Les enregistrements rares de Johnny Hallyday

En un demi-siècle, l'Idole a enregistré un bon millier de chansons. Certaines furent publiées trente ans plus tard. Pour d'autres, on attend encore!
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"L'Argus Johnny Hallyday" publié par l'éditeur Camion Blanc recense toutes les chansons enregistrées par l'Idole. Le plus ancien enregistrement connu remonte à fin juin 1958 et c’est miraculeux qu’on ait pu le retrouver car il avait été réalisé à la piscine de Levallois-Perret par un copain, en quelque sorte son “premier manager », Jean-Pierre Guerlin, qui le pousserait ensuite à monter sur scène, le 14 Juillet 1958, à... Bécon-les-Bruyères ! Au préalable il l’avait fait chanter devant un dictaphone.

Qu’est-ce qu’un Dictaphone ?

Un Dictaphone, marque déposée, est un magnétophone rudimentaire qui sert à enregistrer des courriers qu’une secrétaire, ensuite, mettra en forme. Aujourd’hui, c’est un petit objet très fiable. Mais en 1958 c’était insuffisant, pour des chansons. Miracle, donc, d’avoir pu sauver ce document qui propose quatre chansons : Je me sens si seul (Heartbreak Hotel) / Tutti Frutti / Money Honey / Don’t Leave Me Now (Mon premier amour).  Johnny n’a alors que quinze ans (il n’est en contrat, ni avec Vogue, ni avec Philips).

1958, 1993… l’enregistrement avait dormi 35 ans

L’enregistrement historique de ces titres fit surface en clôture de “ l’intégrale-guitare ”, en 1993, agrémenté d’une prépublication de Tutti Frutti sur un mini-CD offert gratuitement dans le magazine hebdomadaire “V.S.D.” (référence PolyGram 1681). Mais ce n’était pas la seule surprise que recelait cette « intégrale » historique car fin 1961,début 1962 et fin 1963, de nombreux titres étaient passés à la trappe.

Septembre 1961... 

La firme Philips envisage la parution d’un disque qui ne verra jamais le jour. Il s’agit de la référence AB 370 169 / 170 SP, qui existe à l’état de maquette, et qui propose une version totalement différente de Viens danser le twist intitulée Le twist est là. Cette version que personne ou presque n’a entendue fait aujourd’hui partie de la collection de Yves de Bakker.

1962

Johnny, qui s’était rendu une première fois aux Etats-Unis en février, à New York et à Nashville, y retourne en mai. Au total, 32 chansons sont enregistrées. Certaines vont devenir des “collectors”, bien que le terme n’existe pas encore dans le vocabulaire des fans. Il s’agit d’adaptations, en langue étrangère, de chansons, destinées, strictement, au marché étranger. Hold Back The Sun , notamment, est la version anglaise de Retiens la nuit . Une autre, Hey little girl , ne sortira qu’en 1990. Enfin J’ai trop de peine  sortira en 1992 sur le CD intitulé Les Inédits.  1962-1992, une attente de trente ans !

Novembre 1963

Toujours avec l’indispensable Lee Hallyday, son cousin, Johnny retourne, une nouvelle fois, à Nashville. Et à New York, escale incontournable, il engage deux nouveaux musiciens : Joey Greco et Ralph di Pietro.

En dix jours, Johnny enregistre 19 titres. Malheureusement 13 titres resteront inédits jusqu’à 1993, soit trente ans. Ces 13 titres porte-malheur sont I’m Gonna Sit Right Down And Cry Over You, C’est bien lui, Packin’ Up, Bolt Of Love, J’embrasse les filles, Deux façons de pleurer, C’est fini miss Molly, Such A Night, The Move, Moi cette fille-là, I Forgot To Remember To Forget, Ca suffit  et Just Little One More Time .

Que s’est-il passé à Nashville?

Deux explications semblent plausibles :

1° Johnny aurait-il eu des problèmes avec sa voix ? Possible, dans la mesure où Nashville, au mois de novembre, ce n’est pas la Côte d’Azur, et qu’on a vite fait d’attraper une laryngite entre deux avions, à Paris ou à New York.

2° Un strict constat d’échec, concernant l’impact de Johnny sur le marché anglo-saxon : Philips a pu recevoir, en ce plein mois de novembre, les chiffres de vente de Johnny à l’étranger, des chiffres peut-être si mauvais qu’il est décidé d’arrêter les frais.

Enfin, les vrais inédits

Bien que la discographie de Johnny n’ait plus beaucoup de secrets pour ses fans , il reste une demi-douzaine de chansons dont on parle, qui peuvent  avoir été enregistrées, mais que personne n’a jamais entendues : de 1960, Hop dans la rivière et Je ne veux plus être un dragueur ont très certainement été enregistrées. Avec le temps (de Léo Ferré) l’a été de façon certaine, mais il semble qu’aucun collectionneur n’ait jamais pu les écouter. Egalement en suspens, certaines chansons interprétées sur scène en 1955 ( Les Cavaliers du ciel , Les Cadets de Gascogne , L’Abeille et le papillon ), sur scène en 1956 ( Davy Crockett ).

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