"Les Beatles, un phénomène en mots, en images et en musique"

Le titre de ce livre qui vient de sortir résume en quelques mots cette carrière phénoménale présentée en 495 pages par les éditions White Star
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La photo de couverture est hautement évocatrice pour tous les adultes d'aujourd'hui qui ont grandi avec la musique des Quatre de Liverpool, puisqu'elle est la même que celle qui ornait la pochette de "She loves you", hit monumental qui leur a apporté la gloire en France (oui, nous avions un peu de retard : en Angleterre, "She loves you" était déjà leur quatrième 45-tours). Un titre emblématique que l'on retrouve avec 99 autres chansons, en paroles et en musique grâce aux partitions au coeur du nouveau livre des éditions White Star titré "Les Beatles, un phénomène en mots, en images et en musique"; un ouvrage impressionnant que nous nous sommes amusés à peser : il dépasse le kilogramme. Il fallait bien ça ! Un pavé... le fan tremble pour ses économies. Heureusement White star est un éditeur international ; cela lui permet de tirer les prix vers le bas, à 35€, tout comme leur ouvrage précédent consacré à Bob Dylan ( cliquer ici ).

Un concept astucieux

Le livre fait l'impasse sur les séances poussives réalisées à Hambourg pour le label Polydor, et se concentre sur les cent titres les plus révélateurs de leur (finalement) courte épopée (1962-1970). C'est-à-dire du premier "petit" hit ("Love me do", seulement 17è au hit-parade anglais) jusqu'à la séparation, officialisée au printemps 1970 coïncidant avec la sortie de ce qui est considéré comme leur "dernier" album, "Let it be". " Considéré " car il avait été enregistré avant "Abbey Road" mais dans de si déplorables conditions qu'il avait fallu remettre à une date ultérieure sa publication. Alors, entre "Love me do" et "Let it be", quelle est la place de "She loves you" qui ouvrit enfin nos frontières à ce groupe hors du commun?

1er juillet 1963

Cette après midi-là, les Beatles arrivent en studio avec paroles et musique d'une chanson écrite seulement la semaine précédente. L'aspect "facile" de "She loves you", peut-être pas dans sa composition, mais en tous cas dans l'aisance, pour le public, à en retenir les grandes lignes : Elle t'aime, ouais, ouais, ouais.... Elle t'aime, ouais, ouais, ouais.... fait de ce titre l'archétype de la pop music. Dès lors, en France, on parlera désormais de yé-yé (Gainsbourg percute immédiatement : sa chanson "Chez les yé-yé" sort en 1963, titre repris bien plus tard par Etienne Daho. Ce même Gainsbourg ne tardera pas à écrire "rue Fontaine, il y a foule, pour les petits gars de Liverpool" dans "Qui est in, qui est out"). Tout un symbole !

France : accueil d'abord glacial

En France, les Beatles sont véritablement entrés dans tous les foyers avec "She loves you". Cette tentative de toucher tous les publics est d'ailleurs confirmée par l'existence de deux pochettes légèrement différentes: l'une porte en gros les titres anglais avec leur traduction en français, tandis que l'autre privilégie le titre en français. Seul "She loves you" n'est pas traduit, se détachant sur un bandeau à fond orangé. Les trois autres titres ne sont pas inconnus du public français : "A taste of honey" avait été popularisé par Nana Mouskouri ("Un homme est venu"), "Twist and shout" figurait sur le premier 33 tours de Sylvie Vartan ("Twiste et chante") et "Do you want to know a secret" est le titre qui permit à Lucky Blondo de charmer les auditrices de "Salut les Copains" dans une traduction fidèle : "J'ai un secret à te dire".

15 janvier 1964 : premier concert en France

Après un premier spectacle à Versailles, les Beatles s'installent pour trois semaines à l'Olympia de Paris (on doit effectivement préciser "de Paris", car il existe une salle du même nom en Angleterre, ce qui porte à confusion sur certains disques pirates). Tentative de séduction auprès du public français (à l'occasion, leur premier EP, référence SOE 3739, est réhabillé, donnant lieu à l'une des pièces les plus rares de la collection, la fameuse pochette dite "aux sandwiches", sur laquelle les Beatles sont déguisés en Français typiques ; une pochette qui mérite un article complet : cliquer ici ). Cette fois, une brèche est ouverte. Johnny Hallyday et Dick Rivers n'hésitent pas à leur emprunter "I saw her standing there" ("Quand je l'ai vue devant moi"). La France avait accepté les quatre jeunes Anglais!

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