Le médecin de Michael Jackson est-il responsable de sa mort ?

Réponse à partir du 4 janvier, date à laquelle s'ouvriront les préliminaires d'un procès très attendu pour les fans du roi de la pop.
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Poursuivi pour homicide involontaire, Conrad Murray, le médecin de Michael Jackson, risque quatre ans d’emprisonnement : c’est lui qui a prescrit à l’idole le médicament qui semble avoir causé sa mort. Mais les avocats de Murray sont bien décidés à se battre ; à moins d’une semaine du début d’un procès qui fera date, il est bien difficile de faire un pronostic. Côté pile, un médecin dont on peut douter du sérieux et des capacités… Côté face, le roi de la pop dont la santé était chancelante.

Côté face : un rapport d’autopsie révélateur

On a peut-être trop insisté sur le rôle des médicaments qui ont tué Michael… et pas assez sur les effets néfastes de la chirurgie esthétique à laquelle il s’était livré avec trop de complaisance. Au moment de sa mort, Michael avait plusieurs tatouages permanents, autour des yeux, des lèvres, des sourcils et sur le devant du crâne, ces derniers étant destinés à cacher le fait qu’il portait une perruque pour masquer un début de calvitie. Le corps portait également plusieurs cicatrices, la plupart derrière les oreilles, sur le côté de chaque narine et à la base du cou dues sans aucun doute à la chirurgie esthétique.

Une dangereuse insistance

En 1998, Steven Hoefflin, chirurgien esthétique et médecin personnel du chanteur depuis la fin des années 1970, pratique une ultime rhinoplastie (chirurgie du nez) et insiste sur le fait qu’il doit s’agir de la dernière intervention. Mais comme Elvis Presley qui déclarait « Si vous n’êtes pas avec moi, vous êtes contre moi », Michael, comme la plupart des stars, ne supporte pas la désapprobation de ses lubies. Exit Hoefflin. Répudié, le médecin devra se justifier par voie de communiqué de presse pour expliquer qu’en ce qui le concerne il n'a plus pratiqué la moindre intervention sur Michael depuis 1998. La star, en effet, s’était encore fait retoucher début 2001, et, fin 2002, était apparu le nez recouvert d'un pansement lors de la tenue d’un procès auquel il ne pouvait se soustraire. Or, si Michael s’était fait opérer contre l’avis d’un premier médecin, c’est bien le second, celui qui l’a autorisé à passer une ou plusieurs nouvelles fois sur le billard, qui doit assumer la responsabilité de ses actes.

Ce n’est qu’un an après sa mort qu’on apprit que Michael était en très mauvaise santé depuis de nombreux mois. Il grelottait, tremblait de froid et d’épuisement durant les répétitions de sa tournée à venir. Il ne s’alimentait presque plus… Avait énormément de mal à dormir. Globalement, comme Elvis Presley, il était détruit par les médicaments, et celui qui est incriminé, le fameux Propofol prescrit par son médecin Conrad Murray, n’était qu’un parmi d’autres.

Homicide accidentel

A sa mort, les médecins légistes avancèrent le terme d’ homicide accidentel lié aux médicaments car le rapport d’autopsie, en 2009, indiquait que l’artiste était en bonne santé relative malgré une inflammation des poumons et de l'arthrite au bas de la colonne vertébrale et dans les mains, affections sommes toutes assez fréquentes chez les plus de 50 ans. Son cœur, ses reins et ses autres organes fonctionnaient normalement et il pesait un poids normal. Au terme de cinq mois d’enquête, le 21 novembre 2009, la police de Los Angeles ne contestait plus la culpabilité du docteur Murray dans la mort de la star. Le directeur de la logistique de MJ, Alberto Alvarez, présent ce triste soir prétendit que le médecin avait arrêté le massage cardiaque en plein cours et aurait tardé à appeler les urgences pour aller cacher des fioles.

Quel est donc ce médecin qui se saoulait quelques heures avant le décès de son patient ?

Michael se trouve dans sa demeure d'Holmby Hills, un quartier de Los Angeles, lorsqu'il perd connaissance peu avant midi. Les secours arrivent très rapidement, constatant que le médecin personnel de Michael est en train de procéder à une réanimation cardio-pulmonaire. C’est hélas insuffisant et il faut conduire le chanteur à l’hôpital, où il meurt malgré une heure entière de tentatives de réanimation. Le docteur Conrad Murray aurait injecté à Michael un sédatif nommé Lorazepum et du Propofol (disopropylphénol), un anesthésique général intraveineux de courte durée d'action utilisé pour l'induction de l'anesthésie générale. On retrouva également dans l’organisme quatre autres médicaments différents. Michael est mort, victime d’un… « mauvais traitement ». Des tas de médicaments ingurgités en guise d’alimentation, depuis de longs mois. Mais son dernier jour ? On apprit seulement le 25 juin 2010 que le docteur de Michael aurait passé la nuit à se saouler au whisky dans une boîte de nuit. Etait-il en condition pour maintenir en vie son patient ?

Côté face : la défense du docteur Murray

Maître Flanagan, avocat de la défense, aurait affirmé au juge Pastor qu'une importante quantité de Propofol aurait dû se trouver dans le corps de Michael Jackson pour que le médicament soit considéré comme responsable de la mort du chanteur. Or, le docteur Murray avait dit n'avoir administré au roi de la pop qu'une dose de 25 milligrammes de Propofol ainsi que de plus petites quantités de benzodiazépines, des sédatifs, pour aider le chanteur à dormir. Rien de mortel, donc.

L’Idole s’est-elle injecté elle-même la dose mortelle ?

L'avocat de Murray a précisé que Michael voulait dormir à tout prix et aurait donc profité de l'absence de son médecin pour s'injecter une plus forte dose d'anesthésiant. Pour étayer son argumentation, il ajoute qu'une seringue brisée avait été trouvée sur le plancher de la chambre à coucher, en plus d'une seringue dans un sac pour perfusion intraveineuse. Malheureusement la seule empreinte digitale retrouvée sur la seringue brisée n'a pas permis d'arriver à une identification.

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