Kim Wilde, Pat Benatar, Bananarama: le retour des années 80

On dit que la mode revient tous les vingt ou trente ans. On va redécouvrir ces immenses vedettes des années 80, notamment Kim Wilde, à Paris le 18 mars
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« Un disque ne se regarde pas, il s’écoute ! » déclarait le guitariste de Blondie. Néanmoins, sans le sex appeal de leur chanteuse Deborah Harry , les musiciens du groupe seraient peut-être toujours inconnus; c'est que les années 80 avaient tout misé sur les clips vidéo, et donc sur l'image de poupées dansantes et accessoirement chantantes. Du temps de leur splendeur, les poupées en question ont toutes vendu des millions... pardon, des dizaines de millions de disques. Redécouvrons le charme et les chansons de Kim Wilde, Pat Benatar et Bananarama.

Bananarama

Pour beaucoup, le réenregistrement par Bananarama en 1986 du hit mondial « Venus » (1969) marque les véritables débuts de la dance music destinée aux discothèques (aux “boîtes », ou aux “night clubs”, comme on disait à l’époque). Et c’est effectivement “en boîte” que le producteur Peter Waterman rencontrera les trois filles, trois superbes créatures qui passaient toutes leurs nuits à danser.

Le trio anglais s’était officiellement constitué en 1981

Auparavant, les trois amies de longue date (Siobhan Fahey, Keren Woodward et Sara Dallin se connaissaient depuis l’école) avaient pas mal bourlingué dans la sphère punk : il leur arivait de monter sur scène de manière impromptue, notamment pour des concerts d’Iggy Pop, des Jam ou des Nipple Erectors (les futurs Pogues). Le hasard voulut qu’elles habitent dans un appartement situé au-dessus de la salle de répétition de deux Sex Pistols, Paul Cook et Steve Jones, qui les aident à enregistrer une maquette et les présentent à leur manager Malcolm McLaren qui aurait bien aimé les prendre dans son giron.

En 1988 le groupe entra dans le Livre des records Guinness

C'est le groupe féminin ayant inscrit le plus grand nombre de chansons au hit-parade… des titres pas toujours très intéressants, comme leurs reprises du « Help ! » des Beatles ou, pire, du « Na na hey hey kiss him goodbye », tube du groupe Steam (1970) qu’elles auraient été bien inspirées d’oublier. Quoi qu’il en soit, elles ont vendu 50 millions de disques ; ça inspire le respect. Leur plus gros succès, cette reprise de “Venus”, fut, paraît-il, enregistré dans d’étranges conditions : les trois filles avaient trop bu, elles étaient complètement bourrées. Le clip, quant à lui, se déroula également sous d’étranges auspices : l’une des trois était enceinte, et parvint à peine à boucler la fermeture de son jeans moulant en cuir rouge. L’entente parfaite régnait-elle véritablement au sein du trio ? Pas sûr, car en 1988 Bananarama subsistait en duo, Siobhan Fahey ayant quitté la formation pour épouser Dave Stewart d’Eurythmics.

Pat Benatar

Cette Américaine née en 1953 d’un père polonais et d’une mère irlandaise n’avait, au départ, aucune attirance pour le rock. Elle chantait du Judy Garland et personne ne faisait attention à elle. Et puis le soir d’Halloween 1977, elle sortit le grand jeu, se fit sexy, se déguisa en Cat Woman. Avec les mêmes chansons interprétées de la même manière, ce soir-là elle fit un tabac. Elle venait de comprendre que son image était plus importante que son répertoire. Néanmoins, elle n’était toujours pas très rock’n’roll, elle gagnait sa vie en chantant des jingles publicitaires pour Pepsi Cola. Pour sortir du marasme, elle aurait chanté n’importe quoi. Ce qu’elle fit, diront les mauvaises langues… Son premier album, « In the heat of the night », aurait pu être interprété par n’importe quelle autre belle nana, du moment qu’elle ait un bon producteur, l’Australien Mike Chapman en l’occurrence, déjà responsable du succès des stars du glitter que furent Sweet et Suzi Quatro. Le 33-tours contenait des tubes en puissance : « Heartbreaker » et « We live for love ». Le reste de l’album était signé Alan Parsons, John Mellencamp, Mike Chapman et Nicky Chinn. A Pat Benatar s’appliquèrent les formules « presser le citron », « battre le fer tant qu’il est chaud », « on ne change pas une équipe qui gagne », etc. car en moins de deux ans on lui avait fait enregistrer deux autres albums : « Crimes of passions » (août 1980) vendu à cinq millions d’exemplaires, et « Precious Time » (juillet 1981). Le succès persista jusqu’à son huitième album, « Wide awake in Dreamland », publié en 1988. Elle aurait dû continuer à ce rythme car, hélas, le public oublie vite. Il s’écoula trois ans sans nouveau disque. Le neuvième, « True Love » (1991) se vendit dix à quinze fois moins que les précédents. Et les suivants encore moins…

Kim Wilde: le retour

Laurent Voulzy l’a chantée (« Les Nuits sans Kim Wilde », 1986) mais que retiendrons-nous de cette gueule d’amour un peu boudeuse qui réjouissait les écrans cathodiques au début des années 80 ?

Ses disques ont pour titre : en 1981, « Kids in America » (n°2 en Angleterre), "Chequered Love" (n°5 en Angleterre) et « Cambodia » (n°1 en France)… en 1986, sa reprise du « You keep me hangin’ on » des Supremes, n°1 aux Etats-Unis et n°2 en Grande-Bretagne. Elle sera en concert à la Cigale, à Paris, le 18 mars (toutes les places sont déjà vendues). Et son nouvel album, "Come out and play", sort le 28 février.

Kim, née dans une famille d’artistes de seconde zone, avait sa place réservée auprès des siens. Son père, Reginald Leonard Smith dit Marty Wilde, a publié une vingtaine de 45-tours entre 1957 et 1968. Sa mère , Joyce Baker, fit partie des Vernon Girls, groupe féminin qui ne publia que quatre 45-tours. Son frère , Ricky Wilde, a publié quelques 45-tours dans les années 70… la cadette, Roxanne Wilde, née en 1979, dont le prénom est dû au hit de Police, « Roxanne », s’est arrêtée au stade de choriste.

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