Le futur de la radio passe-t-il par la RNT ou par l'Internet?

Fini le bon vieux transistor, nous promet-on depuis dix ans. Mais par quoi allons-nous remplacer nos antiques machines ?
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Une fois jeté à la décharge notre vieux transistor, comment écouterons-nous la radio ? Achèterons-nous un nouveau récepteur (assez difficile à trouver à bas prix) ou bien, comme beaucoup déjà le font, écouterons-nous via notre ordinateur ? Ou, pourquoi pas, sur notre téléphone?

La radio sur notre téléphone

Laurent David, directeur multimédia de Nokia France, assurait que nos téléphones allaient devenir des terminaux interactifs qui nous permettraient de nous localiser et d'accéder à toutes les fréquences : "On pourra écouter des webradios sur son téléphone, télécharger des podcasts sur la bande FM" ( Télérama n°2983 du 14 mars 2007). Pierre Bellanger, directeur de Skyrock, déclarait( Les Echos du 31 janvier 2007), qu'au plus tard en 2010 tous les Français pourraient recevoir la radio sur leur téléphone mobile. En 2007, ils étaient 4,3 millions à l’avoir fait (contre neuf millions et demi à avoir écouté la radio en direct sur Internet). Mais, au contraire des Japonais qui rêvent de tout faire avec et depuis leur téléphone portable, il n'est pas certain que la mentalité des Français adhère au multi-usage du téléphone.

Plus que de réticence, il faudrait parler de méfiance ou de prudence

Trop d'options ne signifie-t-il pas que chacune manquera de performance ? Le Français, fonctionnel, ne préfèrera-t-il pas continuer à écouter la radio sur un poste qui reçoit correctement ses stations préférées, tout en demandant à son téléphone de simplement... lui permettre de téléphoner. Les personnes âgées, par exemple, utilisent rarement les fonctions additionnelles les plus simples de leur mobile, comme le réveil et le répertoire. Alors de là à écouter la radio par téléphone !

Avant de foncer, les radios commerciales aimeraient trouver une réponse à la grande interrogation qui les harcèle...

Le marché publicitaire reste-il encore extensible ?

A cette question, il faut peut-être voir comme une réponse la suggestion de Nicolas Sarkozy début 2008 : s’il n’est pas sûr du tout de pouvoir augmenter la taille du gâteau (surtout en période de crise économique internationale), la solution ne consiste-t-elle pas à en diminuer le nombre de parts en ôtant au service public son accès à la pub ?

Rachid Arhab, au nom du C.S.A., lança officiellement le 27 mars 2008 le premier appel à candidatures pour attribuer les canaux de diffusion dans 19 villes, permettant ainsi, en théorie, à un tiers de la population d’avoir accès à la radio numérique à la fin de l’année. Le CSA entend ensuite lancer un deuxième appel à candidature portant sur 12 à 14 autres agglomérations. Mais (alors que l’abandon de la télévision analogique a été fixé à fin 2011) aucune date couperet n’a été arrêtée pour déterminer la disparition de l’émission radiophonique analogique :

- Le chantier de la radio numérique est sans doute le plus difficile qui soit car le parc de récepteurs à remplacer est très important et parce que va s’ouvrir une période de coexistence pacifique entre analogique et numérique assez longue (Alain Méar, conseiller du CSA, Le Figaro , 28 mars 2008).

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