Millie, Dinah Washington, Ava Cherry, artistes black délurées

Plusieurs chanteuses black tentèrent d'obtenir la notoriété en marchant sur les traces de leur aînée Josephine Baker
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Josephine Baker était entrée dans la légende en partie grâce à sa ceinture de bananes. Il fallait, ensuite, trouver autre chose pour se démarquer. Plusieurs chanteuses black tentèrent d'obtenir la notoriété en marchant sur les traces de leur aînée... mais par d'autres moyens.

Zabeth Wilde

En 1954, Elizabeth China Doll Dickerson, qui dansait dans les night clubs américains, invente ce qu’elle appelle le spaceball : elle couvre son corps de ballons que les clients font éclater de la pointe de leurs cigares. A la fin de sa chanson, on voyait enfin Elizabeth entièrement nue. Mais cela ne lui apporta pas la renommée escomptée. De guerre lasse, elle s’exila en Europe et redémarra une carrière sous le nom de Zabeth Wilde et fut, semble-t-il, choriste d’Oscar Brown ; elle a sorti au moins un disque à la pochette très sexy, « Summer Sunday », très rare, très recherché… et donc très coté.

Ava Cherry

Elle fut, très tôt, prise en mains par David Bowie. Angela, la légitime de Bowie, n’est pas tendre à son égard :

- Je n’irais pas jusqu’à qualifier Ava de « pute à coke », c’est-à-dire de quelqu’un qui se collerait aux basques de n’importe qui et ferait n’importe quoi en échange de quelques lignes. Après tout, le métier de maîtresse de David offrait des avantages bien plus importants que la garantie d’une bonne dose quotidienne de poudre blanche.

Bowie l’avait rencontrée en France en 1973 et lui avait promis que, grâce à lui, elle pourrait devenir une star, la nouvelle Josephine Baker. Mais sa carrière n’alla pas du tout dans la direction prévue. Elle mériterait néanmoins de figurer au Livre des records pour le simple fait que « Ava and the Astronettes : People from bad homes », l’album qu’elle enregistra en 1973 sous la houlette de Ziggy Stardust, ne sortit qu’en… 1995 !

Dinah Washington

Les mangeuses d’hommes, à moins qu’on nous les ait cachées, furent peu nombreuses. Dinah Washington eut certes huit maris et de très nombreux amants (dont Quincy Jones), mais c’est un cas à part. Et puis cette débauche de sexe ne semble pas lui avoir apporté la plénitude recherchée ; elle mourut prématurément, à 39 ans, d’une ingestion massive de barbituriques. Dinah nous laisse un hit, "A Rockin' Good Way (To Mess Around and Fall in Love)", en duo avec Brook Benton et publié en 1960 (le titre, dont la toute première version est celle des Spaniels en 1958, sera repris par Bonnie Tyler et Shakin’ Stevens).

Millie

De Jamaïque surgit Millie Small avec son tube imparable, « My boy lollipop » (1964). Une rumeur prétend que Rod Stewart joue de l'harmonica sur ce 45-tours. Ce que dément le principal intéressé... " à moins que j'ai été trop bourré pour pouvoir m'en souvenir ", nuance-t-il. Ce succès international (repris en français par Agnès Loti sous le titre “C’est toi mon idole”) est un ska, précurseur du reggae (pour découvrir de nombreux clips rares et anciens, cliquer ici ). La différence entre le reggae et le ska, c'est simplement leur rythme. Le ska s'est transformé en reggae très exactement durant l'été 1966, car la Jamaïque a connu cette année-là une vague de chaleur sans précédente : les danseurs n'arrivant pas à danser, en conséquence, les musiciens des bals populaires et des dancings ont ralenti le rythme du ska, qui devint alors le reggae.

Millie ne parvint pas à retrouver le chemin des hit-parades, malgré un album en duo avec Jackie Edwards (Jamaïcain auteur des tubes « Keep on running » et « Somebody help me » de Spencer Davis Group) et un intéressant et culotté album en 1970 sur la pochette duquel elle posait nue, chevauchant une banane géante. Cet album, « Time will tell », créa une polémique pour ses prises de positions dans « White Boys », « Melting pot » et surtout « Enoch Powell » du nom d’un homme politique d’extrême droite très controversé après un discours de 1968, ayant déclaré que les problèmes d’immigration en Grande-Bretagne conduiraient à un bain de sang (pour en savoir plus, cliquer ici ).

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