Il y a 50 ans sortait le premier disque de Sylvie Vartan

Elle était inconnue, son nom était écrit en tout petit sur la pochette d'un disque de Frankie Jordan. En tout petit !

Un frère chef d'orchestre, une chanteuse qui ne peut pas assurer un engagement, une jeune fille de 17 ans qui n'a jamais chanté de sa vie : c'est la recette de son succès.

Retour sur 50 ans de carrière...

Des débuts pas bien roses

Les premières années de la vie de Sylvie Vartan furent assez pénibles (elle les évoque dans La Maritza ). Ses parents habitaient Sofia, en Bulgarie, mais durent quitter la capitale en 1944 en raison des combats qui s'y livraient. Sylvie naît donc en province. Elle fait sa première apparition au cinéma à l'âge de six ans : elle est figurante dans le film bulgare Sous le joug . Mais c’est en France que tout va arriver…

Le père Vartan, attaché de presse à l'ambassade de France, s'établit dans l'Hexagone

Au terme d’un voyage très éprouvant de trois jours et trois nuits dans le train, la famille Vartan arrive à Paris le soir de Noël 1952 pour découvrir que les promesses de travail étaient hasardeuses. Papa Vartan se retrouve sans emploi. Victimes de la crise du logement, les Vartan passent quelques temps dans des garnis miteux ; Sylvie se souvient des souris dans sa chambre. Les meilleurs souvenirs qu'elle garde de cette époque sont les jeudis après-midi qu'elle passait à faire du patin à roulette aux Tuileries.

Son premier enregistrement, Panne d’essence , remonte à 1961

On reste étonné par cette voix haut perchée, qu'elle a perdue dès le disque suivant et qu’elle n’aura plus jamais sur aucun autre enregistrement. Normal : la chanson, en effet, ne lui était pas destinée et donc ne fut pas composée pour son registre vocal. A l'origine, Frankie Jordan, aujourd’hui dentiste de renom, devait enregistrer Panne d’essence avec Gillian Hills. Mais Gillian était en contrat avec Barclay, firme de disque concurrente de celle de Frankie, RCA. C'est à la dernière minute qu'il apprit sa défection, et chercha autour de lui qui pourrait bien la remplacer au pied levé.

Dans un premier temps, cette chanteuse aurait pu être Dominique Cozette (qui sortira son premier disque en 1967 sous le pseudonyme de Cosette) : « Je fréquentais SLC, en fait j’y étais toujours fourrée après la classe (mes parents rentraient tard, sinon…) et Eddie Vartan y venait souvent. Il m’a demandé si je voulais chanter, c’était mon rêve ...mais pas celui de mon père. J’étais largement mineure, je devais avoir 15 ans ». Eddie Vartan était l’accompagnateur de Frankie Jordan ; c'était un peu dans l'ordre des choses qu’il pense à sa petite sœur, qui était d’ailleurs, de deux ans, plus âgée que Cosette.

C'était parti pour une carrière monumentale

Un an plus tard, les rôles étaient inversés, c'était cette fois Sylvie la vedette, et Frankie Jordan venait chanter sur son disque C'est une drôle de façon . Sylvie était devenue idole par un concours de circonstance, sur l’initiative de son frère. En 1964 avec La Plus Belle pour aller danser , qu’elle interprète dans le film Cherchez l’idole , Sylvie Vartan gagnera ses lettres de noblesse. La chanson est signée Charles Aznavour, déjà responsable de Retiens la nuit pour Johnny Hallyday. Désormais s’estompe le conflit entre “yé-yés” et “croulants”, bien alimenté par les médias. Sylvie a définitivement conquis tous les publics, entreprise déjà entamée en 1962 avec la composition de Jean-Jacques Debout, Tous mes copains .

Son mariage avec Johnny Hallyday fit couler beaucoup d'encre

Et les turbulences que connut leur couple firent vendre beaucoup de journaux. Ils eurent un fils, pour qui Sylvie enregistrera Ballade pour un sourire (1966) et Le Roi David (1969). Il naît le 14 août 1966, mais Johnny est à plus de mille kilomètres de lui et de la jeune maman : il est en concert, à Milan (sa chanson Cheveux longs, idées courtes est alors n°1 en Italie). En revanche, leur ami Carlos assiste aux premiers instants de l’enfant qu’on va longtemps cacher au public.

La vie de Sylvie et Johnny n’est pas de tout repos

Dans son édition du 6 septembre 1966, Ici Paris titre : “Incroyable, on parle déjà de divorce”. Au fil des ans, la séparation semble inévitable . Le triste évènement sera prononcé le 5 novembre 1980. Mais, un jour, leur fils fera d’eux les grands parents les plus célèbres de France. Deux fois grand’ mère (les filles de David et du top-model Estelle Hallyday se prénomment Ilona et Emma), Sylvie Vartan, à la fin des années 90, adopta, avec son mari le producteur américain Tony Scotti, une petite fille d’origine bulgare nommée Darina. Dès lors, la chanson devient vite une affaire de famille, chez les Hallyday-Vartan : pour sa petite fille Ilona, Sylvie enregistre P’tit bateau ... et enfin Darina pour sa fille adoptive. Johnny, lui, décroche un tube avec Laura , prénom de l’enfant qu’il a eue avec Nathalie Baye ( à suivre ).

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