La carrière de Karen Carpenter, star des années 70

Son but dans la vie n'était pas de devenir la chanteuse mondialement connue qu'elle devint dès le début des années 70 mais de jouer de la batterie
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De par son répertoire sucré tendance sirupeux, Karen Carpenter (1950-1983) n’est pas fantastiquement rock… mais elle l’aurait pu. D’abord parce que son but dans la vie n’était pas de devenir la chanteuse mondialement connue qu’elle devint dès le début des années 70, mais simplement de tenir la batterie das une formation pop… et parce que sa vie, sa mort surtout sont très rock’n’roll.

Les débuts

A l’âge de 14, 15 ans, Karen demande à rejoindre la formation vocale et instrumentale de son collège. Son professeur lui inflige la pratique d’un instrument ridicule, au moins par son nom, le glockenspiel, une espèce de xylophone, mais en métal, ce que lui donne des sonorités beaucoup plus cristallines. D’emblée, Karen déteste l’objet ; on la comprend. En revanche elle se sent attirée par la batterie et, intuitivement, sans prendre de cours, en deviendra virtuose , à raison de plusieurs heures de répétition chaque jour.

Un véritable engouement pour la batterie

Elle ignore encore qu’elle a une voix d’ange . D’ailleurs, elle s’en moque : vu que les plus grands batteurs américains reconnaissent son talent, ça lui suffit amplement.

Avec son frère Richard et un ami de celui-ci, elle monte un trio de jazz mais en parallèle, avec deux autres musiciens additionnels, un groupe de pop nommé Spectrum et axé sur les harmonies vocales qui feront plus tard le succès de Karen, à son corps défendant.

Dès 1966, elle envoie des bandes demo… systématiquement rejetées par toutes les maisons de disques.

Un régime draconien

En 1967 –quelle idée lui passe alors par la tête ?- elle se met au régime Stillman ; sous prescription médicale, elle n’absorbe plus que des produits totalement dépourvus de matière grasse et ne boit en tout et pour tout que huit verres d’eau par jour. Elle voit certes chuter son poids de 72 à 45 kilos mais surtout elle entame un processus qui va la conduire à son décès prématuré à l’âge de 33 ans.

Le succès sourit en 1969

La firme A&M propose aux jeunes gens un contrat d’enregistrement sous le nom d’artistes The Carpenters. Karen chante tous les titres ou presque, mais elle le fait derrière sa batterie. Elle préfère battre que chanter… ce qui n’est pas du goût de sa maison de disque qui souhaite capitaliser sur son charme plutôt que sur sa frappe. Et elle n’a pas tort, la maison de disque, car, en ayant insisté, Karen devient l’une des chanteuses les plus en vue des années 70.

Sa vie professionnelle est stressante (les n°1 au hit-parade se succèdent : « Close to you », « We’ve only just begun », « Yesterday once more », « Top of the world », etc.) mais l’anorexie dont souffre Karen l’oblige fréquemment à annuler des concerts ; son frère, quant à lui, est devenu accro’ aux barbituriques.

Le clash

La situation est devenue tellement intenable que, d’un commun accord, elle et lui décident en 1978 de ne plus se produire ensemble en public. Lui va essayer de se désintoxiquer, elle, elle va enregistrer un album en solo. Hélas la maison de disques refuse de commercialiser le disque de Karen dont le coût (location du studio, salaires des musiciens,etc) qui s’élève à 400 000 dollars sera retenu sur les prochaines royalties des Carpenters.

Motif invoqué par Herb Alpert, Pdg de A&M : malgré la production irréprochable de Phil Ramone, les séances sont calamiteuses, inexploitables. Quincy Jones n’est pas de cet avis et considère qu’en fait tout repose sur le fait qu’avec cet album la chanteuse casse son image de petite fille modèle en ayant choisi des chansons plutôt… sexy avec des paroles plutôt… explicites. Mais rien d’étonnant à cela, car la vie sentimentale de Karen n’est pas de tout repos ( à suivre )

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