Les métiers d'antan pour faire face à la crise

A une époque où il n'y avait ni RMI, ni RSA, ni allocation chômage, certains s'en sortirent plutôt bien avec un peu de courage et beaucoup d'astuce

La crise actuelle s’avèrera-t-elle aussi dramatique que celle de 1929 ? Les véritables conséquences se font ressentir tardivement : la chute d'une grande banque américaine en 2008 nous conduit par des chemins détournés à nous retrouver trois ans plus tard (résultats tombés le 25 août 2011) avec un taux de chômage que la France n'avait pas connu depuis onze ans.

L’onde de choc de 1929 mena dix ans plus tard au déclenchement de la Seconde Guerre Mondiale. Or, entre 1929 et 1939, entre leur licenciement et leur départ au front, les hommes étaient bien obligés de « bouffer » ! Pour les plus âgés, la situation était la pire puisque la retraite-vieillesse n’existait pas encore. Puisant dans leurs souvenirs voire leur expérience, certains firent revivre d’étranges métiers…

Les colporteurs de souffrance

Ils déambulaient de hameau en hameau, trimballant une petite boîte qui bourdonnait. Les paysans ont de tous temps cru aux vertus des piqûres d’abeilles : elles sont souveraines, entre autres, contre les rhumatismes et les névrites. Mais tout le monde n’est pas capable d’exciter une ruche pour n’obtenir au final qu’une seule piqûre… qui plus est à l’endroit à soigner. C’est la raison d’être du colporteur de souffrance !

Ayant choisi l’endroit adéquat (sur le bras, la jambe ou dans le dos) le praticien le frictionne avec un produit antiseptique et y applique une minuscule cage d’acier dans laquelle est enfermée une abeille. Avec une brindille l’insecte est excité, énervé… et alors il pique ! Le dard enfoncé dans la chair diffuse le «médicament». Car il s'agit bien d'un remède... Apiculture... Apis... Aujourd'hui votre homéopathe vous conseillera Apis mellifica pour contrer les inflammations aiguës.

Les laboratoires ambulants

Des botanistes également spécialistes en sériciculture (explication dans une seconde !) aménageaient leur véhicule en laboratoire ambulant. Munis de tous les ustensiles indispensables pour réaliser des analyses chimiques et des examens microscopiques, ces experts parcouraient la campagne et proposaient leurs services dans les magnaneries à ceux qui pratiquaient l’élevage du ver à soie ou du ver du mûrier, fréquemment atteints par diverses maladies.

Les Œdipes de la Poste

Quittons la campagne pour gagner la capitale, et plus précisément la rue du Louvre. C’est là, en effet, que se situe la Poste centrale… là où, dans la période qui nous concerne (1929-1939) parviennent chaque jour, 30 000 plis (3 000 lettres et 27 000 paquets ou journaux) dont l’adresse du destinataire est illisible. Ces envois devraient logiquement être redirigés vers les rebuts. Or il existe un service de « décryptage » où des spécialistes s’ingénient à lire voire deviner des graffiti incompréhensibles aux préposés :

- Pour trier et classer tous ces envois, rétablir les adresses véritables, il faut être doué d’une perspicacité, d’une promptitude d’esprit et d’un sens divinatoire qui ne sont pas à la portée de tout le monde. Aussi choisit-on des agents qui ont fait leurs preuves ; on les a surnommés les Œdipes de la Poste, appellation assez bien choisie car ils ont souvent de véritables énigmes à déchiffrer et cela non seulement par suite de négligences mais aussi du fait de mauvais plaisants qui s’amusent à transformer une adresse en véritable casse-tête ( Lecture pour tous , 1935).

Citons, justement, un exemple de l’humour de ces mauvais plaisants : un courrier adressé rue des Maris, Paris 18ème arrondissement. Or il n’y existe pas de rue des maris, pas plus, d’ailleurs, que dans les autres arrondissements. Le plaisantin était sans doute mal marié… car il voulait en réalité écrire rue des Martyrs !

Le préparateur de squelettes

Le plus connu, à Paris, était monsieur Lavalette. Au-dessus de sa porte ondule un crâne qui lui tient lieu d’enseigne. Il reçoit quotidiennement plusieurs squelettes. Il en expédie autant aux quatre coins de l’Hexagone. Dans son « laboratoire » s’entassent crânes, ossements humains et animaux (singes, tigres, etc.). Monsieur Lavalette exécute les commandes qui lui sont adressées par des hôpitaux, des musées et des établissements d’enseignement parfois localisés à l’autre bout du monde.

L’exportateur / importateur de canaris

Le célèbre Alfred Opperman a traversé l’Atlantique plus de 50 fois. Sa spécialité : une race de canaris qui ne vit que dans les montagnes autrichiennes. Une race de canaris réputée pour son chant sans égal ailleurs dans le monde. Encore faut-il savoir en prendre soin durant le voyage de la vieille Europe aux Etats-Unis où résident ses richissimes mais exigeants clients. Les canaris doivent faire le voyage dans une cage d’une propreté irréprochable, maintenue à température constante ; leur nourriture est rare et choisie.

Alors… des idées pour affronter la crise ?

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