Il a 50 ans sortaient les premiers disques d'Eddy Mitchell

En attendant son intégrale en 38 CD prévue pour septembre, retour sur l'histoire d'Eddy Mitchell, indissociable de celle des Chaussettes Noires

Au milieu des années 50, une bande d'allumés (sont-ils plus de 500 dans tout le pays à aimer le rock'n'roll ?) se retrouve chaque après-midi, ou presque, pour comparer les nouveaux disques que l'un ou l'autre a pu glaner, car acquérir un disque de rock en 1956, c'est un exploit. On aura finalement plus de respect pour celui qui aura pu mettre la main, le premier, sur "Be Bop A Lula" ou "Rock Around The Clock", que pour celui qui aura su mener à bien une sévère baston !

C'est le temps des bandes et, sous peu, des blousons noirs

A Paris, du côté de la Gare Saint-Lazare, du Sacré-Cœur ou de la Trinité, c'est le quartier général de Jean-Philippe Smet, futur Johnny Hallyday, mais c'est surtout un incroyable creuset de futures vedettes qui, pour l'instant, ont toutes à peu près treize ans ! Jean-François Grandin : dans sept ans, il sera connu sous le nom de Frank Alamo... Daniel Deshayes, lui, sera connu dans cinq ans sous le nom de Dany Logan, chanteur des Pirates... Jacques Dutronc, futur membre du groupe "El Toro et les Cyclones"... Christian Blondieau, futur leader des "Dalton" sous le pseudonyme de Long Chris. Il y a également des gamins qui vont se faire connaître, dans un domaine ou dans un autre : Jean-Pierre Léaud qui, dans trois ans, fera les 400 coups avec François Truffaut... Jean-Bernard Hébey qui deviendra star de "R.T.L.", cette station qui s'appelle Radio Luxembourg pour encore dix ans... Dominique Walter, moins connu, fils de Michèle Arnaud et futur interprète de la chanson "Les Petis Boudins", succès de 1967... et Claude Moine.

Claude Moine... de qui s'agit-il ?

Issu d'une famille plutôt modeste, Claude Moine naît à Paris le 3 juillet 1942. Son signe astral révèle qu’il possède la douceur, la pondération et le goût du rêve qui caractérisent le cancer "mais il ne serait peut-être pas l'excellent chanteur de rock qu'il est devenu si, dans son thème de naissance, Mercure ne le rattachait à la famille des Gémeaux ("Salut les Copains" n°24). Dans son n°43 de juin 1999, le magazine du Club Eddy Mitchell propose un thème astral légèrement différent, réalisé par Michèle Da Silva, considérant qu'Eddy est un Cancer ascendant Balance.

Sa mère travaille à la banque, son père à la RATP

Ce père dynamique communique rapidement sa passion du cinéma a son fiston. Le soir, fréquemment, le père d'Eddy se rend à un match de boxe ou de catch. Mais, surtout, il va au cinéma deux fois chaque après-midi. Dès que son gamin sort de l'école, il l'amène avec lui. "Papa Mitchell" commence son travail très tôt chaque matin, mais, comme il n'a pas besoin de beaucoup de sommeil, il est libre chaque jour à quatorze heures et profite pleinement de ses après-midi. C'est ainsi que, très tôt, Eddy s'éveille aux deux arts qui vont justifier son existence : le cinéma et le rock'n'roll.

Il découvre le rock très tôt

Le père Moine ne fera rien pour encourager cet engouement. Mais rien non plus pour s'y opposer ! En fait, il ne s'en soucie guère car la musique l'ennuie.

La révélation, pour Claude, a lieu en 1953. Il a onze ans. A cette époque, on se doit d'être sectaire. Il ne s'agit pas simplement d'être fan de rock, encore faut-il farouchement adorer un artiste, un seul, au point de (faire semblant de) mépriser tous les autres. Le véritable fan d'Elvis, en théorie, se doit de maudire ou, tout au moins, d'ignorer, par exemple, Jerry Lee Lewis ou Chuck Berry.

Agé de quinze ans, Claude assiste à un concert de Bill Haley

Mais il vénère également Gene Vincent (il interprètera un nombre incalculable de ses titres, et lui dédiera "Goodbye Gene Vincent" en 1979). Immédiatement, l'envie de chanter le démange. Sa voix, indiscutablement, est digne d'intérêt. Et puis, nonchalant, il ne perd pas de vue que, dans toute formation, le chanteur est le seul qui n'a pas l'obligation de trimballer un instrument ! Il se produit dans les bals, bien obligé d'interpréter les succès à la mode. Il ne va pas tarder à ressentir son impact sur le public…

Le 2 février 1957, il chante pour ses collègues du Crédit Lyonnais, à quelques pas du Golf Drouot

C'est sa première séance : au programme de ce spectacle organisé par le Comité d’établissement, il est présenté comme “artiste fantaisiste” ! Claude réalise immédiatement qu'il n'est pas véritablement destiné à rester garçon de café à Saint-Cloud, et pas d'avantage agent d'assurances ou coursier au "Crédit Lyonnais" ! De Belleville à Nashville, il traînera ses santiag sur toutes les scènes, dans tous les studios d'enregistrement.

Son premier groupe, on l'imagine aisément, s'est soudé autour d'une passion commune pour le rock'n'roll. Eddy en est immédiatement devenu le leader, en raison, certes, de sa personnalité, mais également parce qu'en règle générale l'attention du public se focalise sur le chanteur. Ce sera le cas puisqu’après de longs mois AVEC les Chaussettes Noires, il entamera une carrière en solo devenant à tout jamais le grand Mitchell .

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