"SLC Salut les Copains" ce soir sur FR3

L'émission et le magazine lancés par Daniel Filipacchi sont aujourd'hui mythiques. FR3 revient sur une "tranche de vie" qui a marqué les sixties
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Né en 1928, Daniel Filipacchi est le fils d’un éditeur réputé. Rêve-t-il de devenir plus célèbre encore que son père ? Pas sûr, car la guerre stoppe nette sa scolarité. Il ne reprendra pas ses études, préférant devenir ouvrier typographe. Engagé, d’ailleurs, car il travaille sur des œuvres interdites par le gouvernement de Vichy, notamment des poèmes de Paul Eluard. A la Libération, il se tourne vers le journalisme, devenant notamment photographe pour « Paris-Match ».

La passion du jazz

Passionné par ce rythme venu d'outre-Atlantique, il effectue des voyages aux Etats-Unis et, même si ce n’est qu’un passe-temps, acquiert bientôt une solide réputation de bon connaisseur de jazz. C’est donc en toute logique que la toute jeune station de radio Europe N°1 lui demande d’animer une émission spéciale le soir de la mort de Charlie Parker (1955). Ne se sentant pas encore assez mûr pour présenter l’émission seul, il fait appel à son ami Frank Ténot.

Un coup d’essai, un coup de maître

Le ton à la fois détendu et très professionnel des deux compères conduit Europe N°1 à leur confier une émission quotidienne, « Pour ceux qui aiment le jazz ». Dans la foulée, Daniel rachète la revue « Jazz Magazine », première pièce de son futur empire de presse.

« Salut les copains » sur Europe n°1 (1959-1969)

Contrairement à la plupart des fous de jazz, Daniel apprécie presque autant le rock’n’roll. En 1959, il reprend « Salut les copains » , émission jusqu’alors animée par une jeune Américaine. Sous son impulsion, la durée de « SLC / Salut les copains » passera d'une demi-heure à deux heures.

Juillet 1962. Parution du premier numéro du magazine « Salut les Copains »

Son co-directeur, Daniel Filipacchi, annonce au micro d'Europe n°1 qu'il envisage de publier tous les ans une sorte d'almanach destiné aux auditeurs les plus fidèles. Or les premiers exemplaires du premier numéro sont vendus en quelques jours et il convient de procéder rapidement à un retirage. " Nous avions prévu de tirer de 100 à 150 000 exemplaires et c'est pour ça qu'on a tablé sur un prix assez cher, à 1,50 NF. C'est comme ça que nous sommes devenus riches. Si on avait pu prévoir le succès très rapide de SLC, on l'aurait mis à 50 centimes ", raconte Frank Ténot ( Jukebox magazine n°78).

Le succès dépasse toutes les prévisions

Rien de très étonnant, finalement : Johnny Hallyday était en couverture ! "S.L.C." devient mensuel et son tirage grimpe à un million d'exemplaires. Europe n°1 ne profite pas financièrement de son succès : ayant omis de déposer son titre lors du démarrage de l'émission en 1959, ce sont les producteurs (Filipacchi et Ténot) qui s'en sont chargés. Mais Europe n°1 est une grande famille, et les problèmes sont souvent réglés au mieux des intérêts de tous les protagonistes. Ténot, grand prince, offre à la radio une confortable somme en dédommagement et, en 1964, en échange de messages publicitaires à l'antenne en faveur du mensuel, Filipacchi, qui continue de construire son empire de presse, propose à son directeur de prendre des parts dans le magazine de charme qu'il va bientôt lancer ("Lui").

Retour à ses premières amours

En 1976, Daniel rachète le magazine dans lequel il avait fait ses débuts, « Paris-Match », alors en difficulté financière. En 1981 il acquiert le groupe Hachette-Magazines : « Télé 7 Jours » marche très fort, et « Elle » également. Le magazine féminin est lancé en édition américaine. Un succès tel qu’il sort ensuite dans 25 pays !

A l’orée du troisième millénaire, il consacre le plus clair de son temps à sa collection d’art.

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