Joyeux anniversaire, le CD ?

Il y a 30 ans (octobre 1982) sortait le premier disque compact. Une révolution! Mais l'engin résistera-t-il à la dématérialisation du son?
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C'était il y a trois décennies ; les premiers CD sortaient des usines japonaises Sony. Officiellement le premier CD fut celui de Billy Joel, "52nd Street". mais bien sûr il y en avait eu d'autres avant, à titre de tests.

Contrairement à un VINYL, le défilement des données devant la tête de lecture numérique doit être constant. La vitesse de rotation du CD est par conséquent variable, de 500 tours/minute pour lire les secteurs du centre du disque, à 200 tours/minute pour lire les secteurs externes.

1982... Seconde grande révolution dans le monde du disque

Après le microsillon, qui avait fait disparaître le 78 tours, le CD s’apprête, à son tour, à enterrer le microsillon. Ce remplacement ne sera certes pas instantané (il faudra plusieurs années pour que le CD soit accepté dans le monde entier) mais, une fois rentré dans les mœurs, le CD surmultipliera les ventes de disques.

Qu’est-ce qu’un CD ?

En décembre 1982, Sony présente la platine à laser CDP 101. La base du système repose sur un petit disque de 12cm aux pistes formées de millions de trous minuscules et lu par un faisceau laser sans le moindre contact. Rien ne peut, en principe, altérer une audition parfaite: ni usure, ni marques, ni poussière. C’est, indique Sony, la fin du pleurage, du scintillement, du souffle. Au moment de l’enregistrement, la musique est découpée en échantillons successifs, puis codée sous forme de nombres. La capacité d’encodage est immense: six milliards d’informations par disque! La densité des informations musicales codées sur le CD se traduit en langage technique par un nombre clé: 16 bits, c’est-à-dire 16 unités de bases binaires. Ce nombre caractérise l’échantillonnage déterminé pour restituer intégralement la musique enregistrée. Le moindre instrument d’un orchestre symphonique devient, dès lors, parfaitement audible, jusque dans l’extrême grave.

Laser: attention danger!

Durant quelques temps, certains CD étaient accompagnés d’un petit sticker jaune estampillé “Laser class 1”. Contrairement à ce qu’on a pu croire, il ne s’agissait pas d’un modèle de qualité supérieure, mais d’un lecteur dont le rayon laser n’a pas une longueur d’onde dangereuse. Car certains sont dangereux, notamment pour les yeux. Mais ce danger est expliqué dans la notice explicative; il suffit simplement de ne pas dévisser le capot protecteur.

Un avantage sur le microsillon : la programmation.

Le CD amène de nouvelles habitudes dans notre manière d’écouter un disque, grâce à la touche “repeat” qui permet d’écouter inlassablement le même titre ou l’album entier, et grâce à la programmation qui permet d’écouter seulement les titres désirés, et dans l’ordre souhaité; ce gadget, néanmoins, concerne peu les amateurs de musique classique dont on imagine mal qu’ils puissent souhaiter écouter une oeuvre de manière partielle ou désordonnée.

Les premières platines à laser sont commercialisées en 1982

Le passage de l’ancien au nouveau système va prendre plusieurs années. En douceur, ce qui fit croire que vinyle et CD allaient cohabiter. Cinq ans plus tard, on pouvait encore imaginer le magasin de disques de l’an 2 000 harmonieusement partagé, à parts égales, entre microsillons et compact-discs. Mais c’était compter sans l’arrivée du “walkman”: le consommateur ayant pris l’habitude de se "balader en ballades", accompagné d’un récepteur radio ou d’un lecteur de cassettes, il ne faudra guère longtemps pour qu’il décide d’agrémenter ses déplacements de l’écoute d’un CD.

1987 : les ventes de CD ont rattrapé celles du vinyle

Ensuite la courbe n'a plus cessé de s'inverser et, à la fin du vingtième siècle, le vinyle, dont on annonçait pourtant souvent le retour en force, ne représentait pratiquement plus rien sur le marché du disque.

Le CD est-il inaltérable?

Oui, à l’usage (ce qui n’est pas le cas du microsillon qui souffre un peu plus à chaque passage du diamant) en revanche, le CD ne serait pas éternel, contrairement à ce qu’on avait tendance à croire. Tout comme dans le feuilleton Mission: Impossible , il s’autodétruirait. Sur notre petite planète, rien n’est véritablement éternel, et le corps humain pas davantage que le CD. En conséquence, nos oreilles seront très certainement usées avant nos CD !

D’autres bouleversements sont-ils à attendre ?

En théorie non : il y a fort à parier que le support de l’enregistrement va totalement disparaître. Le CD va donc disparaître, comme l’ont fait avant lui le rouleau, le 78 tours et le microsillon, ou tout au moins devenir un objet pour collectionneurs ou nostalgiques. Une niche, en quelque sorte. Pas de quoi inciter l’industrie à plancher sur le sujet d'encore un nouveau support!

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