans les hit-parades du monde entier. En Angleterre, par exemple, ils accumulent 18 hits consécutifs dans les dix meilleures ventes. Un record partagé avec seulement cinq grands noms : Beatles, Stones, Presley, Cliff Richard et Madonna.

Un album « Greatest Hits » se vend à millions en 1976

Le quatuor qui a acquis une certaine maturité va désormais enregistrer de vrais albums, et non plus de simples collections de chansons à succès. C’est le cas de « Abba – The Album ». Le changement est très perceptible dès novembre 1976 avec la parution de « Arrival » qui mérite le respect dû à une véritable œuvre de studio d’envergure, tout en continuant à alimenter le marché du single (qui, à l’époque, se porte fort bien) avec des perles comme « Knowing Me, Knowing You » ou « The Name Of The Game ». On peut considérer qu’à partir de 1977, Abba peut satisfaire les deux publics, adolescents et auditeurs adultes. Le groupe, bien sûr, est souvent victime d’un certain snobisme ; si leurs musiques et leurs arrangements sont inattaquables, leurs textes peuvent parfois paraître sibyllins. A leur décharge, il faut se rappeler qu’ils sont suédois et, en tant que tels, ne peuvent pas manier l’anglais aussi brillamment que Lennon et McCartney.

La planète danse aux sons de Abba

En 1979, Abba, qui a bien investi les discothèques depuis "Voulez-Vous", s'apprête à enfoncer le clou avec le méga-tube "Gimme ! Gimme ! Gimme !" sur lequel dansera toute la planète. Comme les Beatles le firent en 1965, c'est sans avoir conscience qu'ils se présentent pour la dernière fois sur scène que Abba s'embarque pour le Japon. Mais, à l'opposé des Beatles qui restèrent plus ou moins soudés, en ce qui concerne Abba, la fin des concerts marque aussi la fin du groupe et la fin des deux couples : Bjorn, déjà séparé d'Agnetha depuis plus de deux ans, épouse une certaine Lena, et Benny quitte Frida pour épouser Mona Norlit, présentatrice de télé. Inutile de préciser qu'après leur séparation, deux ans plus tard, les compilations se multiplieront...

En 1982, il est conclu d'un commun accord qu'une retraite provisoire de deux ans est accordée à chacun pour mener à bien des projets solitaires (Agnetha, Frida) ou en tandem (Benny et Bjorn). Mais plus le temps s'écoule et plus il s'avère difficile de les réunir. Après deux albums fabuleux ("Super Trouper" en 1980 et "The Visitors" en 1981) allaient-ils sortir leur grande oeuvre (à suivre en cliquant sur le lien précédent)?

Sur le même sujet