Rolling stones: 50 ans, 50 tubes et un inédit, "Doom And Gloom"

C'est aujourd'hui qu'est dévoilé un nouveau titre récemment enregistré à Paris, préambule à une compilation intitulée "Grrrr"
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Avec "One Last shot" et "Doom And Gloom", deux inédits (donc deux nouveautés), les Rolling stones comptent inciter leurs fans à racheter 48 autres chansons qu'ils possèdent, pour certains, depuis 1963. Car, de "Come On", leur premier vinyl, à leur retour sur scène dans quelques mois, les Stones ont souvent envahi les hit-parades. A preuve, quelques "ritournelles" (pardonnez le terme) qui ont marqué à jamais le vingtième siècle. Retour sur une carrière qui menaça jusqu'à celle de leur grand frère les Beatles... Et en bonus, pour ceux qui traquent les éditions originales, les références des disques vinyl des années 60.

1963 : I Wanna Be Your Man ( EP Decca 457 026)

Cette composition de John Lennon et Paul McCartney qui figure au menu du second album des Beatles, "With The Beatles", procura leur premier succès aux Rolling Stones (12e au hit-parade anglais). Plus tard, John Lennon déclarera qu’il ne s’agissait pas d’une de leurs meilleures compositions, sinon ils ne la leur auraient pas confiée. Mais on retrouve bien là l’humour grinçant de John ! En vérité, Beatles et Stones étaient très amis, contrairement à ce que les médias suggéraient, voyant en eux d’implacables adversaires. Ils se sont même retrouvés parfois en studio, sur disque où à la télé et projetèrent, du moins McCartney et Jagger, d’associer les deux groupes pour fonder un label de disques. La seule ombre au tableau se profile bien après la séparation des Beatles : dans le magazine Rolling Stone , John Lennon déclara que les Stones avaient toujours copié la moindre de leurs évolutions en matière de look, de musique, de mode: “Quand les Beatles éternuaient, les Stones s’enrhumaient!” . Déclaration à nuancer car Lennon traversait alors une sombre période, et ses propos étaient souvent amers, voire outranciers.

1964 : Carol (EP Decca 457 036)

Quasiment simultanément, Johnny Hallyday et les Rolling Stones enregistraient en studio ce summum du rock’n’roll signé Chuck Berry. Et tandis que les Stones l’inscrivaient au menu de leur album live de 1969, “Get Your Ya-Ya’s Out”, Johnny, lui, faisait plus fort encore, nous permettant de retrouver cette sacrée Carole sur ses albums enregistrés en concert en 1979, 1981, 1982, 1993 et 1998 (pour en savoir plus sur les tournées et albums live de Johnny, cliquer ICI ).

1964 : Not Fade Away (EP Decca 457 031)

Les Stones ne sont pas encore assez murs pour composer eux-même le titre leader de leur troisième single. En titre choc pour la face A, ils choisissent de reprendre ce titre du défunt Buddy Holly. De leur part, on pouvait s’attendre à ce qu’ils lui infligent un traitement différent de la version originale, qui remontait à la fin des années cinquante. Pas de doute : dans son exécution, leur « Not Fade Away » était bien éloigné de celle du rocker à lunettes. Autant celle de Buddy était douce et implorante, autant celle des Stones est violente et autoritaire. Ce n’est plus « Not Fade Away » mais « NOT FADE AWAY » : deux fois plus rapide que la VO et agrémentée de l’harmonica de Jones, c’était tout à fait dans l’air du temps. Le groupe avait pu enregistrer en toute liberté, sans personne pour interférer sur leur remise en forme de ce standard du rock’n’roll. Ce nouveau disque des Stones, avec ses paroles suggestives ( You're gonna give your love to me / I'm gonna love you night and day ), tombaient à point nommé pour déplaire aux adultes (la version française par Dick Rivers, “Bientôt à moi », n’est pas mauvaise non plus).

1965 : Satisfaction (EP Decca 457 086)

Le grand tournant dans la carrière des Rolling Stones: grâce à "Satisfaction" ils deviennent un groupe d'envergure mondiale, à la renommée sulfureuse de vilains garçons, d'obsédés sexuels. Ce qui ne manque pas de piquant lorsqu'on sait qu'à l'origine, Mick Jagger, avec ses paroles, voulait faire une gentille chanson sur les difficiles relations entre jeunes. L'équivalent de celle de Françoise Hardy, "Tous Les Garçons Et Les Filles" ! Hélas Mick n'avait pas, en cet instant, la moindre musique à sa disposition (histoire complète de "Satisfaction" en cliquant ICI ).

Jagger et Richards sont fiers d'avoir composé l'hymne des jeunes des années 60, enregistré par les plus grands noms de la pop music : Otis Redding, Aretha Franklin, les Troggs, les Shadows, Jerry Lee Lewis, Jimi Hendrix, Devo, Chris Farlowe... les moins connus Tritons, oubliés aujourd'hui... Et en France par Eddy Mitchell sous le titre " Rien Qu'Un Seul Mot ". Il fallait avoir son culot pour oser reprendre un titre aussi connu, aussi galvaudé et préalablement aussi réussi. Eddy a su contourner le piège en évitant de commercialiser sa version trop rapidement : il aurait risqué, en effet, de ne pas supporter la comparaison. Fort judicieusement, la version d’Eddy (avec Jimmy Page à la guitare) sort quatre mois après celle des Stones (à suivre en cliquant ICI )

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