Histoire d'une chanson: "Souvenirs souvenirs" par Johnny Hallyday

Cette chanson, aujourd'hui légendaire, figurait sur son deuxième disque vinyl paru en 1960
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La date du 3 juin 1960 est historique : c'est celle de la parution du super 45-tours "Souvenirs souvenirs". Un titre tellement fort qu'il en fit oublier les trois autres qui figuraient sur le même disque : "Pourquoi cet amour" / "Je cherche une fille" / "J’suis mordu" (la référence du disque original est Vogue EPL 7755). Il en existe un tirage très rare sur vinyl rouge, de référence 45T simple promo Vogue 45-741 ; sa cote est très élevée :250 € . Plus rare encore : la version en anglais / Not Get Out (45T simple Vogue 45-764, lui aussi sur vinyl rouge et coté 400 €.

Souvenirs souvenirs...

Arrêtons-nous quelques instants sur cette chanson qui est, non seulement, un titre majeur dans l’oeuvre de Johnny, mais, aujourd’hui, indiscutablement l’hymne français des années soixante (au même titre que Satisfaction pour les anglo-saxons; Yesterday , beaucoup plus intemporaire, sera certainement considérée comme chanson du siècle, catégorie “anglo-saxons”, tandis que Ne me quitte pas sera son pendant francophone).

Avec "Souvenirs souvenirs", Johnny a véritablement gagné ses galons de star

Cette chanson lui colle totalement à la peau et, Johnny devenant rapidement le représentant de la jeunesse française, Souvenirs souvenirs va devenir, ne serait-ce que par son thème, la chanson-phare, la chanson-clin d’oeil, la chanson-référence de toute une génération. Impossible de dénombrer les émissions de radio, de télé, les rubriques de magazines, voir même les magasins, qui furent affublés du titre “Souvenirs, souvenirs” (dont l’indispensable et passionnant ouvrage-témoignage de Maurice Achard paru chez Flammarion en 1998).

La France s’est véritablement appropriée la chanson

Pourtant ce fabuleux titre, qu’on croit taillé sur mesures pour Johnny, est une adaptation ! T’aimer follement , 24 000 baisers , Itsy Bitsy petit bikini , Le p’tit clown de ton coeur , Tu parles trop ... Tout le monde sait qu’il s’agit d’adaptations. Mais, curieusement, on a bien du mal à se mettre en tête que Souvenirs, souvenirs en est une aussi. Il s’agit, circonstances atténuantes, d’un titre excessivement obscur : composé par Cy Coben, Souvenirs (c’est son titre original) fut traduit, à partir d’une partition en allemand, et interprété par deux artistes inconnus, Bill Ramsey et Barbara Evans. Le disque n’ayant pas vu le jour en France, il est arrivé, on ne sait comment, à l’attention exclusive de la firme Vogue qui l’a immédiatement confié à Johnny et à Rita Cadillac. Un bon point, donc, pour la société qu’on a souvent critiquée, quant à son attitude envers notre idole (ce ne sera pas la seule fois où Vogue lui impose une chanson : le cas se reproduira sous peu avec 24 000 baisers , que Johnny, quant à lui, n’aurait jamais pensé à enregistrer, considérant la version originale comme parfaite).

Une version en anglais fut également enregistrée

A l'époque, on ne la trouva pas en France, elle était à l’intention du marché étranger (Israël, Italie). Les collectionneurs n’eurent accès à ce véritable Graal que sur le 33 tours de réédition Vogue 509 089 ou, le 15 juin 1993, lors de sa publication en CD dans “l’intégrale-guitare”.

Signalons enfin que les collectionneurs les plus pointilleux vont jusqu’à traquer, sur les pochettes, la présence ou l’absence de virgule entre Souvenirs et souvenirs .

Après "Souvenirs souvenirs", Johnny allait particulièrement se distinguer avec "L'Idole des jeunes", en 1962 ( cliquer ici )

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