Johnny Hallyday: «Salut les copains», album légendaire de 1961

La parution du nouvel «Argus 2011 Johnny Hallyday» publié par l'éditeur Camion Blanc remet les disques de l'Idole sous les feux de l'actualité
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Les disques de l’Idole sont sortis dans le monde entier. Certains sont rarissimes, et tous les records sont battus par un vinyle de 1966 sorti en Turquie et qui se négocie aux alentours de 10 000€ . Mais en France aussi certains disques sont, en un demi-siècle, devenus légendaires. C’est le cas, notamment, de celui publié pour Noël 1961.

Décembre 1961…

Quelques jours avant Noël, on assiste, chez les disquaires, à la mise en place d’un somptueux album intitulé Salut les Copains! , aujourd’hui rêve et cauchemar de collectionneur. Il en existe en effet une édition “de luxe” fort recherchée, surtout à l’état neuf. En revanche ce disque circule fréquemment en piteux état et incomplet.

L’édition “de luxe” (Philips B 77 374L) possède une pochette en carton dur, et un poster détachable. Bien que coté 500 €, il monta à 655€ en enchères sur internet puis à 671€ en 2008, ce qui prouve à quel point il est recherché. Si le poster est détaché, mais présent, le disque perd 10% de sa valeur. Si le poster est absent, c’est pire ! Il vaut mieux, dans ce cas, se rabattre sur l’édition “courante” (pochette glacée, valeur 100€ si référence originale, ou 50€ s’il s’agit de sa seconde référence, Philips 844 831) ; il existe enfin une réédition au titre modifié : sous référence, non plus Philips, mais Fontana 6444 004, l’album s’appelle Retiens la nuit (coté 45 €) et non plus Salut les Copains . A posséder si l’on est complétiste !

Un titre emblématique

Le titre « Salut les copains », c’est évident, est un grand “merci” à l’émission de radio (mais... pas au magazine Salut les Copains , dont le premier numéro ne paraîtra qu’à l’été 1962) qui l’a tant poussé (et, ainsi, se sentira obligée de continuer à le diffuser largement).

Daniel Filipacchi, en 1959, avait repris en mains, sur Europe n°1, l’émission Salut les copains jusqu’alors animée par Suzie, une jeune Américaine. Sous l’impulsion de Filipacchi, SLC - Salut les copains passera d'une demi-heure à une heure et demie, puis deux heures au milieu des années soixante et sera diffusée six jours sur sept. L'émission est alors classée première dans le choix des auditeurs de toutes les radios confondues, devant deux autres émissions d'Europe n°1 ( Les Auditeurs mènent l'enquête et Musicorama ) et le Quitte ou double de Radio Luxembourg.

Parution du premier numéro du magazine « Salut les Copains »

Son co-directeur, Daniel Filipacchi, annonce au micro d'Europe n°1 qu'il envisage de publier tous les ans une sorte d'almanach destiné aux auditeurs les plus fidèles. Or les premiers exemplaires du premier numéro, sorti en juillet 1962, sont vendus en quelques jours et il convient de procéder rapidement à un retirage. " Nous avions prévu de tirer de 100 à 150 000 exemplaires et c'est pour ça qu'on a tablé sur un prix assez cher, à 1,50 NF. C'est comme ça que nous sommes devenus riches. Si on avait pu prévoir le succès très rapide de SLC, on l'aurait mis à 50 centimes ", raconte Frank Ténot ( Jukebox magazine n°78). Un simple calcul : le mensuel va rapidement passer à un million d’exemplaires… mais son prix en kiosque reste le même !

L’album de Johnny

La sélection des morceaux le composant s’avère généreuse pour le fan qui se voit offrir, non pas douze morceaux, comme un album ordinaire, mais quatorze. Aujourd’hui, on parlerait de “titres bonus” : Salut les Copains rassemble le contenu des trois super 45 tours Philips, soit trois fois 4 titres, somme enrichie de deux nouveaux titres inédits : Retiens la nuit et Sam’di soir , compositions de Charles Aznavour et de son beau-frère Georges Garvarentz, et qui figurent dans le film “Les Parisiennes” (de Vadim), durant lequel Johnny a “sympathisé” avec Catherine Deneuve. Pour ceux qui hésiteraient encore à acheter l’album (quoi qu’à Noël, tout paraît permis), le colossal succès de la chanson Retiens la nuit (n°1 au hit-parade cinq mois d’affilée, de janvier à mai 1962) incite la firme Philips a en commercialiser trois éditions en petit format, 45 tours vinyl .

Les trois éditions de « Retiens la nuit »

Deux sont excessivement faciles à trouver car il doit en exister un bon million d’exemplaires, la troisième est en revanche introuvable.

- Retiens la nuit , et Sam’di soir figurent au menu d’un 45 tours simple aujourd’hui fort recherché, car pourvu d’une pochette inédite, photo extraite du film. Sa référence est Philips 372 946 et il est coté 100 € (dépourvu de sa pochette photo, il chute à 20€).

- l e super 45 tours à quatre chansons “ Retiens la nuit ” paraît sous deux pochettes légèrement différentes, toutes deux illustrées d’une photo extraite du film “Les Parisiennes” sur laquelle on voit Johnny en compagnie de Catherine Deneuve. Le disque connaît un tel succès que les deux éditions sont, encore aujourd’hui, faciles à trouver dans une fourchette comprise entre 10 et 15€ (référence Philips 432 739)

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