On parle des Beckham... mais qui se souvient des Spice Girls ?

Tapez "Beckham": plus de 55 millions de réponses. Tapez "Spice Girls": moins de 9 millions de réponses. C'est rageant, non?

Et si, finalement, il était plus gratifiant, au moins au niveau de la notoriété, de se marier et de ne rien faire... que de chanter en revendiquant le Girl Power ? C'est peut-être la question que se pose Victoria Beckham, ex-Spice Girl, encore plus connue depuis qu'elle a épousé un célèbre footballeur qu'au temps où elle dominait les hit-parades avec ses copines Mel. C, Mel B, Ginger et Emma. Retour sur une carrière hors-normes... aujourd'hui dans l'ombre d'un mariage people.

Les vrais débuts : "Touch"

Tout a commencé en février 1994 au terme d’un casting d’enfer organisé par le producteur anglais Chris Herbert. Via les petites annonces des journaux spécialisés, Herbert annonçait la constitution d’un groupe de pop rock, “Touch”, strictement féminin. On recrutait cinq filles… 400 prétendantes pointèrent le bout de leurs… le bout de leur nez. L’idée pouvait sembler originale, elle ne l’était pas : au milieu des années soixante (trente ans plus tôt, donc) c’est ainsi qu’avaient été montés les Monkees, groupe américain destiné à rivaliser avec les Beatles. En ce qui concerne les Spice Girls, c’était plus simple puisqu’il n’y avait pas à proprement parler de formation rivale. Il suffisait de trouver une poignée de jeunes filles aimant la musique rythmée, et d’opérer une sévère sélection.

Et les gagnantes sont...

Les sélectionnées se nomment Geri Haliwell, une ancienne strip-teaseuse surnommée “Ginger” (gingembre), Melanie Chisholm, dite “Mel. C”, la deuxième “Melanie” du groupe, Melanie Brown, dite “Mel B.”, Emma Bunton, une tricheuse qui avait fait croire qu’elle n’avait que 19 ans au moment du casting, et Victoria Adams, aujourd’hui madame Beckham. L’idée de génie du concepteur du projet est d’avoir assemblé cinq filles toutes différentes, à l’opposé des Beatles qui étaient tous quatre habillés et coiffés de semblable manière. Finalement les Spice Girls étaient plus proches des Rolling Stones, en moins agressives. De cette manière, chaque fan du groupe peut tenter de s’apparenter à l’une des Spice Girls, de la sportive un peu garçonne (Mel C.), aux quatre féministes : la pin-up (Geri), la dévoreuse de mâles au piercing sur la langue (Mel B.), la lolita (Emma) et la snob qui ne sourit jamais (Victoria).

Au boulot!

Une fois choisies, les filles durent apprendre le difficile métier de (future) star. Au bout d’un an et demi de répétitions, il est décidé qu’elles s’appelleront, non plus “Touch” mais “Spice Girls”, en hommage au rappeur américain Spice 1. Le jour de la signature de leur contrat avec la puissante firme discographique Virgin, symboliquement, les filles jettent dans la Tamise cinq poupées gonflables et décrètent l’avènement du "Girl Power”, le pouvoir aux femmes.

Les Filles Epicées sortent leur premier disque

Il s’intitule « Wanna Be » et, avec le battage médiatique qu’il y a eu avant sa parution, il s’installe en 1996 au sommet des hit-parades de 27 pays dont les U.S.A. Le producteur anglais jubile !

« Wanna Be »… mais quelle revendication ?

Le “girl power » ( CLIQUER ICI ) est un slogan emprunté au mouvement américain des Riot Grrrls symbolisant, non plus la femme libérée, puisqu’elle l’est plus ou moins depuis la révolution sexuelle et culturelle de 1968, mais la femme leader. Et d’ailleurs les Spice Girls se retrouvent à la tête d’une véritable entreprise, leurs visages figurant sur des poupées, sur des sucettes, sur des bouteilles de Pepsi, sur des appareils photo, sur des jeux PlayStation, sur des déodorants, des chips et des gâteaux secs.

La naissance d’un… Spiceworld

pour Noël 1997 sortit « Spiceworld, The Movie », film dont elles étaient les héroïnes. Mais tout le monde n’est pas tombé sous le charme. A preuve ces lignes assassines : “En un an, cinq Anglaises communes, vulgaires et âpres au gain ont soumis la planète, grâce à leur incroyable popularité, à leurs 36 hystériques volontés” (Télérama n°2496 de novembre 1997).

La réussite dépasse l’entendement

Nelson Mandela les accueille à leur arrivée en Afrique du Sud... le Prince Charles les autorise à lui pincer les fesses... et John Major s’enorgueillit de pouvoir citer leurs prénoms!

Le début de la fin

Une réussite trop rapide et trop implacable est rarement durable. Les ennuis commencent à pleuvoir, la discorde à s’installer: elles décident de s’exiler sur la Côte d’Azur pour échapper au fisc qui leur réclame 32 millions de livres sterling tandis que le Daily Mirror annonce “Geri s’en va” (ce qui a pour conséquence de plonger des millions de fans dans la consternation, d’autant qu’elle était plus ou moins considérée comme leader du groupe). Un désaccord se fait jour quant au choix de leur manager: vont-elle en changer ou garder le même ?

Cocasse !

La future madame Beckham se fit serrer par les douaniers britanniques en revenant des Etats-Unis: elle avait “omis” de déclarer la bague de fiançailles d’une valeur de 100 000 dollars qu’elle avait achetée pour son boyfriend le footballeur !

Un bilan quand même positif

Victoria, aujourd’hui, s’oppose fermement à la reformation du groupe… mais la Spice Girlsmania a tout de même fait vendre 80 millions de disques. C’était pas rien !

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