Line Renaud, Olympia mai 2011 : retour au disque et à la scène

Les 24 et 25 mai 2011, Line Renaud sera en concert à l'Olympia. l'occasion de faire un retour sur une carrière fort respectable
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Bien peu de nos lectrices et lecteurs peuvent aujourd'hui se vanter d'être allés applaudir une chanteuse réaliste du nom de Jacqueline Ray. Or il s’agissait du premier pseudonyme de… Line Renaud

Une enfance placée sous le signe d’Edith Piaf

Elle est née en 1928 près d’Armentières, ce qui donnera naissance à l’un de ses premiers grands succès, Mademoiselle from Armentières . De son véritable nom patronymique Jacqueline Enté, la charmante gamine se présente à tous les radio-crochets proposés dans sa région (le Nord). A un tel point d'acharnement qu'à l'âge de seize ans, la voilà engagée à résidence dans l'orchestre de Radio Lille. Elle se choisit le pseudonyme déjà évoqué, Jacqueline Ray, pour entonner le répertoire de la grande Piaf. Le chef d'orchestre Raymond Legrand (père de Michel Legrand et Christiane Legrand) lui porte un intérêt certain et envisage que Jacqueline puisse faire carrière à Paris.

La capitale !

Elle y fait ses premières armes au cabaret, mais également au cinéma dans des petits rôles et dans des petits films : La Foire aux chimères (1946), Paris chante toujours et Au fil des ondes (1951), Quitte ou double et Ils sont dans les vignes (1952), La Route du bonheur (1953), Boum sur Paris (1954), La Madelon (1955), Mademoiselle et son gang (1957) ou encore, en 1959, L’Increvable dans lequel elle tourne une scène de lit avec Michel Galabru ! Avec Galabru, on imagine mal un film X.

La rencontre, le déclic

Sa rencontre avec Loulou Gasté (décédé en 1995) est déterminante : le célèbre compositeur considère, à juste titre, que la jeune étoile brillera avec bien plus d'éclat encore si elle bouleverse son répertoire, passant du tragique au léger et optimiste. A vingt ans, rebaptisée Line Renaud, elle décroche simultanément un contrat à Bobino et un "hit", Ma cabane au Canada . Les succès discographiques et cinématographiques s'enchaînent à partir de 1950 : Ma p'tite folie , Le Chien dans la vitrine , Mademoiselle from Armentières (déjà cité), La Madelon , It's a long way to Tipperary , Que sera, sera , Buena sera , Tom Dooley , etc.

Meneuse de revue

Elle triomphe au Moulin-Rouge. Lorsque débarque le twist, malgré une interprétation de Isy bitsy petit bikini , Line Renaud accuse une certaine baisse de popularité. Sa pratique de l'anglais lui a permis de se produire à New York et à Las Vegas, et d'enregistrer Relaxez voo en duo avec Dean Martin. Mais sa "vraie maison", c'est le Casino de Paris, qu'elle retrouve épisodiquement entre 1958 et 1979. Lorsqu'elle n'y est pas, elle cède la place à Mick Micheyl...

Petit écran

En 1960, elle est la marraine d’un « petit jeune » inconnu, Johnny Hallyday , qu’elle présente sur l’unique chaîne de télévision. Elle présente à la télévision l'émission Line directe dans les années 70 et, dans les années 80, elle produit le show télévisé Telle est Line .

"Rue Washington"… Pourquoi un tel titre ?

Il s’agit tout simplement du nom de la rue, à Paris, où se situe le studio (Labomatic) où le disque a été enregistré. Après trente ans d'absence, en effet, elle retourne à la chanson avec l'enregistrement d'un nouvel album réalisé par Dominique Blanc-Francard. Et comme les duos sont très à la mode actuellement, elle en propose un avec l’Idole, son ami Johnny Hallyday, "Un monde Merveilleux" reprise en français de "What a wonderful world » (n°1 mondial en 1968 par Louis Armstrong), et "C'est pas l'heure" avec Mylène Farmer. De nombreux artistes français prestigieux ont participé à la réalisation du CD (Michel Delpech, Adamo, Julien Clerc, Marc Lavoine, Christophe Maé, Grand Corps Malade, Alain Chamfort).

Un nouveau disque, mais surtout l’Olympia

C'est la première fois qu'elle arpentera la prestigieuse salle. Et pour ceux qui auront manqué l'évènement, France 3 en rediffusera près de deux heures le 26 mai à partir de 20h35 (donc sans publicité!)

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