La « Dream Team » du braquage bientôt sur grand écran

Du grand banditisme dans un gant de velours, c'était la technique de cette bande qui n'a jamais versé une goutte de sang... sinon le sien
68

A neuf, ils avaient constitué une bande de brigands chevronnés. Certains sont morts aujourd’hui… d’autres se sont amendés. L’un, d’ailleurs, participe activement au tournage d’un film qui raconte leur épopée. Qui étaient-ils, ces neuf «brigands aux mains propres» ?

Une bande de bric et de broc…

Huit Français et un Italien composent cette équipe hors du commun avec malgré tout des surnoms très… communs. Daniel Bellanger, dit "le Grand Daniel" car il mesure 1,98m… Daniel Merlini dit « Le Petit »… Christian Oraison dit le "Grand Blond" (on ne sait pas s’il avait une chaussure… !) ou parfois « Son Altesse » car avec sa coquetterie, ses implants capillaires et ses crèmes de beauté, il évoquait Brett Sinclair, dandy d’ Amicalement Vôtre… Michel Crutel dit « le Militaire »… Karim Maloum dit « Le Gros »… Jean-Jacques Naudo dit "la Fripouille"… Bruno Celini dit « Nono »… Gérard Allain dit « Citron »… Antonio Santoro dit "le Banquier", le plus vieux de la bande car il est né en 1947 alors que tous les autres sont nés dans les années 50.

Hi, Jack !

Vous avez tous vu « Le Clan des Siciliens », d'Henri Verneuil. Nul n’a oublié cette scène fabuleuse lorsque la bande à Delon, Ventura et Gabin oblige un pilote à faire atterrir son avion sur un tronçon en construction d’une autoroute américaine. Hé bien, peuchère, pas besoin d’aller si loin : té, à Perpignan, on a fait aussi bien !

Le 14 août 1996, un Airbus A 320 en provenance de Paris se pose sur l'aéroport de la grande ville des Pyrénées-Orientales. Alors qu'il roule sur le tarmac, deux voitures s'arrêtent devant l'avion et des hommes cagoulés prennent le pilote pour cible… en prenant grand soin de l’effrayer sans le blesser. Sans un seul complice à l’intérieur, nos astucieux malfrats déploient une banderole au texte laconique mais clair : "Ceci est un hold-up, coupe le moteur et ouvre la soute." Est-ce que ça vaut le coup de résister et de prendre une balle dans la tête ? Le commandant de bord juge plus raisonnable d’obtempérer. Les braqueurs s'exécutent et repartent avec deux gros sacs de plusieurs kilos, pris dans la soute. Montant du butin, près de 4 millions de francs pour une opération de 2 minutes trente. En cet instant, notre bande de braqueurs ne s’appelle pas encore « Dream Team », le surnom sera, paraît-il, trouvé deux ans plus tard par un membre de la bande, Daniel Bellanger, en hommage à la célèbre équipe de basket US qui avait brillé aux J.O. de Barcelone en 1992.

Les coups d’éclat

Le 18 décembre 1996, un fourgon de transport de fonds est pris d'assaut à Limoges, ville où est né Bellanger. Aucun coup de feu n’est tiré, les braqueurs repartent avec 1,6 million de francs.

Le 26 mai 1997, un dépôt de fonds est attaqué en banlieue parisienne pour 9 millions de francs. Hélas pour la bande, des traces d’ADN sont retrouvées sur une cagoule abandonnée dans la cabine d'un camion ayant servi à coincer le fourgon.

Enfin, un autre dépôt de fonds est attaqué et pillé le 6 décembre 1997, toujours en banlieue.

Les coups durs

Le 21 mai 1999, en Espagne, une fourgonnette volée en France quelques semaines plus tôt fonce vers un entrepôt gardé par des hommes en armes qui mitraillent le véhicule. Un blessé grave, Michel Crutel, est abandonné aux urgences par ses complices. La bande avait voulu s’emparer de 300 kilos de haschich appartenant à une bande rivale.

Le 30 août 1999, toujours en Espagne, plusieurs hommes vêtus de noir et cagoulés s'attaquent à un fourgon blindé. Les braqueurs s'emparent de 540 millions de pesetas, soit près de 20 millions de francs, et prennent la fuite avant l'arrivée de la police qui, néanmoins, retrouve les véhicules volés qui ont servi à l'attaque ainsi qu’une bâche qui aurait servi d'abri aux assaillants. Après recoupements, les polices française et espagnole font le lien entre le matériel retrouvé dans la fourgonnette, qui a servi au transport de Crutel à l'hôpital, et cette bâche.

Le 26 décembre 2000, une équipe d'une dizaine de braqueurs cagoulés braquent à l'explosif un fourgon blindé en région parisienne. Montant du butin, 42 millions de francs. La police parvient à interpeler une partie des braqueurs le lendemain de l'attaque. Parmi eux, Karim Maloum, Daniel Merlini, Bruno Celini et Jean-Jacques Naudo, quatre membres supposés de la Dream Team.

Le 30 décembre 2000, Bellanger et Oraison sont arrêtés à Barcelone. Est-ce la fin de la Dream Team ?

La fin, vraiment ?

« Fin »… le mot en question, on devrait le voir dans quelques temps : un film est en préparation avec, s’il vous plaît, Karim Maloum dit « Le Gros » comme consultant. Et peut-être Mathieu Almaric. Mais le casting n’est pas encore officialisé. Le producteur Emmanuel Prévost prévoit le premier clap d’ici un an.

Sur le même sujet