La radio en France : qui l'emportera, la RNT ou les webradios ?

Certains avaient misé sur la RNT (Radio Numérique Terrestre) mais elle a pris un tel retard qu'on n'y croit plus beaucoup...
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Ce fut une promesse du début du troisième millénaire : la RNT devait devenir une réalité en novembre 2011, tout comme la TNT. Mais plus le temps passait, plus l'échéance approchait... et plus on ne voyait rien venir. Ce retard n'aurait pas eu autant de gravité si, entre-temps, la majorité des Français ne s'étaient équipés en internet haut débit qui leur permet une choix monumental de plus de 15 000 webradios différentes.

L'avis des spécialistes

Le paysage radiophonique fut, de tous temps, en mutation. Et voici qu'arrive la radio numérique qui permet d'afficher des informations sur un écran (le nom de la station, ceux des intervenants ainsi que leurs portraits, l'origine d'un reportage... et évidemment la météo, les cours de la Bourse, les résultats des courses hippiques ou des matchs de football, etc.), de les imprimer... Bref, c'est de la radio qui se regarde... mais il en va de même pour la webradio : on consulte son programme sur son écran d'ordinateur. L'audiovisuel de demain sera hybride : radios et télés traditionnelles vivent leurs dernières heures tandis que la presse écrite, depuis 2007, devient audiovisuelle en diffusant sur le web des documents vidéo : "La radio du futur est quelque chose de si vaste qu'elle va recouvrir des réalités très différentes. Le mot même de "radio" va perdre ses contours, comme la télévision qui vit une métamorphose identique" (Pierre Bellanger, juillet 2007).

La disparition de la radio traditionnelle

Elle nous est promise depuis belle lurette ; déjà, on commence à employer le terme de "radio analogique" pour remplacer celui, quinquagénaire, de "transistor". Mais il ne suffit pas d'en parler, car notre bon vieux transistor fait de la résistance ! Pourtant, au printemps 1998, la revue Enjeux indiquait qu'en l'an 2000 vingt-cinq millions de Français auraient accès au DAB... mais tempérait l'enthousiasme de son annonce en précisant que le coût du récepteur (8 000 F) était prohibitif. Le dispositif, néanmoins, n'est pas dépourvu de charme : ce système de diffusion permet d'avoir accès à des stations où la publicité est absente, non plus locales ou nationales, mais du monde entier, avec une qualité sonore encore supérieure à celle de la FM. Jusqu'alors, à moins d'écouter une webradio (on dit aussi "netradio"), le seul moyen de se porter à l'écoute d'une station très éloignée était l'onde courte, dont la qualité sonore nous semble aujourd'hui épouvantable, au point qu'une à une toutes les grandes nations fermèrent certaines de leurs antennes.

L'abandon de l'onde courte est-il irréversible?

Le système DRM (Digital Radio Mondiale) pourrait révolutionner l'écoute et la diffusion des émissions internationales. Voici ce que l'on pouvait lire dans Megahertz magazine N°290, mai 2007 :

- Il peut sembler désuet d'écouter les ondes courtes à l'époque de l'Internet ou à cause de l'importance prise par la diffusion en FM, mais les stations OC ont encore un bel avenir devant elles. Si, hélas, certains diffuseurs ont démantelé leurs émetteurs et antennes, d'autres ont su les maintenir en service et ces stations vont vraisemblablement connaître un nouvel essor avec le DRM. Depuis quelques années, les stations émettant en numérique sont de plus en plus nombreuses. Les ondes courtes permettent de faire rayonner une culture au-delà des frontières nationales sans qu'il soit nécessaire de passer par les coûteux canaux des satellites, c'est par exemple le cas de la francophonie. Autre avantage, elles peuvent être reçues à l'autre bout de la planète avec des moyens modestes. Ainsi, dans les pays émergents, il n'est pas interdit de voir se développer, adaptés au DRM, ces récepteurs à génératrices manuelles qui savent se passer de piles et de secteur ( à suivre en cliquant ici ).

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