Les chansons rares d'Abba

Ceux qui achètent leurs CD ignorent que, du temps du vinyl,des perles rares étaient bien souvent ignorées
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Le groupe, qui, durant ses sept ans d’existence, ne sembla pas à court d’inspiration, créa involontairement des petits collectors dans la mesure où leurs faces B de 45 tours, en règle générale, ne figuraient jamais sur album. Suite101 a ressorti ses caisses de vinyl poussiéreuses…

La magie des faces B

Citons quelques titres : “Man In The Middle” (face B de “S.O.S.”), “Tropical Loveland” (face B de “Mamma Mia”), “Hey Helen” (face B de “Fernando”), “Crazy World” (face B de “Money Money Money”), et “Happy Hawai”, qui est en fait la version primitive de “Why Did It Have To Be Me” sur l’album “Arrival” (SP Melba 45 X 140.188). Cette pratique de la face B inédite en album durera jusqu’à la séparation du groupe mais... Attention, il ne s’agit pas systématiquement de chefs-d’oeuvre, mais parfois de bouche-trous (« I’ve Been Waiting For You », « That’s Me », « Lovelight », « Elaine »).

Certains titres méritent une explication

Prenons le mystérieux « Medley » (Pick A Bale Of Cotton / On Top Of Old Smokey / Midnight Special) : c’est, à l’origine, un cadeau pour un album de charité allemand (Stars In Zeichen Guten Sterns, 1975). Cadeau passé bien inaperçu ! A tel point qu’il sera « recyclé », c’est-à-dire remixé afin de constituer la face B de « Summer Night City », trois ans plus tard. Et, jusqu’à preuve du contraire, ce « Medley » constitue le seul enregistrement de Abba de chansons non composées par eux-mêmes.

Les faces A, elles aussi, comportent une dose de rareté

Prenons le cas de « Ring Ring » : la version anglaise a été remixée en vue de sa parution en single pour le marché anglais. Elle est donc désignée « second version » (Epic EPC 2452). Et il faut en outre traquer « Ring Ring » chanté en suédois, en allemand et en espagnol.

En ce qui concerne les titres chantés en espagnol, heureusement, ils furent regroupés sur l’album «Gracias Por La Musica», un temps disponible uniquement sur vinyl en Amérique du sud, mais ensuite en Espagne et enfin un peu partout en CD de pressage japonais ou américain.

Mention spéciale pour « Eagle »

A l’origine, ce n’est pas l’aigle, mais le goéland, qui était célébré dans cette chanson. La version de travail s’intitulait « High, High » et faisait référence à Jonathan Livingston Seagull. Achevé pour « Abba – The Album», « Eagle » était pressenti pour devenir le follow - up (le successeur) de « Take A Chance On Me » ; il fut d’ailleurs remixé et raccourci pour sa publication en single… et finalement ne sortit sous ce format qu’en France et en Allemagne. D’où les yeux hagards des collectionneurs anglo-saxons lorsqu’ils arrivent sur le continent.

L’âge d’or des collectors

Si l’on peut hésiter un instant à rechercher avidement les publications suédoises de l’avant-Abba, en contrepartie le monde entier, à partir de 1975, nous inonde de collectors excessivement attractifs. L’édition suédoise du premier « Greatest Hits », unique, présente les quatre en personnages de bande dessinée et gatefold (pochette qui s’ouvre). Toujours en Suède il nous faut trouver les versions dans la langue natale de «SOS» et de « Fernando » qui, pour nous qui avions accès à la version en anglais, passèrent totalement inaperçues alors qu’au même moment elles étaient n°1 en Scandinavie. Et si l’on peut passer outre le rarissime EP promo irlandais d’interviews publié à la sortie de « Arrival », il faut faire l’acquisition de « Let’s Boogie », un album de Mike B. Tretow, un ingénieur du son qui avait conscience qu’il chantait comme un pied… mais que la présence de ses amis donnerait un certain cachet à son œuvre : Benny aux claviers, Bjorn à la guitare, Agnetha et Frida choristes ( à suivre ).

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