La mythique et mystérieuse Eleanor Rigby en chair et en os

Eleanor Rigby n'est pas que le titre d'une chanson des Beatles, c'est également le pseudonyme d'une mystérieuse artiste sur le point de devenir mythique

Faites une recherche sur internet : pas un seul article en français à son sujet... C'est injuste car Eleanor Rigby est une mystérieuse artiste sur le point de devenir mythique.

Physiquement, elle rappelle la Marianne Faithfull des années 60

Musicalement, sa production est un cross over entre les Kinks et les Jam. Et l'on ne peut s'empêcher de penser qu'elle a influencé Saint-Etienne, le groupe anglais conduit par Sarah Cracknell. Mais qui peut se vanter de posséder, dans sa collection, un, même un seul disque d’Eleanor Rigby, alors qu'elle a enregistré une formidable version de "You only live twice", aussi parfaite que celle de Nancy Sinatra, que nous devrions tous posséder.

Pire ! Les rares heureux possesseurs de ces pièces rares ignorent l’âge et le véritable patronyme de cette ravissante blonde en passe de devenir mythique… en partie parce qu’elle a complètement disparu de la circulation et que nous serions nombreux à échanger toute notre collection de CD contre… son numéro de téléphone. Steve Rowland n’hésita pas à déclarer qu’elle avait tous les atouts pour devenir… Madonna à la place de Madonna.

CV express : date de naissance ? Inconnue. Nom ? Inconnu

On sait qu’elle fut mariée à un musicien nommé Russel Writer et que le divorce survint trois ans et demi plus tard, principalement en raison de l’état d’Eleanor (drogue, problèmes psychiques). Sa carrière est… pleine de trous : elle disparut une première fois en 1989, et ce durant neuf mois ; on comptait sur elle pour une tournée européenne (elle est anglaise, croit-on à peu près avec certitude), mais elle avait pris l’avion pour Miami et avait accepté un trip aux Bermudes avec des amis. Selon Russel à qui elle fit la faveur de téléphoner, elle semblait souffrir de graves problèmes mentaux. Ensuite il n’eut plus de nouvelles d’elle pendant quatre ans mais il pensait qu’elle avait dû retourner à Londres.

Des nouvelles… des nouvelles… C’est vite dit

En 1993, lorsque ressurgirent sur le marché des disques d’Eleanor, il ne s’agissait pas de nouveaux enregistrements mais de rééditions de ses anciens titres. Bref, la belle a véritablement disparu. Pourtant, quelqu'un a bien dû autoriser le publication-réédition. Et qui d'autre à part elle en aurait eu le droit?

Une discographie chiche

Elle a publié une poignée de 45-tours vinyl aujourd’hui rarissimes, et si recherchés qu’en 1994, lorsque sortit l’album qui regroupait une partie (« Best of Eleanor Rigby volume 1 »), il fut épuisé en moins d’une semaine. Elle a publié un seul album, « Censorship » (« Censure »), un album introuvable à moins d’une centaine d’euros, en partie parce que le vinyl était accompagné d’une poster sur lequel Eleanor pose nue, une photo dans le style du fameux calendrier qui fit une vedette de Marilyn Monroe pratiquement du jour au lendemain. Sauf qu’on n’est plus au début des années 50 et que le poster nu d’Eleanor Rigby n’intéresse que des happy few . On peut, aujourd'hui, acquérir une repro du poster original pour une somme fort modique... mais çà ne règle pas la question puisqu'on ne peut pas trouver l'album vinyl !

Un premier disque légendaire

Son premier single, « I want to sleep with you » (1985) aurait pu faire un malheur au hit-parade… mais du fait qu’il était accompagné d’un préservatif, la B.B.C. refusa de le diffuser. Et hop, une carrière brisée !

Un bémol

L’irréprochable mensuel Record Collector écrit qu’elle est « the ultimate cult artist »… mais précise « pour ceux qui n’ont jamais entendu parler de Syd Barrett, d’Arthur Lee et de Wild Man Fisher ». Soyons nous aussi de mauvaise foi et proclamons qu’elle est si jolie que nous lui donnons la préférence. Et délectons-nous de ses clips, il semble n’en exister que deux, dont un seul, d‘ailleurs, semble authentique. Mais c’est déjà un miracle de pouvoir voir Eleanor Rigby .

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